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21/04/2014
La Nuit du Président Vivant

Aujourd’hui, chose inhabituelle, Glärb a reçu un message d’un autre destinataire que ses supérieurs : son frère Gelaps. Il y relate la guerre contre les Jaakens du point de vue de sa famille. Difficile de ne pas se remémorer le traumatisme des terroristes de Bligem et l’attaque chimique sur Halöbgha qui leur a pris leur sœur. Cette fois-ci, tous sont saufs, mais l’évacuation dans les abris, par mesure de précaution, n’a pas été de tout repos. Son petit frère lui pose de nombreuses questions sur la Terre et ses habitants avec cette naïveté qui caractérise ceux qui n’ont aucune idée de ce dont ils parlent. Non, il n’a encore vu aucun tentacule, les humains ne mangent pas le béton et leur sang est rouge quelque soit leur ethnie et leur rang social. Après avoir répondu, un sourire niais aux lèvres, à ces interrogations, le seul Mwandishi à réellement connaître les terriens se met au travail.

Vahrüt n°46. 14 Avril 2014 au 20 Avril 2014. Calendrier Terrien.

Si l’ombre de la guerre s’éloigne de notre Krantavis, elle s’étend toujours plus sur l’Ukraine, sur Terre. L’appétit de Vladimir Poutine ne se limite pas à la Crimée, qu’il a annexée voilà plusieurs semaines. C’est, depuis une semaine, sur l’Est pro-russe (plus riche que l’Ouest) de son voisin que ses yeux sont tournés. Comme sur la péninsule, des soldats sans insignes, mais étrangement bien entraînés et armés se sont retrouvés – perdus, probablement – au sein de villes comme Louviantsk ou Donetsk. Les habitants, en faveur d’une union avec la Russie, ou plus simplement une fédéralisation qui leur permettrait de se rapprocher de l’ami Poutine, se sont joints à eux et dans le cas de cette dernière ville, ont proclamé la « République de Donetsk ». Les autorités de Kiev, elles, sont face à un dilemme : laisser le pays se désagréger ou réprimer les insurgés en donnant raison aux séparatistes qui honnissent le « gouvernement nazi et bandériste ». Leur « opération antiterroriste » a pendant plusieurs jours consisté à faire la sieste dans les bois et à se faire voler des chars d’assauts par les milices pro-russes. Une fusillade a toutefois éclaté à Slaviansk le 20 avril ; avec un bilan de 1 mort et 3 blessés pour Kiev contre 4 morts dont 3 insurgés à Moscou. Quelques soient les pertes, le résultat a été le couvre-feu imposé par le maire autoproclamé de la ville. En tout cas, les élections présidentielles du 25 mai (qui légitimeraient le nouveau gouvernement) paraissent bien compromises.

Si ce sont des centaines de morts que l’on cherche, ce n’est pas encore en Europe de l’Est qu’il faut regarder, mais malheureusement en Asie, et plus particulièrement en Corée du Sud. Le Sewol, un ferry transportant majoritairement des lycéens de l’école Danwon à l’île de Jindo, près de la côte Sud-ouest, a chaviré le 16 avril après avoir – pense-t-on – heurté le fond marin. Des 476 passagers, les secours tardifs n'ont pu sauver que 174 personnes. 64 corps ont été retrouvés jusqu’ici, ce qui signifie que 238 autres sont toujours portés disparus. La présidente conservatrice Geun Park-hye s’est dite bouleversée et a publiquement accusé l’équipage du navire, dont l’attitude n’est pas sans rappeler le naufrage du Costa Concordia en Italie, en janvier 2012. En effet, non seulement le chef de l’équipage Lee Joon-seok a demandé aux passagers de ne pas bouger pendant quarante minutes pendant que le bateau sombrait, mais qui plus est, il a ensuite fui l’épave en laissant les lycéens se débrouiller. Il a été arrêté, comme d’autres de ses collègues, pour négligence et carence dans la sécurité des passagers.

Pendant ce temps, en Afrique, se jouait une nouvelle forme d’élections. Là où dans certains pays, fraude oblige, les morts donnent leur voix à un vivant ; en Algérie les vivants donnaient la leur à un mort en devenir. Certes, nous sommes tous des morts en devenir, mais Abdelaziz Bouteflika paraît particulièrement peu disposé à mener son quatrième mandat à son terme. Le chef du FLN, qui avait modifié la Constitution en 2008 pour briguer un troisième mandat, est en bien piètre santé et n’en est pas à sa première hospitalisation d’urgence en France. Les Algériens n'avaient plus vu leur président pendant 80 jours jusqu’en juillet 2013, et ses absences n’ont pas cessé après cela. Lorsqu’il a été en état de s’exprimer, tout au plus l'a-t-il fait d’une voix faible à la radio, assurant que c’était pour répondre aux attentes de son peuple qu’il repartait en lice. Faute de concurrents de poids et aidé par le boycott d’Algériens aussi furieux qu’impuissants, il a été réélu sans surprise avec 81,53% des voix (Ali Benflis est arrivé deuxième avec 12,18% des voix). Si l’opposition n’a cessé de crier à la fraude, il y a peu de chances que cela ait été indispensable à la victoire du président. La participation n’était que de 51,7% (contre 74% en 2009). Le plus important est probablement de savoir quel homme politique sera amené à le remplacer en cas de décès.

Un peu plus à l’Est, en Syrie, quatre journalistes français otages du groupe terroriste État Islamique en Irak et au Levant ont retrouvé leur liberté et ont pu regagner la France dimanche 20 avril au petit matin. Édouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres, détenus jusqu'à 10 mois et demi, sont peu à peu sortis de leur silence. L'un d'eux a commencé à raconter les conditions de sa détention : dangereusement proches des combats, en sous-sols, menottés ils subissaient des simulations d’exécution, « pistolets posés sur la tempe », ne pouvaient se laver pendant plusieurs mois, étaient régulièrement déplacés, etc. Le groupe EIIL est réputé pour être très radical, tellement d’ailleurs que les autres groupes rebelles hostiles au régime de Bachar El-Assad se sont ligués contre lui pour que ses exactions cessent. Le président français François Hollande a assuré que « l’État ne paie pas de rançon » ; qu’il mente ou non, il serait difficile de le prouver, et encore plus difficile de lui en vouloir de dissimuler les efforts des services de renseignements français.

Restons en France pour une dernière information, qui traite d’Aquilino Morelle, le conseiller de François Hollante ; ou du moins l'était-il jusqu’à sa démission le vendredi 18 suite aux révélations de Mediapart. Le site d’information d’Edwy Plenel a enquêté sur un possible conflit d’intérêts lorsque M. Morelle était en poste à l’IGAS, chargé des affaires sanitaires et sociales. En effet, il n'aurait pas demandé l’autorisation de l’Inspection générale des affaires sociales avant de prodiguer ses conseils à un (ou plusieurs ?) laboratoire(s) pharmaceutique(s). Selon Mediapart, il a effectué une mission de consultant pour le laboratoire danois Lundbeck. Un contrôleur conseillant les sociétés qu’il est censé contrôler, voilà l’une des définitions possibles du conflit d’intérêts. À l’Élysée depuis deux ans, M. Morelle était resté en retrait jusqu’au départ de la compagne du chef de l’État Valérie Trierweiller en janvier puis à la démission de l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui tous deux ne le portaient pas dans leur cœur. Grand ami du nouveau chef du gouvernement Manuel Valls, il dénonce, comme ses proches, une attaque qui le cible juste au moment où il prend du pouvoir. Malgré trois tentatives ratées, cet énarque de 51 ans n’avait aucun mandat électif. Et ce n'est plus maintenant qu'il risque d'en avoir.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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