Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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22/07/2013
Dixième Rapport, Déjà !

« Glärb, tu reprendras bien un peu de gladorphes fumées ? » Et comment ! Son plat préféré ! « Qu’y a-t-il, Glärb ? Tu sembles étrange… » Étrange ? Comment ça ? « Glärb ! Qu’est-ce que tu fais ? Ne m’abandonne pas ! ». La vision de sa douce Blopa s’éloigne petit à petit jusqu’à ce que cette dernière, aussi ravissante qu’au premier jour, ne devienne qu’un petit point nanoscopique. Lorsque l’extraterrestre ouvre enfin les yeux, il est froidement accueilli par le plafond gris de l’Indiscret (les plafonds Mwandishi n’étant pas plus chaleureux que les nôtres). D’un bond, il se tourne vers l’horloge qui lui indique son retard d’une demi-heure dans la rédaction de son rapport. Ce n’est donc pas sans un petit cri paniqué et une forte poussée d’adrénaline que l’alien se met au travail.

Vahrüt n°10. 15 Juillet 2013 au 21 Juillet 2013. Calendrier Terrien.

Je préfère vous prévenir de suite : ce rapport sera en grande partie centré sur la France. L’hexagone s’est enflammé en fin de semaine pour les événements survenus dans la ville de Trappes, dans les Yvelines. Vendredi, 19, une femme y a été contrôlée par la police car elle portait un voile intégral, interdit par la loi. Dans des circonstances qui varient d’un témoignage à l’autre, son mari de 21 ans a alors agressé les policiers, qui l’ont placé en garde à vue. L’affaire se serait arrêtée là si 250 jeunes de la ville ne s’étaient pas massés devant le commissariat pour exiger la libération de l’un des leurs, faisant de 20h30 à 21h45 le siège du bâtiment. La même chose s’est produite le lendemain au soir, où les violences ont fait des dégâts considérables. Plus que d’un contrôle qui a mal tourné, il semble s’agir d’un conflit entre deux formes de la société : une « blanche » laïque nourrie par la crainte d’une insécurité incarnée par les jeunes des banlieues, et une « arabe » musulmane, marginalisée et parquée dans des cités où le crime est monnaie courante. L’opposition est davantage fondée sur la rivalité entre classes sociales qu’entre islam et laïcité. Ces affrontements font en tout cas le pain béni de l’opposition qui dénonce le laxisme du gouvernement, préparant ainsi son retour sur le thème de l’insécurité, un sujet qui lui est cher.

Faisons tout de même un tour de l’autre côté de l’océan Atlantique où il s’est passé quelque chose de pour le moins surprenant qui ne risquerait pas d’arriver dans notre monde natal : la faillite de Détroit, une ville du Michigan qui a cumulé au fil des ans une dette de 18,5 milliards de dollars. C’est le gouverneur de cet État du Nord, Rick Snyder (républicain), qui a déclaré la ville, berceau de l’industrie automobile terrienne, en faillite. Seulement, il semblerait que cette décision ne soit pas légale selon la juge Rosemarie Aquilina qui estime que le dépôt de bilan baisserait la somme des aides sociales des habitants (pauvres pour la plupart, les plus nantis étant partis), ce qui est interdit par le principe de protection des prestations sociales voté dans la Constitution de l’État en 2012. Il me semble aberrant que pas une seule fois, l’État ou le gouvernement fédéral ne se soit préoccupé de la bonne santé économique de cette ville au riche patrimoine. C’est à croire que la conception terrienne d’un État fédéral se rapproche plus d’un système de Cités-État telles que nous en avons eu il y a de cela des millénaires.

Mais revenons en France, où l’arrestation de Kristian « Varg » Vikernes en vertu de la lutte antiterroriste a fait couler beaucoup d’encre, depuis mardi. Ce norvégien, l’un des fondateurs du black metal aux idées d’extrême-droite a été incarcéré 19 ans pour le meurtre de son ami et rival Oeystein Aarsetn. Á sa sortie, en 2009, il s’est installé en France avec sa compagne française, et s’est politiquement engagé en appelant à voter pour Marine Le Pen aux dernières élections présidentielles. Parce qu’il figurait dans la liste des destinataires du fameux manifeste d’Anders Breivik, auteur du massacre d’Oslo, et parce que sa femme avait acheté plusieurs fusils, il était déjà sous surveillance policière. Après avoir lu ses déclarations en réaction à l’accident de Bretigny, où l’homme croyait dur comme fer à un attentat en appelant à la « résistance », le DCRI (service de renseignement français) a voulu anticiper un éventuel massacre en mettant le couple en garde à vue mardi 16, avant de finalement les relâcher, faute de preuve. Si le principal concerné loue le comportement « exemplaire » des policiers, cette erreur n’en ternit pas moins l’image des autorités accusées de concentrer leurs efforts sur l’extrême-droite par peur du Front National. L’ironie du sort, c’est que si la menace avait été réelle et qu’elle s’était concrétisée, ce sont les mêmes qui auraient fustigé l’incompétence des services de renseignement.

Puisque l’on est dans la prévention, un autre événement notable a eu lieu en début de semaine, et plus précisément lundi : l’intrusion de 29 militants de l’ONG écologiste Greenpeace dans la centrale nucléaire de Tricastin, dans la Drôme. La démarche n’est pas nouvelle et avait déjà fait des remous à Nogent-sur-Seine et à Cruas, en décembre 2011 : elle a une fois encore le même objectif : montrer que les centrales ne sont pas suffisamment sécurisées et que d’autres groupes, bien moins intentionnés qu’eux, auraient pu aisément s’y introduire pour provoquer une catastrophe. Après l’arrestation des intrus, qui n’ont mis que vingt minutes à atteindre le haut des structures, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a déclaré que ces derniers n’avaient pas atteint de points sensibles. De ce fait, le président François Hollande affirme sa confiance dans la sécurité des réacteurs et prévoit même de durcir les sanctions contre les actes de ce type ; tandis que le parti Europe-Écologie-Les-Verts, pourtant son allié politique, salue ce que ses dirigeants qualifient « d’action citoyenne ». Récapitulons : une trentaine de personnes pénètrent avec une facilité déconcertante dans un site hautement dangereux et le Chef de l’État estime toujours que ces centrales sont inviolables et que ce type de mise en garde est criminelle. Certains diront que ces actes sont répréhensibles dans la mesure où ils risquent de donner des idées aux terroristes, mais je doute qu’ils aient attendu Greenpeace pour y penser. La solution pourrait être d’institutionnaliser ces intrusions en créant un groupe légal chargé de faire des contrôles surprises pour assurer une relative sécurité, comme nous l’avons fait sur Krantavis avec le BCÜP du temps des centrales plasma. Je ne sais s’il s’agit de bon sens ou de pragmatisme, mais de mon point de vue, il me semble parfois que la politique n’est pas le point fort des humains.

Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil au champ politique pour apercevoir des spécimens dont on se demande s’ils sont vraiment à leur place. Prenons Christine Boutin, par exemple. La présidente du Parti Chrétien Démocrate a fait parler d’elle lundi 15 en appelant au boycott du nouveau timbre Marianne. Ce dernier représente le personnage fictif incarnant les valeurs de la France, remis au goût du jour par David Kawena et Olivier Ciappa. Celui-ci, interrogé sur Twitter au sujet de ses inspirations, a expliqué s’être inspiré entre autres d’Inna Shevchenko, la fondatrice des Femen, groupe féministe à la stratégie controversée. Il se serait également inspiré du « geste très grâcieux de la main » qu’ont fait Roselyne Bachelot et Christiane Taubira, deux femmes qui bien qu’opposées politiquement, se sont toutes les deux impliquées en faveur du Mariage pour Tous. Que l’on apprécie ou non l’Ukrainienne vivant aujourd’hui en France, l’appel semble ridicule. Il ne fait aucun doute que le timbre serait passé inaperçu sans les déclarations du dessinateur tant la ressemblance est peu frappante, et l'auteur du timbre aurait ainsi évité d’être inondé de messages de haine. Quant à la principale concernée, amusée, elle déclare sur Twitter « Désormais, tous les homophobes, les extrémistes et les fascistes devront lécher mon cul quand ils voudront poster une lettre. ». Il en faut bien peu pour enflammer les esprits français.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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