Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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12/05/2014
Le Pouvoir d un Hashtag

Tandis que Glärb s’assoit face à son ordinateur, fin prêt à se mettre au travail, un bruit émerge dans son dos. La chaise pivotante se retourne et il lance un regard autoritaire à Petit Chat, lequel gratte encore une fois contre la porte du vaisseau. Ce serait une très mauvaise idée de le laisser sortir. Il lui répète plusieurs fois « Non » sur plusieurs tons, sans guère de succès. Lassé, l’animal terrien finit par s’éloigner pour gagner un coussin posé au pied du lit de l’observateur. Coupé dans son élan, l’extraterrestre se concentre sur son écran. Allez, il est temps de s’occuper de ce rapport.

Vahrüt n°49. 5 Mai 2014 au 11 Mai 2014. Calendrier Terrien.

Commençons par un « mea culpa », comme disent les humains. Voici un sujet que j’aurais dû évoquer plus tôt, lorsqu’il venait de survenir. Mais à ma décharge, je ne suis pas le seul, puisque la plupart des journaux terriens n’en ont parlé que lorsqu’il a commencé à se répandre sur Internet. Je veux parler de l’enlèvement, au Nigéria, d’environ 200 lycéennes (les chiffres varient) par la secte islamiste Boko Haram (se traduisant par « L’éducation occidentale est un péché »). Le « hashtag » #BringBackOurGirls, dont les familles sont à l’origine, a fait le tour du Web, repris par Michelle Obama ou Hillary Clinton aux États-Unis, ou bien Najat Vallaud-Belkacem ou Christiane Taubira en France. Au point même que les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la France comptent bien aider à la libération des otages. En outre, lundi, l’enlèvement a été officiellement revendiqué par la secte qui s’oppose à l’éducation des femmes, et son chef, Abubakar Shekau, a annoncé vouloir vendre plusieurs des filles et en garder d’autres comme esclaves. Selon deux lycéennes qui avaient pu sauter du camion, les hommes sont arrivés dans le lycée le 14 avril habillés en soldats. Et en parlant de soldats, à en croire l’ONG Amnesty International, l’armée nigériane était au courant de l’imminence d’une telle attaque mais n’a pas réagi. Un fait peu étonnant, dans un pays qui certes a détrôné l’Afrique du Sud du rang de première puissance économique africaine, mais est encore rongé par une corruption endémique et des inégalités extrêmes.

Pendant ce temps, en Ukraine, les insurgés de l’Est du pays organisent ce dimanche un référendum d’auto-détermination, dans des conditions plus discutables encore qu'en Crimée. Au point même que Vladimir Poutine leur a demandé en vain de le repousser (honnête ou non, notons que cette annonce a rassuré les traders de la Bourse de Moscou). Autre fait notable : en début de semaine, la Douma (Parlement russe) adoptait une loi interdisant les insultes dans les arts et les médias (seuls les livres sont relativement épargnés, n’ayant besoin que d’un bandeau avertisseur). Sont également visés les blogs, qu’une série de lois faites sur-mesure a déjà ciblé. Et sitôt ceci fait, l’ex-lieutenant-colonel du KGB s’est rendu vendredi 9 en Crimée pour un devoir de mémoire, au vu du rôle de la région au cours de la 2nde Guerre mondiale. Il a, pour l’occasion, exalté « la force triomphale du patriotisme russe ». Il a bien raison de louer ce sentiment, puisque c’est sur celui-ci qu’est basé son pouvoir.

Descendons quelque peu la carte jusqu’en Thaïlande. Vous vous souvenez probablement de cette crise politique qui a éclaté entre les « chemises rouges », soutenant le gouvernement de Yingluck Shinawatra, et les « chemises jaunes », opposants du peuple qui l’accusent d’être la marionnette de son frère exilé Thaksin Shinawatra. Voilà des mois que menés par Suthep Thaugsuban, ils cherchent à la destituer pour donner plus de pouvoir au roi Bhumibol] et mettre en place un « conseil du peuple » non élu. Alors que cette crise s’était calmée depuis des mois, la justice vient de déchoir la Premier ministre pour « abus de pouvoir » parce qu’elle avait renvoyé un haut-dignitaire au début de son mandat pour le remplacer par un proche. La décision du tribunal aurait tout aussi bien pu se baser sur l’affaire du prix du riz qui touchait également l’ex-chef du gouvernement. En tout cas, le peuple est redescendu dans les rues en refusant toute nouvelle élection législative, considérant la démocratie comme un système corrompu à la botte des Shinawatra. Comme quoi, toutes les révoltes populaires ne vont pas dans le même sens.

Mais revenons en Europe. Au Danemark, plus précisément. Il s’y est déroulé une compétition annuelle à mi-chemin entre « divertissement kitschissime » et « machine à profit » : l’Eurovision. La compétition englobe 37 pays et compte, outre les habituels membres de l’Union Européenne, la Suisse ou la Norvège, d’autres nations comme l’Ukraine, la Russie, l’Arménie, la Turquie ou même Israël (en voilà, une bien grande Europe). Notons que cela fait bien longtemps que les pays occidentaux n’ont plus en tête de gagner la compétition (et cela se ressent sur leurs émissaires musicaux), puisque cela impliquerait d’organiser celle de l’année suivante. Évidemment, la présence des deux jumelles russes a déclenché un sifflet du public, la géopolitique s’invitant sur la scène. C’est également à travers des considérations politiques que beaucoup, notamment en Europe de l’Est, ont perçu la candidature de Conchita Wurst, « drag-queen » autrichienne, et une pétition circulait même pour l’empêcher de se produire. C’eut été bien dommage, puisque c’est elle/lui qui a gagné la compétition. Ce n’est toutefois pas la première victoire d’une transsexuelle, puisqu’en 1999, Dana International avait fait gagner Israël. Soit dit en passant, la France a fini la finale à la dernière position avec Twin Twin.

Enfin, terminons notre petit tour hebdomadaire par l’Italie. vendredi, l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi a finalement commencé à purger sa peine d’un an de TIG (Travaux d’intérêt général). Sa condamnation pour fraude fiscale (le procès Mediaset) à quatre ans, dont trois amnistiés, devait le mener en assignation à résidence, mais son avocat a pu obtenir une peine moins contraignante au niveau des déplacements : ainsi, le « Cavaliere » devra pointer une fois par semaine pour travailler quatre heures à l’institut Sacra Famiglia à Cesano Boscone, non loin de Milan, pour assister des malades atteints de la maladie d’Alzheimer. À sa première arrivée, l’homme trois fois président du conseil s’est contenté de sourire aux journalistes. On attend impatiemment les échos de ses soirées bunga-bunga dans ledit centre.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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