Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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05/05/2014
L Ombre de la Guerre Civile

C’est après avoir traîné des heures durant sur l’Internet terrien que cette idée folle lui est venue. Il n’a eu qu’à descendre incognito et cueillir la bête en se procurant le nécessaire pour l’entretenir. Les Mwandishis n’étant pas très forts pour donner les noms, la créature a été affublée du sobriquet « Petit Chat », ce qui lui va, somme toute, plutôt bien. L’animal explore le vaisseau d’un œil minutieux, à la recherche de la meilleure surface sur laquelle faire ses griffes. Après avoir porté son dévolu sur le fauteuil, il se hâte sur les genoux de l’observateur, lequel commence son rapport en caressant d’une main malhabile la fourrure ronronnante.

Vahrüt n°48. 28 Avril 2014 au 4 Mai 2014. Calendrier Terrien.

L’Ukraine vient d’entrer dans une nouvelle phase qui la rapproche un peu plus de la guerre civile. L’offensive militaire de Kiev contre Slaviansk, le bastion des séparatistes pro-russes, a été lancée vendredi 2. À peine démarrée, on comptait déjà la perte de deux hélicoptères MI-24, puis les fusillades qui se sont ensuivis ont fait des morts de chaque côté. Pendant que le maire autoproclamé de la ville, Viatcheslav Ponomarev, libérait les sept inspecteurs de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, détenus depuis une semaine (ses « invités », affirmait-t-il), l’attention s’est tournée vers Odessa. Dans la ville bordant la mer Noire, non loin de la Transnistrie moldave, des affrontements mortels ont eu lieu entre les deux camps, faisant plusieurs morts. Mais la tragédie a eu lieu plus tard dans la journée, lorsque la Maison des Syndicats, siège des pro-russes dans la ville, a été incendiée. On compte au total 38 morts, asphyxiés ou défénestrés. L’origine étant criminelle, la population locale est on-ne-peut-plus divisée, et il n’en fallait pas plus pour que les habitants les plus sceptiques à l’égard de Kiev se joignent à la bataille aux côtés du Kremlin. Après avoir décrété le deuil national, les autorités ont procédé le lendemain à 130 arrestations, tout en accusant Moscou d’« une provocation des services spéciaux russes destinée à détourner l'attention de l'opération », ce qui serait une explication tentante si les groupes Svoboda et Pravyy Sektor n’étaient pas capables d’un tel crime. Les Ukrainiens qui s’efforcent de ne soutenir aucun camp et d’appeler à l’unité entre voisins se font de plus en plus rares.

Mais il y a plus meurtrier. En Afghanistan, pays régulièrement visé par les attaques terroristes des talibans chassés du pouvoir par l’intervention américaine de 2001, le village d’Argo a été enseveli par un glissement de terrain. Le bilan est officiellement établi, à l’heure actuelle, à 350 morts, mais on compte de très nombreux disparus, la plupart piégés par la boue dans leur maison. Les secours mal équipés pouvant difficilement leur venir en aide, on peut imaginer que le sort des 2100 autres villageois est déjà scellé. Cette région pauvre du Badakhshan, au croisement du Pakistan, de la Chine et du Tadjikistan est régulièrement balayée par des pluies torrentielles. Un événement qui rappelle que tous les pays ne sont pas égaux face à la Nature.

Pendant ce temps, en France, le premier ministre Manuel Valls soumettait son programme de stabilité aux députés de l’Assemblée nationale. Les 50 milliards d’économie qu’il vise sont répartis entre 18 milliards par l’Etat et ses agences, 11 milliards des collectivités locales, 10 milliards sur l’Assurance-maladie et 11 milliards sur la gestion du système social. Les hausses d’allocations seront également gelées pendant un an, alors que les prix augmenteront pendant la même période. Le texte a finalement été approuvé, mardi, à 265 voix contre 232. Si la majorité de l’UMP s’y est opposée, force est de constater qu’ils n’auraient pas fait mieux à la place du gouvernement, et seul Frédéric Lefebvre a approuvé (trois autres députés du parti se sont abstenus). L’UDI s’est contentée d’un « vote d'abstention qui ne veut pas dire approbation » et l’extrême-gauche, sans surprise, s’y est opposée. Mais c’est surtout sur l’aile gauche du Parti Socialiste que les regards se sont braqués, et c'est plus particulièrement contre les 41 élus de la majorité qui ont refusé de voter le texte que le gouvernement a froncé les sourcils. Cette défiance intervient alors que la présidence de François Hollande vient de fêter ses deux ans. Pour l’occasion, ce dernier a d’ailleurs promis l’imminence d’un « retournement économique ». On a en effet pu constater un retournement de la politique économique vers ce qu’elle était sous le précédent quinquennat.

Ou peut-être pas tant que ça. On aurait difficilement pu imaginer, du temps de Nicolas Sarkozy, que l’Etat s’interposerait aussi fréquemment dans les négociations de rachat d’entreprises. Après la prise de position en faveur de Bouygues contre Numéricable dans le rachat de SFR, l’ex-ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, devenu depuis le ministre de l’Économie, a récidivé. L’entreprise Alstom est considérée comme l’un des fleurons de l’industrie française, et l’américain General Electric s’est montré très intéressé par sa branche énergie. Mais c’était sans compter sur l’arrivée impromptue de Siemens sur la liste des prétendants. Puisque tout est bon pour contrecarrer l’ambition du géant d’outre-Atlantique, le chantre du « made in France » s’est empressé de faire pression pour mener à des négociations avec le nouvel acheteur potentiel. Sauf que le groupe en question est allemand, et une fusion créerait des doublons de postes, aboutissant à d’inévitables licenciements. Selon le ministre, une reprise par un voisin européen vaut bien mieux que le « grand méchant loup américain ». Il est étrange, pour un grand défenseur de la production française, de n’avoir pas plutôt appuyé une nationalisation, qui ne serait peut-être pas efficace, mais qui au moins le mettrait en concordance avec ses propos.

Mais on n’en a pas fini avec le savoir-faire français. Franchissons d’un pas preste la Manche pour nous intéresser temporairement aux anglo-saxons. Le magazine britannique « Restaurant » a publié, lundi 28, la liste des cinquante meilleurs restaurants au monde, en partenariat avec l’entreprise Nestlé. Quelle surprise ce fut, pour de nombreux chefs et critiques, de découvrir que seuls cinq d’entre eux étaient français ! Sur fond de cris de coqs, les grands journaux de l’Hexagone se sont empressés de dénoncer un classement trop arbitraire. Notons, d’ailleurs, que le mieux noté, le danois Noma, à Copenhague, avait en février 2013 envoyé 63 clients à l’hôpital pour intoxication alimentaire. Personnellement, j’ai goûté un peu de la cuisine terrienne, et je dois dire que je n’en suis pas particulièrement friand. Sauf des kébabs, dont le goût m’a subjugué.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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