Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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09/06/2014
Devoir de Mémoire

Glärb n’en revient toujours pas. Assis au bord de son lit, les yeux rivés sur Petit Chat, il tente de comprendre comment la vérité a pu lui échapper si longtemps. Si seulement il avait procédé à cette inspection dès le début, il se serait rendu compte plus tôt que l’animal était en réalité une femelle. Que faire ? L’appeler « Petite Chatte » ? Il… non… elle ne répondrait probablement pas à ce nom-là (bien qu’elle réponde surtout à « Hé ! » et « Pas sur le bureau ! »). Et puis après tout, elle n'est plus si petite non plus, alors ce sobriquet commence à se faire vieux. L’observateur soupire, puis s’assoit devant le tableau de bord. Si importante soit-elle, cette histoire de nom attendra la fin de son rapport.

Vahrüt n°53. 2 juin 2014 au 8 juin 2014. Calendrier Terrien.

Une fois n’est pas coutume, cette semaine, les Français ont pu se sentir au centre du monde. Vendredi 6 juin était un jour très spécial, puisqu’il célébrait les soixante-dix ans du Débarquement allié en Normandie. Le 6 juin 1944, 7 000 bateaux dont des navires d’embarcation chargés de 156 000 hommes ont afflué vers cinq plages normandes. Si l’opération Neptune, au lourd bilan humain (4 400 morts côté Alliés, entre 4 000 et 9 000 côté Allemand), n’a pas à lui seul changé le cours de la Seconde Guerre Mondiale (cet honneur revient à la bataille de Stalingrad), il n’en est pas moins, dans l’imaginaire collectif, l’une des batailles les plus marquantes de l’histoire militaire. Pour ces commémorations, 8 000 personnes ont été invitées, dont 3 000 vétérans et 21 chefs d’État ou de gouvernement : le britannique David Cameron et la reine Elisabeth II, l’américain Barack Obama, le russe Vladimir Poutine, l’Allemande Angela Merkel, l’Australien Tony Abbott, etc. Si l’invitation adressée au président russe a fait polémique, elle n’en était pas moins indispensable par le rôle essentiel de l’URSS dans la guerre contre le nazisme. Qui plus est, il a pu rencontrer pour la première fois Petro Porochenko, le nouveau président ukrainien (officiellement investi le lendemain). Le russe s’est également entretenu avec son homologue américain, qui s’est dit, à son départ, « plus optimiste » sur la crise ukrainienne. La reine Elisabeth II, qui en était à sa cinquième visite en France, a eu droit à tous les honneurs, jusqu’à être raccompagnée jusqu’à l’avion par François Hollande. Ce dernier a montré qu’il était bien meilleur en diplomatie que pour la politique intérieure. Petite anecdote : un vétéran britannique (ancien maire de la ville de Hove) s’est enfui de sa maison de retraite et a traversé la mer pour venir assister aux célébrations. Escorté à la fin de la journée dans l’établissement pour personnes âgées, il a reçu un accueil digne d’un héros.

Restons dans le thème de la royauté et descendons vers un pays qui a bien fait de choisir la neutralité il y a soixante-quinze ans. Le roi espagnol Juan Carlos Ier a annoncé lundi par le biais du Premier ministre conservateur Mariano Rajoy son abdication. Cette nouvelle n’est pas si surprenante pour quiconque a suivi les actualités en Espagne : la famille royale est entachée par les scandales de corruption, notamment l’affaire Noos, dont le gendre du roi, Iñaki Urdangarin, ex-champion de handball, est au cœur. Son épouse l’infante Cristina, plus jeune fille du roi, a même été mise en examen en février pour « fraude fiscale ». Dans ce contexte, de plus en plus de sujets de Sa Majesté se prononcent en faveur d’un référendum sur l’avenir de la monarchie : dimanche, ils étaient 62% à vouloir s’exprimer sur le sujet. Mais l’abdication de Juan Carlos, artisan de la transition démocratique à la mort du dictateur Francesco Franco, ne signifie en rien la fin de la royauté puisque c’est son fils, le prince Felipe, 38 ans, qui lui succède. De quoi donner un visage rajeunie à cette relique toujours plus décriée.

Remontons en France, où l’une des principales banques du pays est dans une situation peu enviable. La BNP Paribas est en effet accusée d’avoir violé l’embargo imposé au Soudan, à l’Iran et à Cuba. Cet embargo émanant des États-Unis, il ne punit que les transactions effectuées en dollars : si la banque française avait choisi de traiter avec ces pays controversés en euros, ils auraient pu échapper à l’une des amendes les plus grandes infligées à une banque : on l’estimait à environ 10 milliards de dollars (soit 7,3 milliards d’euros) mais des sources proches du dossier ont évoqué la somme de 16 milliards de dollars. Cela pourrait ainsi dépasser les 14 milliards de dollars qu’a dû payer la banque JP Morgan dans deux dossiers distincts. Les clients français de la banque ne devraient pas être pénalisés dans la mesure où l’État se porte garant de leur compte à hauteur de 100 000 euros, mais les investisseurs, eux, risquent de grincer des dents. Pour le moment, les Français tentent de convaincre leurs alliés outre-Atlantique de se montrer cléments, et le président a même évoqué le sujet avec Barack Obama, qui lui a poliment rappelé que les États-Unis, eux, n’avaient pas l’habitude de mêler l’exécutif et le judiciaire.

Parlons à présent de la Syrie, un autre pays touché par un embargo. Les habitants encore vivants ont eu la joie d’aller voter cette dans les bureaux de vote tenus par le régime. Ces élections donnaient le « choix » entre Bachar el-Assad et deux « rivaux », nommés Maher Al-Hajjar et Hassan Abdellah Al-Nouri. Sans le moindre suspense, le premier a été « réélu » haut la main avec 88,7% des voix ; de quoi prouver au monde – mais surtout à ses alliés – qu’il a toute légitimité pour gouverner le pays. Les rebelles n’ayant pas daigné se présenter ou voter n’ont donc plus qu’à se retirer par respect du processus démocratique. Les pays occidentaux ont aussitôt dénoncé un « simulacre d’élections ». L’annonce de ce scrutin avait poussé Lakhdar Brahimi, le médiateur nommé par l’ONU, à la démission.

Du sport, maintenant. Enfin, plus ou moins. Certes, le tournoi Roland Garos en France vient de toucher à sa fin (consacrant la victoire de Rafael Nadal sur Novak Djokovic), mais ce n’est pas ce que je comptais évoquer. Ce n'est pas non plus les échauffements amicaux à la Coupe du Monde 2014 au Brésil (et la victoire à 8 - 0 des Bleus contre la Jamaïque à Lille), mais presque. Depuis décembre 2010, date à laquelle elle a été votée, la décision d’attribuer au Qatar l’organisation de la Coupe du Monde de Football 2022 fait polémique. Même en passant outre le millier de travailleurs (ou esclaves) Népalais morts sur les chantiers, le fait de devoir jouer en hiver et non en été (en décalant le reste des compétitions de l’année) à cause de la chaleur montre qu’il y a un léger problème. Le président de la Fifa, Sepp Blatter, avait d’ailleurs reconnu le 16 mai une « erreur » (mais en parlant de la nécessité de jouer en hiver, pas du fait que des êtres humains puissent mourir sur l’autel du divertissement). Comme beaucoup d’erreurs, celle-ci a pour origine une somme assez rondelette offerte par le riche Qatar aux membres de la Fifa, et le Daily Telegraph britannique a entre autres évoqué en début de semaine l’ancien footballer français Michel Platini, aujourd’hui en lice pour prendre la succession de M. Blatter (qu’il accuse d’être derrière ces accusations). En cause, une rencontre entre le Français et le qatari Mohamed Bin Hammam (lequel aurait dépensé 5 millions de dollars) ; ainsi qu’une autre rencontre à l’Élysée en compagnie de l’émir du Qatar et de son premier ministre, invité par l’ancien président Nicolas Sarkozy, un grand amoureux du sport. Et quand on aime, on ne compte pas.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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