Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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10/03/2014
Un ex-Président Dur en Affaires

Peu importe les efforts qu’il déploie, il ne parvient pas à se concentrer sur son travail. Son esprit, chaque fois, finit par vagabonder jusqu’à Krantavis pour s’inquiéter de la guerre à venir. Les messages qu’il reçoit de ses supérieurs sont plus lacunaires de jour en jour, et pour ne pas arranger les choses, voilà des mois qu’il n’a pas eu de nouvelles de sa famille. Il s’attend à tout instant à être informé de quelque catastrophe ou malheur mondial. Certes, les Mwandishi ne sont pas sujets au stress comme d’autres êtres, mais l’inquiétude aura quelques répercussions sur son travail. Malgré cela, il se force à travailler. Pour le bien de son peuple, se répète-t-il à l’envi.

Vahrüt n°40. 3 Mars 2014 au 9 Mars 2014. Calendrier Terrien.

Vous vous souvenez de l’affaire Copé que je vous décrivais la semaine dernière ? L’UMP n’en a pas fini avec ses tourments, car en voici deux nouvelles cette semaine. La première concerne Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Du temps où il était à l’Élysée, sous les ordres du président déchu, il a pris soin d’enregistrer bon nombre de conversations sur des dictaphones. Des années plus tard, voilà que ces cassettes se retrouvent publiées via Le Canard Enchaîné et Atlantico. Elles révèlent des discussions intimes du couple Sarkozy, des réunions de conseillers, des moqueries à l’égard de membres du parti (Roselyne Bachelot, qui fut ministre de l’écologie, entre autres). Naturellement, Nicolas Sarkozy s’est empressé d’attaquer M. Buisson en justice pour atteinte à la vie privée, quand bien même l’avocat de ce dernier affirme que l'ancien président se savait enregistré. Voilà une pierre de plus au candidat malheureux à la présidentielle de 2012, déjà impliqué de près ou de loin dans diverses affaires (Karachi, Bettencourt, Tapie, sondages de l’Élysée…). D’ailleurs, c’est parce qu’ils le suspectaient de s’être fait financer sa campagne de 2008 par la Libye de feu le dictateur Mouammar Kadhafi que les juges l’ont placé sur écoute (une démarche toute à fait légale lorsque le délit présumé prévoit plus de deux ans de prison, n’en déplaise à ses véhéments partisans). C’est de cette manière qu’a surgi une nouvelle affaire Sarkozy : l’ancien homme fort de l’UMP était renseigné des enquêtes le concernant par Gilbert Azibert, l’un des plus hauts magistrats de France. En échange, ce dernier souhaitait que M. Sarkozy et son avocat, Me Thierry Herzog, usent de leur influence pour le faire nommer conseiller d’État à Monaco. Il est donc soupçonné de « violation du secret d’instruction » et « trafic d’influence ». La présidentielle de 2017 paraît de plus en plus inaccessible pour le 6e président de la Ve République.

En parlant de République, il y en a une de l’autre côté de la mer Méditerranée qui paraît bien mal en point. Lorsque le Printemps arabe a balayé la Tunisie, la Libye, l’Égypte, et a amorcé la boucherie en Syrie, ce pays est resté relativement calme, parce qu’il disposait déjà de bases démocratiques. Mais celles-ci sont menacées par un président qui s’accroche si désespérément au pouvoir que c’en serait presque risible. Abdelaziz Bouteflika est président de l’Algérie depuis 1999. Alors que la Constitution n’autorisait que deux mandats, il l’a modifiée en 2008 pour en briguer un troisième, et il a déposé cette semaine sa candidature pour la prochaine élection, qu’il est sûr et certain de remporter. Pour se justifier, il évoque Angela Merkel, qui en Allemagne est pour la troisième fois Chancelière et n’a pas l’intention de s’arrêter, mais Mme. Merkel n’a pas été hospitalisée des mois durant en France pour un AVC, avant de devenir invisible aux yeux de la population pendant un an et demi. Plusieurs personnalités ont même annoncé un boycott des élections. En outre, bon nombre d’algériens s’insurgent contre un « président mort-vivant » qui a peu de chances de mener son mandat jusqu’au bout.

Comme vous vous en doutez, je n’ai pas fini de parler de la Crimée, bien que l’actualité ait été moins fournie à ce propos. Petit rappel des faits : suite à la destitution du président Viktor Ianoukovytch par les manifestants (en majorité europhiles et démocrates, malgré une frange très visible de xénophobes et de nationalistes), le président russe Vladimir Poutine a envoyé l’armée occuper cette région autonome au sud, bordant la mer Noire, au nom de la protection des civils russes opprimés par un régime de néonazis. Cette semaine, le Parlement de Crimée a voté son rattachement à la Fédération voisine, et un référendum est prévu le 16 mars, mais le nouveau gouvernement ukrainien n’en reconnaît pas la légitimité. Les russes ont subi un revers diplomatique à l’ONU en ne parvenant pas à convaincre du bien-fondé de ce qu’on peut appeler une invasion (région autonome pro-russe ou non, elle appartenait depuis 1956 à l’Ukraine, territoire souverain et indépendant) : à 14 voix contre 1, le Conseil de sécurité s’y est opposé, y compris la Chine, grande alliée du Kremlin. Pendant ce temps, les États-Unis évoquent des sanctions ciblées tels que le gel d’avoirs des responsables, et l’Europe a commencé à parler d’un plan d’aide de l’ordre de 11 milliards (selon le président par intérim ukrainien, 35 milliards seraient nécessaires pour renflouer les caisses de l’État ruiné). Personne ne compte réellement se battre pour l’Ukraine, et pour ce qui est des sanctions à l’égard de la Russie, la France n’a pas l’intention d’annuler la vente de navires Mistral. Par contre, les Jeux Paralympiques qui viennent de commencer à Sotchi dans le sillon des JO d’hiver sont suffisamment inutiles et peu importants pour être boycottés, visiblement.

Mais intéressons-nous à présent à un pays dont je n’ai probablement pas parlé. J’ai déjà évoqué la Thaïlande, le Cambodge ou les Philippines, mais jamais la Malaisie. Celle-ci est pourtant au centre de l’actualité depuis qu’un avion en partance de Kuala Lumpur a disparu des radars. Le vol MH370 n’a émis aucun signal de détresse et les équipes de recherche, tant malaises que thaïlandaises, chinoises et américaines fouillent la mer de Chine à la recherche des décombres. Les Thaïlandais ont d’ailleurs découvert des débris qui pourraient laisser penser que le Boeing 777 a fait demi-tour. Le mystère s’épaissit donc et il y a peu d’espoir de voir survivre les 239 passagers, équipage compris, dont 153 Chinois (le reste issu de 14 nationalités, dont la France). À cela s’ajoutent des soupçons : deux passagers ont voyagé à l’aide de passeports volés, l’un à un italien, l’autre à un autrichien, il y a quelques années de cela. De quoi alimenter la théorie de l’attentat terroriste qui, si elle est avérée, sera probablement attribuée par Pékin à la communauté ouïghour.

Enfin, je finirai par annoncer que dans quelques semaines se tiendront les élections municipales en France. Pourquoi le dire si tôt ? Parce que quelques faits à propos du Front National m’ont interpellé. Ces élections ont un immense enjeu pour le parti d’extrême-droite : la gauche au pouvoir est incapable de redresser le pays et la droite est empêtrée dans des affaires qui ne choquent plus personne. La confiance envers les principaux partis s’érode et les voix se reportent sur Marine Le Pen : c’est pour cette raison que le parti a déposé 596 listes dans des villes de plus de 1 000 habitants, un record. Mais comment a-t-il fait pour rassembler tant de candidats ? C’est simple, il a pris n’importe qui. Les candidats expulsés pour des propos ou photos gênantes ne manquent pas, mais Séverine Amelot ne sera pas retirée de la liste dans laquelle elle se présente à Nevers, alors même qu’on l’a vue sur Facebook poser sous un drapeau nazi, car les listes étaient verrouillées jeudi 6. Une autre tactique du Front National consiste tout simplement à inscrire des gens non-consentants. À Orléans, un couple de nonagénaires, dont la femme était hospitalisée pour la maladie d’Alzheimer ignorait qu’il était sur la liste FN de la ville. À Grand-Quevilly et Lillebonne, en Seine-Maritime, des dizaines de personnes se sont plaintes après avoir découvert qu’elles y figuraient également. Nicolas Bay, responsable de la campagne du Front National, fustige les maires sortants qui exerceraient des pressions sur que les candidats se désistent. Quant à la leader du parti, elle accuse les médias de s’acharner sur les candidats du Front (20 000 sur 900 000 candidats) alors que les autres partis traînent probablement des casseroles semblables.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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