Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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23/06/2013
Faites vos Jeux, Rien ne va Plus

Un océan d’étoiles, voilà ce que l’on peut admirer à travers le cockpit de l’Indiscret. Glärb s’assoit souvent en face, mais pas une seule fois s’est-il lassé de cette vue fascinante. Quelque part, dans cette galaxie, ses amis, sa famille, sa fiancée Blopa vivent leur vie. Est-ce qu’eux aussi, ils se surprennent parfois à regarder vers l’immensité étoilée en pensant à lui ? Il l’espère, du moins, autrement ce serait pour le moins vexant. Il jette un dernier coup d’œil sur tous ces points lumineux. Parmi tous ces soleils, certains éclairent sans doute des planètes habitables, où vivent des espèces que sa race devra surveiller lorsque les Terriens se seront éveillés à l’exploration spatiale. Peut-être même que ce sont les humains qui s’en occuperont, qu’ils puissent voir à leur tour ce que l’on ressent en rédigeant des rapports sur une race que l’on ne comprend guère. Tiens, en parlant de rapport, il est temps d’écrire celui de ce vahrüt. Allez, zou, pas de temps à perdre.

Vahrüt n°6. 17 Juin 2013 au 23 Juin 2013. Calendrier Terrien.

Il semblerait que la grande mode, ces dernières semaines, soit à la contestation. Si les raisons divergent d’un cas à l’autre, force est de constater que la vague se poursuit. Après les émeutes de la banlieue de Stockholm, puis l’occupation du parc Gezi à Ankara, cette semaine c’est au Brésil que la jeunesse se lève pour exprimer son ras-le-bol. Le prétexte, cette fois-ci, peut paraître anodin – la hausse de 20 centimes des tickets de transport en commun – mais il symbolise la hausse du coût de la vie d’une manière générale. Les efforts demandés à la population pour permettre la tenue des Jeux Olympiques et de la Coupe du Monde à venir sont loin d’être appréciés. L’ampleur de ces manifestations, qui ont mobilisé des centaines de milliers de Brésiliens, a été jusqu’àfaire annuler la hausse des prix, en mettant la présidente Dilma Roussef sous pression. Je me demande à quel pays cette vague s’étendra ensuite… Si parier n’était pas illégal chez nous (note : de nombreuses nations Terriennes l’autorisent), je miserais sans doute 350 iobs sur le continent asiatique. Peut-être la Chine.

En tout cas, un autre rassemblement a eu lieu en France aujourd’hui, le 23 juin ; plus précisément à Paris, mais il n’avait ni la même ampleur, ni la même ambition. Ceux qui défilaient n’étaient autres que des éleveurs : on a ainsi pu voir parader ces derniers avec leurs bêtes, moutons, vaches ou porcs (ces dernières sont d’étranges créatures qui n’ont pas d’équivalent chez nous) ainsi qu’avec des tracteurs. Ce spectacle avait tout l’air d’une sorte de fête folklorique française, comme si l’on invitait les paysans en ville pour les célébrer, et pour qu’ils rappellent à ceux de la ville d’où vient leur nourriture. Cela n’a pas empêché ces hommes et ces femmes de brandir des pancartes pour se plaindre de leur précarité, de la grande-distribution qui les tue à petit feu, et du gouvernement qui les ignore. Si les grandes marches annuelles se transforment en gestes majoritairement politiques, c’est bien la preuve que les temps sont durs.

Et l’agriculture française sera peut-être en pire posture avec l’accord de libre-échange négocié entre l’Union Européenne et les États-Unis. Cependant, ce qu’a défendu becs et ongles le président François Hollande était l’« exception culturelle » française : ce terme est employé pour désigner les cultures protégées par leur État, qui cherche à restreindre l’influence du libre marché afin qu’elles ne soient pas noyées parmi celles des plus grands pôles de culture, notamment les États-Unis. Ce pays est d’ailleurs le plus grand bénéficiaire de l’accord, et dire que José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne, cherche à plaire à ces derniers serait un euphémisme. Lorsque la France a réussi à exclure la culture du traité, il a ainsi qualifié lundi 17 l’attitude française de « réactionnaire ». Qu’il ait eu raison ou tort, peu importe, le mal est fait et l’Union Européenne s’est de ce fait montrée plus désunie que jamais au G8 en Irlande du Nord. Une tactique aussi contreproductive me laisse songeur, mais j’ose espérer qu’un homme placé à la tête d’un organe politique aussi puissant voit les intérêts de son collectif de pays passer avant ceux des Américains.

Mais penchons-nous à nouveau sur la France. La décision de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, mercredi 19 juin, de condamner Nicolas Bernard-Buss, a entraîné de vives réactions. Cet étudiant de 23 ans, opposant à la loi « Mariage pour Tous » récemment votée, a été condamné à quatre mois de prison, dont deux ferme, pour rébellion (résistance à une arrestation) et fourniture d’identité imaginaire (une loi votée lors de la présidence de Nicolas Sarkozy) ainsi qu’à 1000€ d’amende pour avoir refusé le prélèvement de ses empreintes et de son ADN. Il n’en fallait pas plus pour que le reste des opposants l’érige au rang de martyr et le qualifie de « prisonnier politique » victime d’un état totalitaire . J’ignore si ces braves gens, qui n’ont pas été inquiétés pour leurs convictions en manifestant, se sont déjà rendus dans une véritable dictature, mais je remarque que les Terriens adorent dramatiser tout ce qui peut servir leur cause. Le juge savait que son verdict jetterait de l’huile sur le feu, mais il n’empêche que la condamnation de ce jeune homme n’était pas lié à son statut d’opposant, mais à ses méthodes (la manifestation non-déclarée qui a entraîné son interpellation) ainsi que son refus d’obéir à la loi, d’autant plus qu’il avait déjà été condamné à de la prison avec sursis par le passé.

Enfin, vous vous souvenez certainement qu’il y a deux vahrüt, je mentionnais l’enquête de The Guardian qui a levé le voile sur la surveillance liberticide à laquelle se livrait le gouvernement américain. Je n’ai pas encore parlé de l’homme qui est à l’origine de ces révélations. Edward Snowden travaillait au sein de la NSA, et a ainsi eu accès à des fichiers confidentiels qu’il a livré au journal britannique car il désapprouvait les méthodes de son pays. Recherché par ce dernier, il risque 30 ans de prison pour sa trahison. Réfugié jusqu’à présent à Hong-Kong, il a finalement dû se déplacer, n’étant pas à l’abri d’une extradition. Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, met d’ailleurs tout en œuvre pour l’assister. Á l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore où il s’est rendu. De nombreux journalistes l’attendaient à Moscou, censé être une étape de sa fuite, mais aucun passager ne dit l'avoir vu. Des rumeurs évoquent La Havane, à Cuba, et le gouvernement Équatorien a annoncé avoir reçu une demande d’asile de sa part. Pendant ce temps, médias et internautes s’acharnent à trouver des photos et propos compromettants de « l’espion chinois » sur Internet, mais à l’exception de photos de lui en maillot de bain, les recherches ne sont guère fructueuses. Je ne sais pas combien de temps durera cette course-poursuite, mais elle inspirera sans doute quelques films Terriens à l’avenir.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




Commentaires



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Mr Chinese le 23/06/2013 à 23:28

José Manuel Barroso qui fayote...en même temps, si il le fait, c'est quand même pour obtenir le poste le plus "élevé" de notre planète; a savoir secrétaire général des Nations-Unis, qui, rappelons-le, consiste principalement à dire amen aux Etats-Unis. On peut conclure qu'il ne fait que se préparer à cette fonction.