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17/02/2014
Routine, Routine

Sitôt la petite parenthèse malade terminée, la routine a réaffirmé ses droits sur l’Indiscret. Tous les matins, tous les midis et tous les soirs se ressemblent d’un jour à l’autre, et seules les images défilant sur son écran varient. Et encore. Les attentats à l’autre bout du monde, les polémiques stériles à la française, les rivalités géopolitiques entre voisins, chaque semaine amène son lot d’incontournables. Il semble que l’extra-terrestre s’est accoutumé aux événements de la Terre. Accoutumé,…et intéressé. Peu à peu, Glärb s’attache à ces êtres étranges aussi haïssables qu’adorables. Mais bien sûr, il n’a guère l’intention de faire part de ces sentiments dans le rapport qu’il est en train d’écrire.

Vahrüt n°37. 10 Février 2014 au 16 Février 2014. Calendrier Terrien.

Commençons ce rapport par un petit tour sur ce beau pays en forme de jambe humaine qu’est l’Italie. Il semblerait que celle-ci n’en ait pas fini avec les soubresauts politiques qui la secouent régulièrement depuis quelques années. En effet, Enrico Letta, l’actuel Président du conseil – l’équivalent du Premier ministre chez son voisin transalpin – a annoncé sa démission vendredi 14 février. La raison ? L’ambition dévorante du « jeune » Matteo Renzi, nouveau leader du Parti Démocrate, le même dont est issu le démissionnaire. Fort des deux millions de voix qui l’ont porté le 8 décembre 2013 à la tête de son parti, cet homme pressé tient à prendre la place de celui qui avait été nommé par le Président de la République Giorgio Napolitano au cours de la crise politique d’avril 2013. C’est pour cette raison qu’il l’a poussé à la porte à l’aide d’une motion de défiance qui a été acceptée à 136 voix contre 16 par les parlementaires. Mais avant même que sa nomination en tant que successeur ne soit confirmée, M. Renzi est déjà bien en peine d’écrire son programme et de composer son futur gouvernement. Cette manœuvre, que les Italiens appellent « staffetta », ou « relais », a déjà eu lieu par le passé : en 1998, Romano Prodi avait laissé sa place à Massimo d’Alessa qui l’avait regretté en se voyant perdre plus qu’il ne gagnait.

Pendant ce temps, le chef d’État français François Hollande était en visite à Washington, accueilli par son homologue américain Barrack Obama. Le but de cette rencontre peu protocolaire (Ciel ! Un président célibataire !) était, entre autres, de montrer que les deux hommes étaient les meilleurs amis du monde, avec échange de blagues à l’appui. Face au tapis rouge et au faste de cette rencontre, le président socialiste s’est montré complaisant et a bien voulu oublier cette lointaine histoire d’espionnage de la NSA. Pas un mot, non plus, sur la récente bavure diplomatique de la sous-secrétaire d’État en Europe, Victoria Nulland et son retentissant « Fuck the UE ! » lors d’une conversation téléphonique – enregistrée malgré elle – avec l’ambassadeur ukrainien à propos du laxisme européen à l’égard de la Russie. Un journaliste du Monde, Thomas Wieder, a été si impressionné par l’intérieur du Bureau Ovale, dans la Maison Blanche, qu’il n’a pas pu s’empêcher de prendre un « selfie », une photo de lui, qui a beaucoup fait parler d’elle sur l’Internet, laissant à plusieurs milliers de français qui n’avaient pas lu le moindre de ses articles le soin de vilipender son effroyable éthique journalistique.

De retour en Europe, je me dois d’évoquer le vote – pardon, la votation – Suisse, comme ces derniers l’appellent, qui s’est tenue dimanche dernier. Certes, j’aurais pu en parler dans mon précédent rapport, mais cela aurait impliqué de faire abstraction des réactions. En effet, outre une réforme du remboursement de l’IVG et une réforme ferroviaire, les citoyens helvétiques étaient appelés à se prononcer sur une loi instaurant des quotas d’immigration, y compris vis-à-vis de leurs voisins européens. Cette mesure, proposée par le parti populiste UDC (Union Démocratique du Centre), a été adoptée avec une courte majorité : 50,3% (pour un taux de participation de 55,8%). S’il a été démontré que l’immigration en Suisse n’avait pas fait augmenter le chômage, cela n’a pas empêché les partis européens favorables à une telle restriction de louer les résultats de ce scrutin. Ce fut le cas, notamment, de Marine Le Pen qui, à la tête du Front National, vantait la « lucidité du peuple suisse ». Lucides ou non, les helvètes risquent surtout de voir se retourner contre eux cette initiative : « clause guillotine » oblige, la rupture d’un traité entre leur pays et l’Union Européenne (dont ils ne font pas partie) va pousser Bruxelles à renégocier d’autres traités, dont certains, avantageux pour les Suisses, pourraient compromettre leur commerce avec le reste du continent.

Et puisqu’on parle de Bruxelles, intéressons-nous à la Belgique. Pendant qu’un zoo danois euthanasie, autopsie et dépèce un girafon au patrimoine génétique imparfait devant des enfants, le Parlement belge s’est justement penché sur le cas de ces derniers. En effet, une loi adoptée le jeudi 13 février, à 86 contre 44, autorise à présent l’euthanasie de mineurs sans limite d’âge. Il s’agit du premier pays au monde à le permettre (aux Pays-Bas, il faut avoir 12 ans), à condition bien sûr que le principal concerné souffre d’une maladie incurable et dispose d’une « capacité de discernement ». En somme, l’enfant terrien n’est pas suffisamment mature pour voter, boire de la bière ou voir des paires de seins sur un écran, mais peut tout à fait décider de mettre médicalement fin à sa propre vie.

Je rebondis sur le « mettre fin à sa propre vie » pour évoquer, sur un ton bien différent, un fait qui s’est déroulé en Irak. Dans ce pays ruiné par les assauts américains, une guerre civile oppose le gouvernement chiite aux terroristes islamiste du groupe sunnites « État Islamique en Irak et au Levant », ou EIIL (qui ont commis bon nombre d’atrocités en Syrie au point d’être désavoués par la tristement célèbre organisation Al-Qaïda). Mais bien entendu, on ne devient pas djihadiste du jour au lendemain, et cela nécessite un entraînement particulièrement rigoureux. Seulement, pour cela, il faut tout d’abord un bon instructeur. Celui qui a voulu montrer l’usage d’une ceinture d’explosifs lundi 10 n’en était pas un, comme peuvent en témoigner les vingt élèves qui sont morts dans l’explosion accidentelle de son outil de travail. Ah, l’ironie terrienne…

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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