Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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07/10/2013
L'Interrupteur ON-OFF des États-Unis

Un célèbre proverbe de Krantavis dit : « Si tu n’as rien à faire, c’est que tu as trop à faire ». Á force de repousser sans cesse à une heure ultérieure les travaux les plus élémentaires, Terriens et Mwandishi en viennent à oublier qu’ils ont un effort à produire et se retrouvent à buller passivement en regardant le plafond. Est-il besoin de préciser que dans le cas de Glärb, c’est le rapport de ce vahrüt qui se trouve la victime de sa procrastination acharnée ? Sitôt que l’observateur a lâché son jeu vidéo Terrien pour tenter de faire le clair dans ses idées – et admettons-le, pour ne pas le terminer trop rapidement – le voilà de retour à ses vieux démons, nommés Ennui et Fainéantise. Mais chaque chose a une fin, et il lui suffit de se souvenir qu’il risque de perdre son emploi faute de motivation pour aussitôt se lever de son lit et se mettre à la tâche.

Vahrüt n°20. 30 Septembre 2013 au 6 Octobre 2013. Calendrier Terrien.

Autant vous prévenir tout de suite : bien qu’ayant l’habitude de me centrer sur les actualités française, il ne sera pas question cette fois-ci de l’Hexagone. Á la place, ce sont deux autres pays qui m’intéresseront. Le premier sont les États-Unis qui se trouvent en bien fâcheuse posture depuis mardi. En effet, au Parlement, la branche la plus à droite du Parti Républicain s’est farouchement opposée au vote du budget 2014, ce qui a eu pour conséquence… de bloquer intégralement le pays, ou du moins les fonctions publiques. Le phénomène se produit lorsque aucun accord n’est trouvé avant le 30 septembre, date de fin de l’année fiscale. Les ministères sont ainsi réduits au strict minimum, 400 000 fonctionnaires ont été réduits au chômage technique, les sites Internet sont hors-service, les hauts lieux du tourisme sont interdits d’accès. Même à l’étranger, les cimetières où gisent les soldats morts sous la bannière étoilée sont fermés au public. Tout est gelé jusqu’à ce que le Tea Party s’accorde sur le budget de l’année prochaine. Le président Barrack Obama a plusieurs fois montré son exaspération en appelant l’opposition à mettre fin à « cette farce », dénonçant une « croisade idéologique ». Ses adversaires politiques voulaient s’opposer à l’ « Obamacare », système de sécurité sociale au service des plus pauvres qui n’est pas des plus appréciés. L’ironie de l’histoire est que cette couverture n’est pas concernée par le shutdown et en profite même. Il est à noter que ce n’est pas la première fois que ce phénomène a lieu. Déjà en 1995, un « shutdown » s’était produit de la même manière sous le mandat de Bill Clinton. Pour remplacer les employés, on avait fait appel à un grand nombre de stagiaires, parmi lesquels une certaine Monica Lewinsky, devenue célèbre pour une cocasse affaire de cigare dans l’intimité du Bureau Ovale.

Mais alors que le « shutdown » paralyse une grande partie du pays, le département de la Défense ne semble pas en être si affecté, comme en témoigne ces deux opérations qui ont eu lieu en Afrique le 5. Á Tripoli, en Lybie, la Force Delta de l’armée à arrêté Anas Al-Liby, l’un des leaders d’Al-Qaida et responsable d’attentats meurtriers en 1998. En Somalie, plus précisément à Barawe, les Al-Chabab – responsables de l’attaque du centre commercial de Nairobi, bien que le raid américain ait été préparé bien avant – ont été pris pour cible par les Navy Seals. Dimanche, le secrétaire d’État John Kerry expliquait que « shutdown » ou pas, « Les États-Unis ne cesseront jamais leurs efforts pour que les responsables d’actes terroristes rendent des comptes ». Je suis sûr que les nombreux Américains qui subissent directement ou indirectement le blocage seront ravis de savoir que la machine de guerre américaine fonctionne toujours.

Nous reviendrons aux États-Unis dans quelques instants, mais pour le moment j’aimerais me pencher sur l’Italie qui occupe ici deux paragraphes à elle seule. En effet, une embarcation précaire d’immigrés s’est échouée le 3 octobre au large des côtes de l’île de Lampedusa, en Sicile. Sur presque 500 passagers, parmi lesquels des enfants, on ne dénombre que 151 rescapés. Beaucoup de corps n’ont toujours pas été retrouvés. Le naufrage a ému l’opinion publique en Italie et dans le monde, et des obsèques nationales ont été organisées, sans parler de l’aide apportée aux survivants qui souhaitaient entrer dans l’hérmétique Union Européenne. Ce drame m’aura au moins permis de m’apercevoir d’un phénomène étrange dans la psychologie terrienne. En effet, il semblerait que les fréquents naufrages réfugiés dans la Mer Méditerranée n’émeuvent personne en dessous d’un certain seuil de victimes. Car si l’on semble ne découvrir cette tragédie que maintenant, le phénomène dure depuis des années dans l’indifférence générale. Et il y a fort à parier qu’il sera vite oublié.

Et en parlant d’oubli, il semblerait que la mainmise de Silvio Berlusconi sur l’Italie y soit condamnée. Je vous expliquais dans mon dernier rapport que pour garder son siège de sénateur, il avait poussé cinq des ministres PDL du gouvernement de coalition d’Enrico Letta à la démission, et l’espace de quelques jours, l’avenir politique du pays semblait sombre, mais c’était sans compter sur l’aile la plus modérée (ou la moins suicidaire, sans doute) de son parti Peuple de la Liberté. Celle-ci, à travers Angelino Alfano, bras droit du Cavaliere, s’est émancipée en faisant échouer la manœuvre du magnat des médias. Cet acte désespéré se retourne ainsi contre son auteur qui, après une rapide volte-face pour empêcher la scission de son groupe parlementaire, n’a maintenant plus qu’à maudire ses anciens alliés.

Enfin, et je finirai comme d’habitude sur un fait quelque peu léger (du moins bien plus que le lynchage collectif au Madagascar que je comptais évoquer dans un premier temps). Comme je le prévoyais tantôt, nous allons à présent revenir aux États-Unis où à l’occasion de l’équinoxe d’automne, la brasserie Dogfish Head a mis au point une toute nouvelle bière en partenariat avec ILC Dover, la société qui fabrique les combinaisons d’astronautes de la NASA, l’agence spatiale américaine. A priori, rien ne semble lier ces deux compagnies, et pourtant, leur alliance a abouti à la création de la « Celest-Jewel-Ale », une bière spéciale dont la recette inclut… de la poussière de lune. Un morceau de combinaison est même livré avec ce breuvage qui, vous vous en douterez, est excessivement cher. J’en profite pour vous demander : étant donné que je suis juste derrière du fameux satellite, est-ce que vous souhaitez qu’à mon retour, je rapporte quelques pierres pour la concoction une bonne liqueur Mwandishi ?

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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