Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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28/07/2014
La Loi des Séries

Ce matin, Glärb aurait juré qu’une langue râpeuse léchait son menton. Mais en ouvrant les yeux, rien de tel. Il regarde partout autour de son lit, à la recherche de Petit Chat, pour finalement s’apercevoir que la créature n’est plus à bord. Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur qu’il s’assoit face à son ordinateur. L'animal n’a vécu avec lui que quelques semaines, mais il s’y est si vite attaché ! Elle sera probablement mieux sur Terre, parmi les siens. Ce serait risqué d’aller la rechercher. Même si… non, il ne peut pas. Secouant frénétiquement la tête sans se soucier de ce que ceux qui l’observent à la caméra en penseront, il lance son programme de traitement de texte.

Vahrüt n°60. 21 Juillet 2014 au 27 Juillet 2014. Calendrier Terrien.

L’actualité peut parfois être cruellement ironique. L’an dernier, je prenais note de la récurrence à la même période des accidents de train (Brétigny, Saint-Jacques de Compostelle, Lac-Mégantic…). Cette fois-ci, il semblerait que le sort s’acharne sur les avions. Après l’avion Amsterdam – Kuala Lumpur abattu la semaine dernière, ce n’est pas une, mais deux nouvelles catastrophes aériennes qu'il y a à déplorer. La première s’est déroulée sur une île au large de Taïwan, lorsqu’un ATR 72-500 de la compagnie TransAsia Airways s’est écrasé sur deux maisons près de l’aéroport après avoir demandé l’autorisation pour un deuxième essai d'atterrissage en pleine tempête. Sur les 58 personnes à bord, dont 4 membres d’équipage, seules 10 personnes ont survécu. Le second a eu lieu dans l’Est du Mali en guerre, non loin de la frontière du Burkina-Faso. Reliant Ouagadougou à Alger, il est passé au milieu d’un orage d’une rare violence. Les insurgés touaregs et les terroristes islamistes de la région ne disposant pas cette fois-ci d’un armement capable de neutraliser un appareil volant si haut, le crash est très certainement d’origine climatique. Sur les 118 passagers, les nationalités les plus représentées étaient les Français (54) suivis de 28 Burkinabés, de ce fait le gouvernement français s’est fortement impliqué dans ce qui est bien plus qu’un fait divers. L’armée française, sur les lieux, a retrouvé l’épave – particulièrement ravagée – grâce à l’aide burkinabée. Même s’il est encore trop tôt pour le ressentir, après un tel acharnement du sort, il y a fort à parier que le chiffre d’affaire des compagnies aériennes va diminuer.

Je pourrais de nouveau parler de la situation qui ne s’améliore pas à Gaza ou des nouvelles manifestations en France dont certaines ont dégénéré, mais ce rapport s’en trouverait un peu trop similaire au précédent. J’évoquerai donc, non loin de là, ce qu’il se passe en Irak. Le groupe terroriste État Islamique – celui-là même dont le chef Abou Bakr Al-Baghdadi souhaite établir un califat – a fait sauter à Mossoul la tombe du prophète Jonas, mentionné à la fois dans la Bible et le Coran, parce qu’il s’agirait d’un lieu d’apostasie. Les Chrétiens sont toujours plus nombreux à fuir le territoire qu’ils contrôlent, et la rumeur d’une fatwa pour l’excision des femmes a été démentie ; mais s’agissant de l’un des groupes islamistes les plus violents qui soient, on comprend qu’une telle rumeur se soit répandue jusque dans le Guardian britannique. Dans le même temps, le Parlement irakien a élu son président, Fouad Massoum, Kurde comme la plupart des présidents. Ce peuple vivant au Nord-ouest du pays, étalé également sur la Syrie et la Turquie, cherche d’ailleurs à acquérir son indépendance en profitant du chaos qui règne. Mais la fonction de président n’est que décorative, car le pouvoir est entre les mains du Premier ministre Nouri Al-Maliki.

En revanche, il y a un pays qui a cette semaine confirmé l’élection d’un président qui pourrait avoir une grande influence : c’est l’Indonésie. Le plus grand pays musulman du monde avait dû choisir le 9 juillet entre le général Prabowo Subianto, conservateur, héritier du président sortant et gendre de l’ancien dictateur Suharto ; et Joko Widodo, un homme qui a grandi dans les bidonvilles et s’est élevé au rang de gouverneur de Jakarta, réputé proche du peuple, grand amateur de hard-rock et de métal (il possède une guitare dédicacée par le groupe Metallica). Mardi 22 juillet, Ce dernier, surnommé « Jokowi », a officiellement été élu président de la République. Son score pas si élevé (53%) s’expliquerait en partie par la campagne de diffamation menée par ses adversaires, notamment puisqu’il était accusé d’être chrétien et d’origine chinoise. Il n’aura pas la tâche facile, entre les accusations de fraude de son rival et la gestion d’un pays de 250 millions d’habitants où 100 millions d’entre eux ne vivent qu’avec 2 dollars par jour.

Cap vers les États-Unis, à présent, où les regards se sont braqués vers l’Arizona. Comme dans l’Ohio en janvier et dans l’Oklahoma en avril, l’exécution d’un condamné à mort a mal tourné. La peine capitale, qui se fait par injection létale, a récemment dû s’adapter à la décision des laboratoires européens de ne plus fournir les produits nécessaires à la mise à mort. Et par « s’adapter », j’entends « tester des mélanges hasardeux ». Ainsi, Joseph Wood, condamné pour avoir assassiné son ex-petite amie et le père de cette dernière en 1989, a passé deux heures à « respirer lourdement » et à suffoquer avant de rendre l'âme. Pas de quoi choquer le moins du monde les plus attachés à la peine de mort. Comme l’a fait remarquer Jan Brewer, la gouverneure républicaine de cet État du sud, cette agonie douloureuse ressemble à « la souffrance horrible et brutale que [Joseph Wood] avait fait endurer à ses deux victimes – et la souffrance à vie qu'ont éprouvée leurs familles ». Les humains ont une curieuse conception de l’État de droit.

Ou peut-être ne s’agit-il que des Américains. Voilà en effet un peuple bien étrange, comme en témoigne le phénomène dit « coal-rolling » qui se répand, et dont un article du Monde s’est récemment fait l’écho. La pratique consiste à faire un grand doigt d’honneur aux écologistes de tous poils, et en particulier à la politique environnementale du président Barack Obama, jugée trop répressive. Les républicains pur jus, ceux qui ne voient dans le réchauffement climatique qu’un vaste complot communiste, prennent donc soin de remplacer les pièces de leur pick-up pour mieux laisser de sombres nuages dans leur sillage. Polluer pour le plaisir de polluer, en somme.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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