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26/05/2014
Une Élection, Deux Élections

Impossible de savoir si ce sont les miaulements désespérés de Petit Chat qui ont réveillé Glärb, ou bien le fait qu’il se soit assis sur son visage assoupi. Dans un cas comme dans l’autre, l’extraterrestre n’étant guère du matin, il se lève péniblement pour se traîner jusqu’à son siège. La petite créature terrienne n’en finit par de s’égosiller, si bien que l’observateur finit par s’apercevoir que la gamelle est vide. Sitôt celle-ci remplie, il retourne face à son poste de travail, puis pousse un long soupir. Il va en avoir, du travail aujourd’hui. Non pas que cela le dérange, mais cette semaine – ou ce vahrüt, comme il disait il y a de cela bien longtemps – a décidément été bien remplie.

Vahrüt n°51. 19 Mai 2014 au 25 Mai 2014. Calendrier Terrien.

Il m’a été difficile, cette fois-ci, de retenir cinq sujets tant l’actualité terrienne a été riche. Ce par quoi je vais commencer, ce sont les élections européennes. Celles-ci se sont déroulées du 22 au 25 mai et visaient à élire, dans un pays après l’autre, les 751 eurodéputés siégeant au Parlement européen de Strasbourg. Le rôle de ces derniers est d’approuver ou non les lois émises par la Commission européenne (l’équivalent d’un gouvernement). Cette Commission, actuellement présidée par José Manuel Barroso, sera pour la première fois influencée par le vote, puisque son président sera nommé sur proposition du Parlement européen. Chaque coalition européenne a ainsi présenté son candidat : l’allemand Martin Schulz chez les socialistes, le luxembourgeois Jean-Pierre Juncker chez les conservateurs, le belge Guy Verhofstadt chez les centristes, l’allemande et le français Ska Keller et José Bové chez les écologistes et le grec Alexis Tsipras au sein de l’extrême-gauche. L’extrême-droite n’a pas présenté de candidat, mais ce n’était pas faute d’avoir les moyens de gagner les élections. Certes, aux Pays-Bas, le leader du Parti pour la Liberté Geert Wilders a fait un score de loin inférieur à ses attentes, mais en France, le Front National de Marine Le Pen a réalisé la percée que tout le monde attendait, en profitant du peu de mobilisation (alarmante – 57% d’abstention) du commun des citoyens, pour un résultat de 25%, en tête devant l’UMP à 20% et le PS (mais si, vous savez, le parti au pouvoir) à 14%. La conséquence, c’est qu’un tiers des 74 députés français seront issus du parti d’extrême-droite. Le reste de l’Europe n'y a pas échappé : en Grande-Bretagne, l’UKIP de l’eurosceptique Nigel Farage a également fait le premier score, avec 27,4%, et en Italie le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo s'est élevé à environ 20%, certes beaucoup moins que le Parti Démocrate (40%). Que les Français se rassurent, les Hongrois sont tout aussi xénophobes qu’eux, au vu des scores du parti Jobbik (15%), plus extrême que le Front National. Au Danemark, le Parti populaire danois est également en tête. D'une manière générale, ce sont tout de même les conservateurs qui ont gagné le plus de sièges, bien que les socialistes ou démocrates soient devant en Italie, au Portugal, en Suède, en Lituanie, en Slovaquie et à Malte. En Grèce, c’est le parti d’extrême-gauche Syriza d’Alexis Tsipras, qui est devant avec entre 26 et 30% des voix. En France, la victoire du FN a été allègrement commentée, et la direction du Parti Socialiste semble avoir trouvé la réponse idéale : pour convaincre les électeurs de rester dans son giron, ils se contenteront d’approfondir leur politique, pendant que Mme. Le Pen exige la dissolution du Parlement.

Quittons temporairement l’Europe pour nous intéresser à la Thaïlande. Vous vous souvenez que j’ai plusieurs fois évoqué ce pays et la crise politique qui y régnait depuis sept mois – depuis que le parti Pheu Thai de la première ministre Yingluck Shinawatra a voulu émettre une loi d’amnistie pouvant faire revenir son frère Thaksin exilé. Les manifestations se sont succédé, et les violences ont fait 28 morts. J’évoquais il y a deux rapports de cela la destitution de la chef du gouvernement par la Cour constitutionnelle. Un nouveau rebondissement a eu lieu cette semaine lorsque l’armée, à travers le général Prayut Chan-ocha, a pris le pouvoir par un coup d’État. Officiellement, il s’agit de calmer la situation avant qu’elle ne plonge le pays dans une guerre civile : 155 personnes ont été sommées de se rendre aux autorités, et aussi bien Mme. Shinawatra que le chef des opposants Suthep Thaugsuban n’ont plus le droit de sortir du territoire. Mais la situation devient plus préoccupante à mesure que l’armée étend la censure aux radios, télévisions, journaux et même réseaux sociaux menacés de blocage. Dimanche, elle a même dissout le Sénat, tout en prévenant que la manifestation qui a rassemblé les « Anti coup d’Etat » à Bangkok dimanche était la dernière qu’elle tolérait. Et comme de nombreuses institutions thaïlandaises, l’armée penche plutôt du côté des monarchistes, ce qui pourrait laisser présager de graves tensions dans le nord du pays, où les populations paysannes restent fidèles au parti qui a gagné toutes les élections depuis vingt ans.

Et en parlant d’élections, on y revient. Retour en Europe, et plus particulièrement en Ukraine, où la date fatidique est arrivée. Les élections du 25 mai sont prévues depuis la destitution de Viktor Ianoukovitch. L’annexion de la Crimée tout comme les troubles fédéralistes et séparatistes de l’Est de l’Ukraine ont été à la fois un perturbateur et un enjeu de la campagne. Les deux principaux candidats étaient Ioulia Timochenko, l’ancienne égérie de la révolution orange de 2004, emprisonnée pour abus de pouvoir après avoir signé un contrat gazier peu avantageux avec la Russie, et dont la libération ne figurait pas parmi les revendications des manifestants ; et Petro Porochenko, l’un des oligarques les plus riches d’Ukraine qui a fait fortune avec le chocolat, à travers l’entreprise Roshen. La participation a évidemment été plus forte dans l’ouest du pays que dans l’est, notamment parce que les Ukrainiens qui y étaient favorables à l’unité étaient dissuadés de sortir. Sans grande surprise, c’est M. Porochenko qui a été élu président, et ce dès le premier tour (54% des voix, contre 13% pour sa rivale), mais l’un comme l’autre ne constituaient pas de rupture avec les anciens gouvernements. Les deux candidats néonazis, Oleh Tiahnybok (leader de Svoboda) et Dmytro Iaroch (Secteur Droit) n’ont recueilli chacun que 1%. Comme quoi, entre l’Union Européenne et l’Ukraine, les tendances s’opposent. Si les électeurs n’ont guère été enthousiastes, ils ont plus ou moins légitimé le pouvoir en place, mais il en faudra bien plus pour résoudre la crise.

Un peu plus à l’ouest, en Belgique, la capitale a été endeuillée par une fusillade au Musée Juif. Un homme est sorti d’une voiture, a fait feu dans le hall du site touristique, faisant quatre victimes (deux Israéliens, un Belge employé au musée et un Français) avant de prendre la fuite. Le ministre des affaires étrangères, Didier Reynders, qui se trouvait à proximité, a été l’un des premiers à arriver sur les lieux. Des témoins ayant pu relever la plaque d’immatriculation, un suspect a été arrêté peu après, avant d’avoir le statut de témoin. Le véritable coupable court toujours, mais les autorités ont diffusé des photos prises par les caméras de surveillance, en appelant à l'aide la population. Difficile de ne pas y voir un acte antisémite du même acabit que ceux perpétrés il y a un an par Mohammed Merah à Toulouse. L’enquête permettra de le vérifier.

Enfin, je vais finir sur deux notes plus légères. La première concerne le cinéma : le festival de Cannes s’est achevé samedi 24 au soir après la traditionnelle remise des prix. Son principal objectif est de montrer que le festival ne s’intéresse pas qu’à la vie mondaine, aux robes des invitées ou aux soirées VIP, mais également aux films en compétition. C’est le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan qui a reçu la Palme d’or pour le film Winter Sleep. Le prix du meilleur acteur est revenu à Timothy Spall (Mr. Turner), la meilleure actrice à Julianne Moore (Maps to the Stars), la liste est longue, et je ne la citerai pas en entier. L’autre événement, un peu plus tard dans la soirée, c’était la finale de la Ligue des Champions, qui a vu s’affronter – fait exceptionnel – deux clubs d’une même ville. Le Real Madrid et l’Atletico Madrid ont disputé la finale à Lisbonne, et après dominé d’un point le champion, l’Atletico a fini par laisser filtrer un but deux minutes avant la fin : grâce à cette égalisation, le Real a profité des prolongations pour en marquer trois autres, et c’est avec un score final de 4 – 1 que ce club espagnol a reçu la 10e victoire à cette compétition européenne.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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