Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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09/06/2013
La Vie Privée des Terriens

Trente-deux, trente-trois, trente-quatre, trente-cinq… Non, ça ne va pas. Un peu de concentration, que diable ! Pour la troisième fois en une heure, Glärb s’était surpris à compter les dalles qui composaient le sol de l’Indiscret. Il lui fallait pourtant écrire son rapport, mais le souci, c’est qu’il s’était jusque là imposé de rendre compte d’au moins cinq actualités majeures, or voilà que malgré tous ses efforts, il n’arrivait pas à dénicher un dernier sujet. Peut-être qu’en y réfléchissant encore un tout petit peu en repensant à ce qu’il avait lu tout au long de la semaine, une idée lui viendrait tout à coup. Il se redressa donc sur le dossier de son fauteuil, puis ferma les yeux avant de les rouvrir une minute plus tard. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept… Non, ça ne va pas ! Oublions ces maudites dalles, se dit-il en se penchant sur son clavier, bien décidé à improviser au fur et à mesure de sa rédaction.

Vahrüt n°4. 3 Juin 2013 au 9 Juin 2013. Calendrier Terrien.

La France, cette semaine, a été ébranlée par un événement majeur : la mort, le 5 juin, du jeune Clément Méric, jeune militant d’extrême-gauche, des suites d’une violente échauffourée avec des membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, à Paris. L’événement est tragique, mais je peine à comprendre d’où vient cet intérêt si insistant lorsque des meurtres tout aussi brutaux ont lieu sans provoquer le moindre émoi. Il semblerait que tous les personnages politiques y soient allés de leur commentaire, les uns appelant à dissoudre le groupe responsable, les autres renvoyant les responsables de la Manif’ pour Tous à leur rôle dans la stimulation des groupuscules d’extrême-droite. Certains ont été jusqu’à évoquer la violence dans les jeux-vidéo, et l’on en trouve même qui dénoncent la récupération politique de l’événement… tout en le récupérant eux-mêmes. Les humains ont-ils un tel irrespect des défunts qu’ils puissent se chamailler sans honte autour du cadavre encore chaud de l’un des leurs ? Il est normal d’être révolté par cet événement, mais entre exprimer sa douleur en condamnant les coupables, et instrumentaliser un assassinat au mépris du deuil des familles, il y a une distinction qu’un grand nombre de Terriens a l’air d’ignorer.

Dans le même temps, ce pays a également apporté un nouvel élément dans le dossier syrien, bloqué depuis de nombreux mois en raison des intérêts divergents des puissances mondiales. Le reportage du Monde que j’avais mentionné dans mon article précédent a eu des portées sur le plan politique, car le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé que le gouvernement avait « la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises », une affirmation qu’a confirmé le gouvernement britannique peu après. L’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien constituait la ligne jaune tracée par le président américain Barrack Obama, pouvant légitimer une intervention, mais ce dernier est pour le moins gêné, car en dépit de ses déclarations, il n’a nulle envie de s’immiscer dans ce conflit. Ajoutons à cela les nombreux doutes sur l’identité de ceux qui ont utilisé le gaz (des combattants du groupe « Al Nosra » ayant été arrêtés en possession de gaz sarin par les autorités turques), et vous aurez une idée du bourbier diplomatique. En conséquence, quelle que soit l’identité des criminels, ils auront toute latitude pour faire souffrir la population pendant encore longtemps.

Pendant ce temps, aux États-Unis, un scandale a éclaté suite à une enquête du journal britannique The Guardian, parue le jeudi 6 juin, qui révèle que le gouvernement fédéral s’est servie de la société de télécommunication « Verizon » pour surveiller ses citoyens dans le cadre de la lutte antiterroriste. Malgré le discours du président le lendemain, assurant « personne n’écoute vos appels téléphoniques », tout en reconnaissant que les numéros et la durée des communications étaient surveillées de près, l’opinion publique ne décolère pas, d’autant plus que tout porte à croire que des sociétés comme Apple, Google, Microsoft, etc. sont liées de près ou de loin à ce programme de surveillance. En somme, il s’agit d’attenter à la vie privée de la population en réduisant ses libertés, à son insu, dans le but contradictoire de la protéger (en admettant que cette méthode controversée fonctionne, ce qui est loin d’être prouvé).

Vraiment, le dédain des Terriens pour leur propre vie privée dépasse l’entendement. Sans doute penserez-vous que le cas cité est légitime, et est un moindre mal. Soit, l’argument se vaut, mais ce que je m’apprête à écrire vous fera sans l’ombre d’un doute chuter de votre siège. Figurez-vous que les données personnelles des utilisateurs d’Internet, en plus d’être récupérées par les grandes entreprises du milieu, se vendent et constituent même un marché florissant, estimé à 315 milliards de dollars. Une fois encore, tout est prélevé sans que le principal concerné en soit informé ; c’est pour cette raison que la Commission Européenne prévoit d’imposer à ces entreprises la recherche du « consentement explicite » des usagers avant de s’emparer des précieuses données. Une chose normale, me direz-vous, mais le vote de cette mesure semble compromis par l’action de très nombreux lobbies qui y voient des inconvénients financiers, et qui se sont mis en tête de faire changer d’avis les membres de la Commission Européenne. La bataille entre profit économique et liberté individuelle, que nous avons livrée voilà plusieurs siècles sur Krantavis, se joue sans cesse sur Terre.

Pour terminer, il me faut parler de cette compétition qui a eu lieu ces derniers jours à Paris, que l’on nomme « Roland Garros », consacrée au tennis. La finale, qui s’est déroulée aujourd’hui, opposait les espagnols Rafael Nadal et David Ferrer (si les Espagnols sont si bons, sans doute devraient-ils organiser une compétition semblable dans leur pays plutôt que de s’embêter à venir chez leur voisin qui n’a plus gagné depuis 30 ans). Le tennis est un sport pour le moins fascinant, qui consiste à opposer deux joueurs armés de raquettes dont ils se servent pour taper dans une petite balle jaune. Á première vue, j’ai pensé que le but était de crier le plus fort, et que celui qui hurlait de la manière la plus virile remportait le match. Très vite, cette impression s’est effacée et j’ai alors imaginé qu’il s’agissait d’assommer son adversaire avec ladite balle, mais ça ne collait pas avec le fait que les joueurs visaient à l’autre bout du terrain. En réalité, il s’avère que le but est d’empêcher l’autre de renvoyer la balle, en engrangeant ainsi des points. Je dois dire que l’irruption d’un homme torse nu au cours du match (se réclamant des « Hommen » en défense du droit des enfants qu’il estime bafoué par la loi votée récemment) a d’autant plus contribué à ma confusion sur les règles de ce sport. Mais toujours est-il que le dénommé Nadal n’a eu aucun mal à remporter le titre, et ce pour la huitième fois.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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