Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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02/09/2013
Sur le Pied de Guerre

C’est une bonne chose que les Mwandishi ne transpirent pas, car si tel était le cas, Glärb se serait déjà noyé sous ces moites excrétions. Attelé à la laborieuse rédaction d’un message d’excuse sur lequel il sue à grosses gouttes métaphoriques depuis maintenant plusieurs heures, il jure et rejure contre le cerveau farceur qui lui a donné l’idée de ces vacances malvenues. Non pas que le séjour qu’il a passé en bord de mer Terrienne lui ait été désagréable, mais la vue des cinq messages de ses supérieurs, plus furieux à chaque avertissement, avaient de quoi lui faire regretter son initiative peu avisée. Après avoir achevé une longue introduction expliquant qu’il ne recommencerait plus et qu’il serait désormais tout à fait sérieux, Glärb s’attèle à la rédaction du rapport à proprement parler.

Vahrüt n°15. 26 Aout 2013 au 1er Septembre 2013. Calendrier Terrien.

Par chance, l’actualité ne s’est pas faite foisonnante pendant mon absence – que je regrette malgré tout, soyez-en sûrs. En revanche, j’ai pu constater cette semaine un regain des tensions au niveau du conflit syrien. En effet, il semblerait que samedi dernier, le 21 aout, ait eu lieu une nouvelle attaque chimique dans la banlieue de Damas avec pour bilan au moins 1429 morts dont 426 enfants. La zone a ensuite été balayée par des bombardements d’artillerie d’origine gouvernementale, soucieuse d’effacer ses traces, ce qui laisse penser que le régime syrien en est responsable. Cette fois-ci, la réaction internationale ne s’est pas faite attendre puisque les États-Unis ont promis de punir le dictateur Bachar El-Assad pour cet affront aux droits de l’homme. L’ONU étant toujours aussi divisée, notamment en raison du soutien russe au pouvoir syrien, cette action militaire, si elle se fait, sera placée sous l’égide des États-Unis et de ses alliés, au premier rang desquels la France, qui a apporté son soutien malgré une opinion publique majoritairement défavorable à une intervention. Barrack Obama a décidé de faire voter le Parlement américain avant de lancer l’intervention, et l’opposition française souhaite qu’Hollande en fasse de même.

Outre-Manche, le « Prime Minister » britannique David Cameron a également fait voter le Parlement le 26 avec pour résultat le refus d’assister les États-Unis. Une décision que leur reprochent leurs alliés habituels, à qui ils avaient affiché un soutien indéfectible au cours de la Guerre en Irak, en 2003. Le Secrétaire d’État américain John Kerry a été jusqu’à leur infliger un camouflet en omettant de les mentionner dans la liste d’alliés potentiels qu’ils dressaient ; tandis que la France était décrite comme « le plus vieil allié des États-Unis », faisant référence à la Guerre d’Indépendance de 1775 à 1783 lorsque Louis XVI, à travers le général La Fayette, est venu leur porter assistance contre la couronne britannique. Si ce qualificatif est historiquement exact, il n’en est pas moins vexant pour les sujets de Sa Majesté – bien que Barrack Obama ait par la suite tenté de réparer les pots cassés en assurant son homologue que leur « relation spéciale » perdurait toujours. La France, quant à elle, est loin de sa situation d’il y a dix ans lorsque, suite au refus de Jacques Chirac de s’engager en Irak, s’est retrouvée la cible d’une quasi-propagande visant à la décrire comme une nation de froussards se rendant au moindre accroc. Les États-Unis, selon certains, ont changé de caniche servile, et la politique étrangère de François Hollande à cet égard ne diffère pas beaucoup de celle qu’adoptait Nicolas Sarkozy.

Ce dossier conséquent a rassemblé deux paragraphes de ce rapport à lui seul, mais il est temps de passer à d’autres sujets moins tendus. Cette semaine, et en particulier le 28 aout, les Terriens ont célébré un anniversaire, non pas d’une personne, mais d’un événement, ou plutôt un discours. Le 28 aout 1963 a eu lieu le célébrissime discours de Martin Luther King, pasteur noir qui a lutté pour la reconnaissance des droits des Afro-américains. Cette commémoration s’inscrit dans un contexte où ce souvenir est plein de sens, car il y a seulement un mois et demi, le 14 juillet, George Zimmerman a été acquitté pour le meurtre du jeune « black » Trayvon Martin qu’il avait pris pour un voyou en 2012. Voilà précisément le genre d’événement qui était absent du rêve que faisait le pasteur. Pour information, chez les humains la couleur de peau ne sert pas à distinguer les différents sexes, mais les ethnies. Chacune est originaire d’une région géographique qui au fil des âges a influé sur leur apparence physique. Dans de nombreux endroits, cette caractéristique est un facteur de discrimination raciale, et c'est justement ce contre quoi luttait Luther King.

Restons aux États-Unis. Je ne crois pas vous avoir parlé de Bradley Manning, ce soldat mécontent des agissements militaires de son pays qui a divulgué des informations confidentielles à Julian Assange, fondateur de Wikileaks. Considéré comme un traître au même titre que le désormais célèbre Edward Snowden, le soldat a été inculpé le 21 aout pour sa trahison et condamné à trente-cinq ans de prison (bien qu’il ait échappé à l’inculpation pour « collusion avec l’ennemi »). Pourquoi est-ce que je vous en parle si tout cela s’est déjà passé, vous demandez-vous sans doute ? Eh bien parce que « lanceur d’alerte » s’est lancé dans un nouveau combat : changer de sexe. Oui, les humains peuvent faire ça. Ce doit être drôlement pratique, même si le processus n’a pas l’air des plus faciles : il s’agirait semble-t-il de changer l’équilibre hormonal entre œstrogène et progestérone. En revanche, si vous avez bien suivi, vous devriez avoir compris qu’il n’avait pas besoin de changer sa couleur de peau (un célèbre chanteur l’a fait, mais pour des raisons tout à fait différentes). La décision ne date pas d’hier et « Chelsea » Manning souhaite d’ores et déjà qu’on se réfère à elle au féminin. La question qui se pose, à présent, est de savoir si celle-ci ira dans une prison pour femmes ou une prison pour hommes.

Enfin, il y a des sujets qui reviennent tous les ans à la même période : les journalistes les nomment « marronniers ». En ce début de septembre, on en trouve deux, dont le second fera l’objet d’un paragraphe dans le vahrüt prochain. Quant au premier, il s’agit de la braderie de Lille, la plus grande du monde. L’espace d’un week-end, la majeure partie de la ville se retrouve ainsi couverte d’étals amateurs proposant des objets de toutes sortes, de tous prix, attirant aussi bien le chaland lambda que l’antiquaire à l’œil expert. N’importe qui peut vendre ses biens en y fixant le prix qu’il veut, et il y a fort à parier que l’on puisse y trouver à peu près n’importe quoi en cherchant bien. Toutefois, la ville est si pleine qu’il en devient difficile d’y circuler en voiture – sauf si l’on force le passage à travers la foule. C’est cette solution alternative qu’a choisi une automobiliste ivre samedi 31, mais manque de chance pour elle : c’est illégal. Le bilan est de 23 blessés légers et une grosse frayeur pour beaucoup de monde.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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