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16/06/2014
Le Mois du Piedballe

Glärb a beau lire et relire le message qui lui a été envoyé, il ne parvient toujours pas à comprendre. Non pas qu'il soit illisible ou que son style d’écriture soit obscur, mais il peine à saisir l’utilité d’envoyer un second observateur. Il ne remplirait pas assez bien son rôle tout seul ? Sa hiérarchie y voit un moyen de « prévenir tout excès de zèle ou erreur éthique ». Voilà qui est culotté. N’a-t-il pas toujours rempli son travail correctement ? – rumine-t-il en caressant Petit Chat posée sur ses genoux. Un deuxième Mwandishi en orbite ! Il va falloir tout lui expliquer, à ce petit nouveau ! Il a mille et une idées de réponses, certaines plus polies que d’autres, mais pour l’heure, c’est à l’écriture de son rapport qu’il doit s’atteler.

Vahrüt n°54. 8 juin 2014 au 15 juin 2014. Calendrier Terrien.

Les regards, tout récemment, se sont tournés vers l’Irak. J’ai déjà évoqué le groupe terroriste Etat Islamique en Irak et au Levant (abrégé EIIL), qui a commis tant d’exactions en Syrie qu’il a poussé Al-Qaïda à le désavouer et les autres factions rebelles à le combattre. Cela n’a pas empêché ces djihadistes d’enchaîner les victoires et de s’attaquer au pays dont ils sont originaires. Les villes irakiennes sont tombées les unes après les autres entre leurs mains, et l’armée n’a que tout récemment réussi à contenir leur avancée. Les chrétiens de Qaraqosh et d’ailleurs retiennent leur souffle, lorsqu’ils ne fuient pas tout simplement pour éviter de possibles massacres. Tout le monde attend la réaction des États-Unis, qui sont en partie responsables de ces événements : la guerre lancée en 2003, après avoir renversé le dictateur Saddam Hussein, a laissé le pays exsangue. Et comme l’opinion américaine n’est certainement pas préparée à un nouveau fiasco irakien, le président Barack Obama envisage une solution qui ne requiert pas l’envoi de troupes ; des bombardements ou des drones, par exemple.

J’ai peut-être parlé trop vite, dans le précédent paragraphe. En réalité, c’est vers le Brésil que tous les yeux de la planète sont tournés. La Coupe du Monde 2014 est la plus chère de l’histoire (8 milliards d’euros, contre 3,5 milliards quatre ans plus tôt) mais également la plus médiatisée : avant même le coup d’envoi, elle était déjà plus discutée sur Twitter que l'ensemble de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Et ce n’est pas de l’expulsion des populations amérindiennes, de la corruption endémique, de la disparition mystérieuse de SDF dans les villes-hôtes ou de la hausse du prix de la vie pour des millions de Brésiliens que tout le monde parle, mais de football. Les deux premiers matchs ont fait du bruit : une erreur d’arbitrage dans le match d’ouverture Brésil – Croatie jeudi 12 passe mal lorsqu’elle est vue par le monde entier. Et que dire des deux buts du Mexique refusés dans son match face au Ghana ? (ce qui ne l’a pas empêché d’en marquer un troisième – compté – pour gagner). La défaite humiliante de l’Espagne face aux Pays-Bas (1 – 5) en a dégoûté plus d’un, surtout lorsque les vaincus sont les tenants du titre 2010 (face aux mêmes adversaires). Le match Angleterre – Italie, très attendu lui aussi, s’est achevé par une victoire italienne (2 – 1), et la France a largement battu le Honduras 3 – 0, même s’ils auraient tort de se réjouir. Le prochain match que tout le monde attend, c’est Allemagne contre Portugal ; et le prochain match dont je parlerai, ce sera la finale.

Car pendant ce temps-là, la Terre continue à tourner. En Israël, par exemple, le Parlement (aussi nommé « Knesset ») a voté pour élire son nouveau président. Le dixième chef d’État, succédant à Shimon Pérès, est donc Reouven Rivlin, deux fois président de cette même Knesset (de 2003 à 2006 puis de 2009 à 2013). Membre du Likoud, et plus particulièrement à son aile la plus à droite, il plaide pour l’annexion de la Cisjordanie, préférant « accepter les Palestiniens comme citoyens d'Israël que de diviser Israël », et s’étant prononcé contre le retrait israélien de la bande de Gaza en 2005. Peu enclin à la réconciliation des deux peuples, on ne risque pas de le voir, à l’instar de son prédécesseur dimanche dernier, prier au Vatican en compagnie du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas sur invitation du Pape François. Non pas que ce soit très utile d’ailleurs, au vu du peu de pouvoir dont disposent les présidents israéliens.

Vendredi, le sergent Bowe Bergdahl est enfin rentré chez lui, mais il y a peu de chances que la polémique qui l’entoure s’arrête de sitôt. Le soldat américain resté prisonnier des talibans afghans pendant cinq ans était le seul prisonnier de guerre des États-Unis, et il a été libéré le 31 mai en échange de 5 prisonniers talibans. Les républicains, qui il y a quelques mois encore plaidaient en ce sens, ont décidé qu’ils étaient finalement opposés à tout échange de prisonnier lorsque leur pire ennemi – nommé Obama – s’en est occupé. Depuis, la polémique enfle, et n’importe quel détail est propice à toutes les extrapolations. On ignore encore si le soldat, à la personnalité fragile, a réellement été capturé après avoir déserté – sur le plateau de Fox News, la présentatrice a fait voter à main levée ses anciens camarades, qui l’ont à l’unanimité désigné comme tel. En revanche, il y a peu de chances que son père Robert Bergdahl, qui s’est laissé pousser la barbe en signe de soutien et a appris la langue des terroristes, le pachtoune, pour pouvoir négocier, se soit en réalité converti à l’islam.

Restons dans la polémique stérile. Dans un mois, la France célébrera sa fête nationale, et si j’en parle si tôt, c’est parce que le Front National est indigné. En cause, la présence envisagée de trois soldats algériens dans le défilé. Un collectif a été crée et une pétition circule pour interdire à ce commando d’envahisseurs indésirables de fouler le sol français. Et ce même si leurs grands-parents ou arrière-grands-parents l’ont foulé il y a cent ans pour combattre dans la Première Guerre Mondiale. C’est d’ailleurs ce que le président François Hollande a voulu célébrer par cette invitation (il en a envoyé à d’autres pays ayant combattu aux côtés des Français). Mais la raison pour laquelle l’extrême-droite et une partie des pieds noirs (nés en Algérie et rapatriés après les accords d’Évian) est si opposée à la présence de militaires au teint hâlé sur la place de la Concorde, c’est le souvenir de la guerre d’Algérie de 1954 à 1962. De là à savoir si leur amertume vient de l’usage (plus que réciproque) de la torture et des massacres, ou bien du regret que l’ancienne colonie française ait obtenu son indépendance, on leur laissera le bénéfice du doute.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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