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24/03/2014
Municipales Round One : K.O par Abstention

Doit-il se sentir soulagé ? Après un long silence radio, Glärb a enfin reçu une réponse : un simple « Poursuivez votre mission. » Au-delà de l’impolitesse d’un tel ordre, cela ne le renseigne nullement sur la situation chez lui. Il se doute que s’ils ont le temps de lui envoyer un message, c’est que les choses ne vont pas si mal, mais il ne peut s’empêcher d’imaginer le colonel Triglob taper à la va-vite un message alors que son vaisseau est en train de se désagréger autour de lui. Bien sûr, c’est idiot, mais angoisser sur des situations improbables, c’est la seule chose qui lui reste. Ça, et puis l’écriture de rapports. Et Grand Theft Auto V sur la console qu’il a récupéré sur Terre, mais il va plutôt s’occuper de son rapport.

Vahrüt n°42. 17 Mars 2014 au 23 Mars 2014. Calendrier Terrien.

Dimanche, les Français ont été appelés à voter pour les élections municipales, qui se sont révélées riches en enseignements. Le but de cette routine démocratique est très simple, car le principal enjeu est de confirmer ou non les sondages réalisés ces derniers mois par TNS-Sofres, Ipsos et autres instituts du même acabit. En effet, prévoyant l’abstention record due à l’impopularité du gouvernement et les affaires en série de la droite, ce sont les sondages qui se sont occupés de déterminer qui serait vainqueur dans chaque ville, une manière d’économiser aux citoyens le temps d’aller voter pour leur nouveau maire. Il ne s’agit pour le moment que du premier tour, où l’on ne peut être élu qu’en récoltant plus de la moitié des voix ; un phénomène qu’on a vu à Bordeaux avec Alain Juppé, à Meaux avec Jean-François Copé, à Argenton-sur-Creuse avec Michel Sapin (actuel ministre du Travail), ou encore à Bègles avec Noël Mamère. Ce qui ressort de ce premier tour, c’est l’immense claque infligée… aux instituts de sondage, qui ont largement sous-estimé la percée du Front National : à Hénin-Beaumont, le candidat FN Steeve Briois a été élu avec la majorité des voix, une première qui inquiète beaucoup de monde. D’une manière générale, les scores frontistes ont été particulièrement élevés, et non seulement le parti de Marine Le Pen est en passe de remporter plusieurs villes, mais celles où il est en troisième position avec plus de 10% verront des triangulaires (voire quadrangulaires ou pentagulaires) au second tour. Dans ces cas-là, le parti d’extrême-droite aura, sinon un siège de maire, une forte capacité de nuisance. Ah oui, et accessoirement, c’est l’UMP qui a réalisé les meilleurs scores.

Restons dans l'Hexagone. La centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille de France, a de nouveau fait parler d’elle. Construite en 1970 et mise en service en 1978, elle est régulièrement critiquée pour sa sécurité hasardeuse, un comble puisqu’étant située en Alsace, une fuite mettrait en péril toute l’Europe (à cause des accords de Schengen, les nuages toxiques peuvent maintenant traverser la frontière française). Pour dénoncer ce danger, une soixantaine de militants de l’ONG environnementale Greenpeace s’y sont infiltrés pour brandir des banderoles « Stop risking Europe ». Ces activistes pour la plupart étrangers (de 14 nationalités différentes) ont été immédiatement expulsés du territoire. Les militants turcs, australiens et israéliens, non-originaires de l’Union Européenne, ont même été interdits de séjour en France pour deux ans, une mesure habituellement réservée à ceux qui présentent un danger pour la sécurité du pays, comme les terroristes. Cécile Duflot, la ministre du logement et membre du parti Europe-Écologie-Les-Verts, n’a pas manqué de leur exprimer son soutien quand bien même elle fait partie du gouvernement. La démarche de l’ONG visait à montrer que la centrale est vulnérable face à une attaque terroriste, mais si la défense du site avait tiré à balles réelles comme en cas de véritable assaut, je doute que les militants anti-nucléaires se seraient sentis plus en sécurité.

Et maintenant, comme à chaque fois, un petit retour en Crimée. L’annexion russe de la région a fait son premier mort lorsque l’armée a entrepris de chasser les militaires des bases ukrainiennes. D’autres pays commencent à se sentir menacés, comme les pays baltes, mais aussi et surtout la Moldavie, qui possède également un territoire russophone à forte tendance séparatiste : la Transnistrie. L’Union Européenne, fidèle à sa parole, s’est empressée d’exécuter ses redoutables sanctions, qui consistait à priver des responsables russes de visas ou de geler leurs avoirs, et ce même si bon nombre d’eux n’ont ni avoirs à l’étranger, ni un besoin désespéré de vacances en Europe de l’Ouest. Mais c’est l’intention qui compte. Les États-Unis ont frappé des personnalités plus proches de Vladimir Poutine, au point que ce dernier envisage de répliquer. En France, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a brandi la menace d’annuler la vente de deux navires « Mistral », fleuron de l’armement français, surnommés « couteaux-suisses » pour leur polyvalence. Cette vente, conclue en 2011 entre Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, prévoit l’envoi du Vladivostok fin 2014, puis du Sébastopol en 2016, le tout pour 1,2 milliards d’euros. Cette sanction reste peu crédible, étant donné qu’elle a crée des milliers d’emplois français et qu’elle ferait perdre une somme assez conséquente. Ce serait comme imaginer une sanction financière de la Grande-Bretagne ou un embargo sur le gaz russe en Allemagne.

Est-ce parce qu’il a senti la faiblesse de l’Union Européenne que Recep Tayyip Erdogan, premier ministre turc, s’est mis en tête de tout faire pour enterrer les espoirs d’intégration de la Turquie ? Plongé dans une affaire de corruption qu’il s’acharne à démentir malgré les enregistrements accablants (sûrement le coup d’un Patrick Çalı, l’équivalent turc d’un Patrick Buisson), le leader de l’AKP est acculé. Ainsi, parce que dénoncer le complot des américains et de Fethullah Gülen (dont la volonté de nuire au premier ministre est avérée) ne suffit plus, et parce qu’il a déjà renforcé le contrôle de la justice et de la police, M. Erdogan avait fait une nouvelle promesse : « Nous allons supprimer Twitter. Je me moque des réactions de la communauté internationale. Ils verront la force de la Turquie». Et il a en effet bloqué l’accès au site en Turquie, 11e sur le classement des pays utilisateurs de Twitter (la France est 18e). La communauté internationale a instantanément dénoncé ce geste, qui rapproche la Turquie de la Chine, de l’Iran, de Cuba ou encore de la Corée du Nord. Une mesure vouée à l’échec, puisque avec les nombreux moyens qui existent pour contourner le blocage, les utilisateurs turcs ont battu des records en termes de tweets postés dans les heures qui ont suivi. Même le président Abdullah Gül a critiqué cette interdiction… via Twitter. Au moins, il aura essayé.

Enfin, ce qui devait arriver est arrivé. Après trois ans de guerre civile, après bientôt 150 000 morts, après l’usage d’armes chimiques contre son propre peuple, le président syrien Bachar al-Assad peut commencer à trembler, car si son homologue américain Barrack Obama a renoncé à l’intervention militaire, il dispose d’autres options tout aussi efficaces. Grand mal en a pris au « Boucher de Damas » de franchir la ligne rouge énoncée par l’occupant de la Maison Blanche, car il vient de recevoir son plus grand revers depuis le début de la guerre : Washington a fermé son ambassade de Syrie. Prends ça, « Axe du Mal ».

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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