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31/03/2014
Municipales Round Two : K.O par UMP

Les messages, dernièrement, se sont multipliés. Sa hiérarchie l’encourage à poursuivre dans cette voie, lui pose des questions sur la situation en Crimée, les élections municipales ou encore les habitudes d'hygiène des Terriens. Ces réponses à ses rapports sont certes de loin préférables au silence pesant qui s’est imposé ces dernières semaines, mais il s’acharne à penser qu’on lui cache toute la vérité. Dès qu’il pose une question sur la guerre censée faire rage, ses supérieurs l’esquivent habilement. En fin de compte, il ne peut que tenir son mal en patience en faisant son travail en attendant qu’on lui apporte toute la lumière sur les événements.

Vahrüt n°43. 24 Mars 2014 au 30 Mars 2014. Calendrier Terrien.

Et c’est reparti pour un tour : dimanche 30 mars s’est tenu le second tour des élections municipales en France. Le premier, rappelons-le, s’était caractérisé par l’échec cuisant des instituts de sondage qui n’avaient pas mesuré l’ampleur du « vote-sanction ». L’UMP a remporté un très grand nombre de villes – beaucoup de celles que le parti avait perdu en 2008 – y compris Toulouse, Saint-Étienne, Amiens, Ajaccio, Caen, Limoges, Quimper, Reims, Roubaix, etc. François Bayrou a quant à lui enfin gagné à Pau. Le PS, lui, a réussi à obtenir Avignon, Douai, Verdun, Lourdes mais a perdu à Grenoble face aux écologistes et à Montpellier face au dissident de gauche. Lyon, Nantes et Strasbourg ont gardé leurs maires PS, Marseille son vieux maire UMP, et Paris a vu sans surprise élire Anne Hidalgo, l’héritière du maire sortant. Comme il fallait s’y attendre, le parti de Marine Le Pen a gagné plusieurs villes : outre Steeve Briois ayant remporté Hénin-Beaumont au premier tour, on compte à présent Béziers, Camaret-sur-Aigues, Cogolin, Fréjus, Hayange, Le Luc, Le Pontet, Mantes-la-Ville et Villers-Cotterêt ainsi que le VIIe secteur de Marseille. De quoi rappeler l’élection de 1995, lorsque le FN avait remporté Toulon, Marignane et Orange, puis Vitrolles en 1997. Le bilan était plutôt mitigé, notamment sur le plan culturel, où les censures étaient légion. L’abstention, ce dimanche, a atteint un record de 38%. Le prochain rendez-vous aux urnes est fixé au 22 mai pour les européennes, et il y a fort à parier que le gouvernement n’a pas fini de pousser des cris horrifiés, et ce même si le président décide de remanier le gouvernement comme ses soutiens le supplient.

Mais traversons la Mer Méditerranée pour rejoindre l’Afrique. L’Égypte post-Morsi n’a plus grand-chose à envier à celle qui a précédé le printemps arabe de 2011. Les Frères Musulmans, parti d’islam politique sont toujours fortement réprimés par le maréchal Al-Sissi qui, s’il n’est pas encore au pouvoir, est l’homme fort du pays. Cette semaine, lors d’un procès de centaines de ses membres, 529 Frères Musulmans – dont beaucoup par contumace, seuls 153 ayant été arrêtés – ont ainsi été condamnés à mort par le juge Saed Youssef (qui s’était fait remarquer pour avoir condamné à 30 ans de prison un homme ayant volé des vêtements féminins). Ce jugement controversé porte sur les violences d’aout 2013, au cours desquelles plusieurs policiers avaient été tués (à noter qu’un des accusés est en fauteuil roulant ; un outil mortel comme chacun sait). Notons toutefois que du temps d’Hosni Moubarak, la peine capitale, bien que prononcée, était rarement exécutée. Le parti qui a mené Mohammed Morsi au pouvoir est par ailleurs également source de tensions à l’Est : encouragé par le Qatar, il tente de s’imposer en Arabie Saoudite et dans les Émirats Arabes Unis mais y est considéré comme un groupe terroriste.

Sachez toutefois que nous nous n’en avons pas encore fini avec les élections municipales. Non, je ne parlerai plus cette fois-ci de la France, mais de la Turquie. Les citoyens de ce pays dans la tourmente depuis les manifestations de la place Taksim en 2013 ont voté dans un scrutin qui avait des allures de référendum pour le premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Soupçonné d’un autoritarisme toujours plus fort, plongé dans des affaires de corruption, ce dernier avait bloqué Twitter la semaine dernière, puis Youtube jeudi pour empêcher la diffusion des enregistrements qui l’éclaboussent (le blocage de Twitter a d’ailleurs été invalidé par la justice entre temps). On aurait cru que de telles gesticulations lui vaudraient une cuisante défaite aux élections, mais il n’en a rien été : à Istanbul, Ankara, et ailleurs, on a réélu des maires issus de l’AKP, le parti au pouvoir, parfois avec un meilleur score qu’aux précédentes élections, et le chef du parti en a profité pour lancer des menaces à peine voilées à ses adversaires. Nul doute que François Hollande sera intéressé de connaître les méthodes du chef du gouvernement turc pour garder ses villes.

Un petit retour plus à l’ouest, cette fois-ci au Maroc. Les relations entre le royaume et la France n’ont cessé de se dégrader ces dernières semaines. Cela avait commencé lorsqu’un acteur espagnol, Javier Bardem a cité l’ambassadeur français aux Nations Unies décrivant en 2011 le Maroc comme une « maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n'est pas particulièrement amoureux mais qu'on doit défendre ». De nouvelles tensions ont en même temps surgi quand Abdellatif Hammouchi patron du contre-espionnage marocain, en visite en France, a été visé par une plainte pour « complicité de torture » émise par des franco-marocains assistés par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture. Et voilà maintenant que Salaheddine Mezouar le ministre des Affaires étrangères marocain lui-même a subi une fouille approfondie lors d’une escale à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle : forcé de retirer chaussures, ceinture et veste, il a vu sa mallette et ses effets personnels fouillés. Encore un peu et le ministre de l’Intérieur menaçait de le renvoyer chez lui dans un charter.

Je vais finir ce rapport par un achat. Un rachat, plutôt. Quelques semaines après avoir fait l’acquisition de l’application WhatsApp pour 19 milliards de dollars, Facebook a acheté la petite entreprise Oculus VR pour 2 milliards. Cette petite entreprise californienne est spécialisée dans la réalité virtuelle et a déjà commencé à percer avec l’Oculus Rift, envisagé comme le futur du jeu vidéo. Mais Mark Zuckerberg voit bien plus loin que ce seul secteur. Le fondateur de l’immense réseau social anticipe l’après-mobile et conçoit la réalité virtuelle comme une réalité virtuelle qui « a l’opportunité de créer une plateforme plus sociale que jamais, tout en révolutionnant notre manière de travailler, de jouer et de communiquer ». Reste à savoir si à l’inverse des Mwandishi, les humains réussiront à développer cette technologie sans s’en lasser au bout de dix ans. En tout cas, l’affaire fait grincer des dents, étant donné que l’entreprise avait levé ses premiers fonds grâce au financement participatif et que ses beaux jours d’indépendance sont derrière elle ; d’autant plus que la politique de Facebook n’est pas au goût de tout le monde. M. Zuckerberg a d’ailleurs précisé qu’il y aura de la publicité. Évidemment.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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