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03/02/2014
Ainsi Commence l Année du Cheval

La silhouette d’une guérison se distinguerait-elle dans l’horizon brumeux de la maladie ? Aux dernières nouvelles, Glärb est toujours menacé de se noyer dans ses propres fluides suite à son séjour incognito sur une Terre hivernale, mais il semble qu’au fil des vahrüt – ou semaines, pour faire humain – ses anticorps commencent à connaître leur ennemi et se préparent pour une contre-attaque décisive. Si les symptômes de ce maudit rhume n’ont pas tout à fait disparu, l’observateur a au moins l’espoir de les voir bientôt éradiqués. La goutte au nez, ce n’est donc pas sans un sourire qu’il s’attelle à sa rédaction hebdomadaire.

Vahrüt n°35. 27 Janvier 2014 au 2 Février 2014. Calendrier Terrien.

Tandis que le nouvel an lunaire (faussement nommé « Nouvel an Chinois » alors que d’autres peuples le célèbrent) vient d’être fêté sous le signe du cheval, les différentes crises se poursuivent sur Terre. Je vais commencer par évoquer la plus médiatique du moment : l’Euromaïdan, ou Eurorévolution ukrainienne, qui doit son nom aux mouvements d’opposition qui défilent sur la place Maïdan Nézalejnosti, à Kiev. La semaine avait plutôt bien commencé, avec la démission du Premier ministre Mykola Azarov et l’abrogation des lois anti-manifestation mardi 28, mais cela n’a pas calmé les manifestants, pas plus que la loi d’amnistie votée le lendemain pour les contestataires arrêtés en échange de la libération des bâtiments publics occupés. Fatigué par toutes ces concessions, le président Viktor Ianoukovitch a annoncé jeudi un congé maladie à cause d’ « une maladie respiratoire aiguë accompagnée d’une forte fièvre ». Et tandis que l’armée appelait vendredi à des mesures d’urgence, on a vu réapparaître l’opposant Dimitri Boulatov, enlevé il y a une semaine (comme bien d’autres de ses semblables). Ce dernier, le visage ensanglanté et les mains perforées, a accusé ses ravisseurs de l’avoir torturé et même crucifié. Le ministre de l’Intérieur, bien entendu, l’a immédiatement assigné à résidence en l’accusant d’ « organisation de troubles massifs » et, s’il a annoncé une plainte contre X pour enlèvement, il n’en exclut pas moins, dit-il, « la mise en scène de l’enlèvement ». Jusqu’où s’arrêteront donc ces fantasques révolutionnaires et leur goût pour le théâtre ?

Cap vers la Suisse, à présent, où la conférence Genève II a fait chou blanc. Des débats houleux sur la transition politique à peine amorcée par Genève I en juin 2012 jusqu’à l’aide humanitaire censée parvenir à Homs, ville assiégée depuis bientôt trois ans, le résultat est nul. Le seul exploit de ces derniers jours a probablement été celui de ce représentant de l’opposition qui a fait rire toute l’assemblée en assurant qu’Al-Jazira, la chaîne qatarie à l’idéologie proche des islamistes, était une chaîne « fondée par Gandhi et dirigée par Mandela ». Malgré tout, aucun des camps n’admettra que la conférence a été un échec : les uns sont fiers d’avoir tenu bon et n’avoir fait aucune concession, les autres se félicitent d’avoir pu faire part de leurs revendications. Le juge de paix de l’ONU, l’Algérien Lakhdar Brahimi, s’interdit aussi tout défaitisme, misant sur le prochain rassemblement prévu pour le 10 février. Jamais deux sans trois, comment on dit sur Terre.

Intéressons-nous à présent à un pays que je n’ai, je crois, jamais abordé jusqu’à maintenant : l’Australie. Cette immense île d’Océanie a fait un dangereux demi-tour depuis l’élection qui a amené Tony Abott au poste de Premier Ministre. Les catastrophes naturelles s’enchaînent depuis plusieurs années en causant de nombreux morts ? Qu’à cela ne tienne, le conservateur a décidé de déclarer la guerre à la planète. Le successeur de la travailliste Julia Gillard a ainsi annulé la taxe carbone établie par cette dernière, supprimé le Ministère de la Science et l’Autorité du changement climatique, en farouche climato-sceptique qu’il est (comme la majeure partie de la population, qui ne croit guère plus au réchauffement climatique). Ses derniers exploits en date : faire retirer 74 000 hectares de la forêt tasmanienne du patrimoine mondial de l’Unesco pour les exploiter, exterminer les requins de plus de trois mètres s’aventurant à moins d’un kilomètre des côtes (rappelons que ces squales sont responsables de moins de dix morts par an, les moustiques ayant quant à eux deux millions de victimes annuelles à leur actif). Il a également autorisé, dans la Grande Barrière de Corail, le dragage de trois millions de sédiments issus d’un port minier. Tout compte fait, il n’est pas certain que les humains vivent suffisamment vieux pour partir à la conquête des étoiles.

Mais il était temps que j’évoque une fois encore la France. Il y a circulé bon nombre de rumeurs cette semaine, et notamment à l’occasion de la « journée de retrait de l’école ». En effet, de nombreux parents français ont reçu un message lundi 24 leur intimant de boycotter l’école républicaine pour protester contre l’enseignement de l’effroyable « théorie du genre ». Le seul souci, c’est que cette théorie n’existe pas. Les études de genre, en revanche, sont des outils analytiques utilisés au niveau universitaire pour observer la société, et notamment la manière dont se définit l'identité sexuelle masculine ou féminine, y compris d'un point de vue culturel : par exemple, comment l'appartenance à un sexe dicte-t-elle le comportement dans la société. On est donc loin des pauvres enfants que l’on pousse à changer de sexe, à devenir homosexuels, que l’on force à jouer avec des jouets du sexe opposé (des poupées pour les garçons, des petites voitures pour les filles) ou encore à qui l’on s’apprête à enseigner la masturbation. Les rumeurs, qui viennent de l’extrême-droite, ont été abondamment reprises. Le chef de l’UMP Jean-François Coppé en a fait l’écho avant de se taire, et le gouvernement a nié toute dimension idéologique de son « ABCD de l’égalité » qui promeut l’égalité des sexes et la fin des stéréotypes de genre : le président François Hollande a toutefois tenu à préciser qu’il n’adhérait pas à la « théorie du genre », et il n’y eut guère que la ministère du Droit des Femmes Najat Vallaud-Belkacem pour évoquer l’inexistence de cet épouvantail. Cela n’a évidemment pas empêché la tenue, dimanche, d’une nouvelle manifestation de la Manif pour Tous (oui, encore elle), qui a à cœur de dénoncer la « familiphobie » persistante du gouvernement. Il est vrai qu’un président célibataire, ce n’est pas la meilleure vitrine du modèle « un homme, une femme et des charmants bambins ».

En parlant d’homme et de femme, finissons sur un scandale tout à fait mineur dans les faits, mais dont la cause me laisse perplexe. J’ai, il me semble, déjà évoqué Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre israélien issu de la frange conservatrice de la société. Celui-ci est à présent en proie à de virulentes critiques de la part de l’aile encore plus radicale de son parti… à cause de la vie sentimentale de son fils. Yair Nétanyahou a en effet le malheur de fricoter avec la Norvégienne Sandra Leikanger, une non-juive. Une erreur monumentale, à en croire les conservateurs. Ainsi, pour le groupe d’extrême-droite Levaha, « le fils de Bibi a trouvé une goy ! Son père est fier de lui et donne une légitimité à l’assimilation et à la destruction du peuple juif ». Pour le beau-frère du chef du gouvernement, le jeune homme « crache sur la tombe de sa grand-mère et de son grand-père qui l’aimaient tant ». C’est tout à fait curieux, car jusqu’à maintenant, j’ai toujours pensé que la procréation était possible entre humains issus de différentes ethnies, mais à présent, je suis parcouru d’un doute. Petit détail en passant : Fleur Cates, la première épouse du père Nétanyahou, n’était pas plus juive que la jolie nordique avant sa conversion au judaïsme.




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