Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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27/01/2014
Deux Conférences pour le Prix d Une

L’intérieur de l’Indiscret ressemble à s’y méprendre à un champ de bataille. Çà et là traînent encore les cadavres de mouchoirs enduits d’un liquide pourpre visqueux. Un reniflement étouffé se fait entendre près d’un monceau de « kleenex » subtilisés sur Terre. Un bras, bientôt en émerge. Puis c’est un Glärb tout entier qui s’en extirpe. L’extraterrestre malade se traîne alors jusqu’à son bureau, comme une vieille limace fatiguée laissant une traînée baveuse sur son sillage. Apparemment, le stock de tissus blanc n’est guère suffisant, car revoilà que son nez est à nouveau bloqué. C’est dans cet état peu propice au travail que l'observateur commence à tapoter sur son clavier.

Vahrüt n°34. 20 Janvier 2014 au 26 Janvier 2014. Calendrier Terrien.

Si je n’ai pas parlé de la guerre civile syrienne depuis des mois, cela ne l’empêche nullement de se poursuivre, toujours aussi brutalement. On estime à 130 000 le nombre de victimes depuis les premières manifestations pacifiques, en juillet 2011, sans parler des exactions de chaque camp. Un aussi funeste bilan aurait tôt fait de décourager les plus pacifistes, mais l’Organisation des Nations Unies, à défaut de servir à quelque chose, ne désespère pas de mettre un terme au conflit : ainsi, le sommet Genève II en Suisse a-t-il pour ambition depuis le 22 janvier de pousser les différentes factions, chacune animée par un objectif différent, au dialogue. John Kerry, secrétaire d’État américain et Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russes et, s’y sont affrontés par discours interposés ; et l’homologue français de ce dernier, Laurent Fabius, a également pris part à la discussion. Le ministre syrien Wallid Mouallem a fustigé pendant plusieurs dizaines de minutes la menace terroriste des rebelles (qui, en ce qui concerne le front Al-Nosra ou l’État Islamique en Irak et au Levant, est avérée, bien qu'il ait omis de mentionner le Hezbollah libanais, qui se bat à leurs côtés). Face à lui, Ahmad Jarba, représentant de l’Armée Syrienne Libre, a plus calmement évoqué la transition politique, dont le départ du président Bachar el-Assad est le pré-requis. Samedi, les deux camps ont débattu sans heurts à propos d’une aide humanitaire à Homs, et les observateurs les plus optimistes se sont même risqués à parler d’un éventuel accord proche. Il y a toutefois peu de chances que la conférence aille beaucoup plus loin.

Mais ce n’est pas le seul rassemblement international qui a eu lieu cette semaine dans la Confédération helvétique. En effet, à Davos est organisé depuis 1971 le Forum Économique Mondial, les grands patrons, les dirigeants, les économistes et les intellectuels de toute la planète se réunissent pour, par exemple, vanter leurs mesures économiques en menaçant leurs voisins, défendre leur politique intérieure et, s’ils ont le temps, aborder les problèmes secondaires tels que l’environnement ou la lutte contre les inégalités. Nullement troublés par l’invasion de mort-vivants qui a failli troubler leur réunion, les principaux participants sont repartis chez eux plutôt optimistes.

Et pendant ce temps, à quelques milliers de kilomètres de là, les violences s’accroissent en Ukraine. Le gouvernement de Viktor Ianoukovitch redouble d’ardeur pour combattre l’opposition, même lorsque cela implique des mesures et des actes jugés anti-démocratiques : lois anti-manifestations, humiliation de manifestants, presse bridée, utilisation de cocktails Molotov et de grenades à clous par la police, etc. En outre, les habitants de Kiev repérés par géolocalisation à proximité des manifestations ont été gratifiés d’un message de leur opérateur les informant qu’ils étaient identifiés comme « participants à un trouble massif à l'ordre public ». On compte déjà deux morts depuis le début des manifestations, et si le président russe Vladimir Poutine se défend de s’immiscer dans la politique ukrainienne, force est de constater que le Premier ministre ukrainien s’inspire très fortement des méthodes de son voisin. Face aux menaces, certes tempérées, de sanctions de l’Union Européennes, il a toutefois simulé un effort en proposant aux deux principaux chefs de l’opposition, Arseni Iatseniouk et l’ex-boxeur Vitali Klitschko les postes de Premier ministre et de vice-Premier ministre. Des offres qu’ils ont aussitôt refusé tout en prenant soin de ne pas paraître trop radicaux.

Je vais à présent enchaîner avec trois événements d’une ampleur politique moindre, mais qui semblent représentatifs du statut des humaines dans certaines parties du monde. En effet, si leur place dans la société occidentale est encore insatisfaisante (salaires inégaux, absence dans les postes-clés, embauche plus difficile que chez les hommes et sexisme ancré dans la vie de tous les jours), ce n’est rien en comparaison du cas d’autres pays. En Inde, une femme de 20 ans a été condamnée à un viol collectif par le conseil de son village pour avoir eu une relation amoureuse avec le membre d’une autre communauté. Treize hommes, dont le maire, ont été arrêtés. Au Maroc, jusqu’à la réforme du code pénal votée à l’unanimité mercredi, un violeur pouvait échapper aux sanctions en épousant sa victime. Une autre bonne nouvelle : la République Centrafricaine, dont le président Michel Djotodia avait quitté le pouvoir au début du mois, a porté au pouvoir sa première présidente le 23 janvier. Catherine Samba-Panza, ex-maire de Bangui, a été élue par le Conseil National de Transition pour sa capacité fédératrice (elle avait presque obtenu la majorité des voix au 1er tour).

Enfin, terminons par la France. Comme je l’évoquais rapidement dans mon article précédent, la révélation de la liaison entre le président François Hollande et l’actrice Julie Gayet a beaucoup fait parler d’elle (sous des apparences nonchalantes, les Terriens se soucient beaucoup de savoir – permettez-moi l’expression – qui met son zizi dans qui). La compagne du chef d’État, Valérie Trierweiler, avait même effectué un petit séjour à l’hôpital suite à la nouvelle. En début de semaine, une rumeur s’est propagée sur Internet à propos d’une dispute du couple présidentiel ayant causé la destruction de l’équivalent de trois millions d’euros de mobilier. Relayée par les blogs de droite et alimentée par les réseaux sociaux, elle a même poussé le porte-parole du Mobilier national à démentir les faits. Dispute ou non, le président n’en a pas moins révélé officiellement samedi la séparation du couple. La morale de l’histoire : les histoires de cœur, ça coûte moins cher à raconter et c'est bien plus rentable qu’une crise politique à l’autre bout du continent ou du monde.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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