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11/08/2014
Le Grand Départ

Toutes ses affaires sont prêtes. Il n’a plus qu’à actionner les commandes pour que l’Indiscret le mène en vitesse à son monde d’origine. Quinze mois… voilà, en unités humaines, le temps qu’il a passé loin de Krantavis. Et sitôt qu’il aura terminé ce rapport, il y retournera pour se rendre au chevet de sa mère hospitalisée. Quant à savoir la date à laquelle il rentrera… sa hiérarchie n’est pas du genre à le laisser en congé très longtemps, aussi ne laissera-t-il ce monde que qu’une poignée de semaines. Toutefois, avant de le quitter, il lui faut s’informer une soixante-deuxième fois de son actualité.

Vahrüt n°62. 4 Août 2014 au 10 Août 2014. Calendrier Terrien.

On ne pouvait pas dire qu’on ne s’y attendait pas, avec l’urgence de la situation : Barack Obama est devenu le quatrième président américain d’affilée à lancer une opération en Irak. À la différence de son prédécesseur, il ne s’agit pas de renverser le régime d’un dictateur sur le motif flou de la présence d’armes de destruction massive. L’envoi de troupes au sol n’est d’ailleurs ni souhaitable, ni souhaité, au vu du fiasco de l'intervention de 2003 – 2011. Les États-Unis ont donc entamé des frappes aériennes sur les terroristes d’État Islamique qui ont la mainmise sur un immense territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak. Pas de quoi retirer à Obama cette image chez certains d’un président-guerrier à des années lumières de son Prix Nobel de la Paix, mais lorsqu’on sait de quoi est capable le groupe EI, plus redoutable qu’Al-Qaïda, on ne peut pas non plus l’en blâmer. La France, quant à elle, envisage des livraisons d’armes ou des aides humanitaires, mais pas d’intervention militaire.

Pour ne pas changer les vieilles habitudes, cap en France où le gouvernement n'a pas non plus changer les siennes et vient de subir un nouveau camouflet de la part du Conseil Constitutionnel. Le pacte de responsabilité, initié en janvier par le président François Hollande (dont il a marqué ce qui est considéré comme son virage libéral), consiste à réduire les charges des entreprises en échange de garanties sur l’emploi et de compensations sociales aux salariés. L’aile gauche du Parti Socialiste n’a cessé de vociférer contre ce qui est perçu comme un cadeau aux patrons. Et la décision du Conseil Constitutionnel, mercredi 6, de censurer une le volet « solidarité » dudit pacte après avoir été saisi par l’UMP, ne risque pas d’arranger les choses. En effet, le traitement de faveur accordé aux salariés touchant entre 1 et 1,3 fois le smic (1445 euros brut) qui bénéficiaient d’une baisse régressive des cotisations à la Sécurité Sociale a été perçu comme contraire au principe d’égalité des citoyens. De quoi donner du grain à moudre à une partie du PS. Suivant ce principe, on peut tout aussi bien supprimer le RSA, qui établit une intolérable distinction entre chômeurs et travailleurs. Une honte pour une démocratie égalitaire.

Et en parlant de démocratie exemplaire, rendons en Turquie… qui en est encore loin. En témoigne, par exemple, la saillie du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan contre une journaliste de Newsweek, qui n’est qu’une de ses nombreuses attaques contre la presse. Et malgré les accusations de corruption, ses attaques répétées contre la justice et la police ou ses efforts pour bloquer Twitter et Youtube, il a réussi à remporter dimanche 10 aout, les premières élections présidentielles au suffrage universel direct ; et ce dès le premier tour (avec 52,1% des voix). Voilà douze ans qu’il gouverne la Turquie en tant que Premier ministre, et il n’a pas caché son intention d’être un président de premier plan, loin d’un Abdullah Gül au rôle symbolique : « La nation va adopter le système présidentiel avec cette élection ». Son éclatante victoire s’explique surtout par un manque d’opposants réels : le kémaliste et nationaliste Ekmeleddin Ihsanoglu et le Kurde Selahattin Demirtas sont bien moins connus – et puis leur nom a un son bizarre, non?

Mes rapports, cet été, ont décidément la meme ligne directrice, mais j’éviterai toutefois de m’attarder sur la situation à Gaza et celle en Ukraine, par volonté de ne pas sans cesse me répéter. Au Proche-Orient, le gouvernement israélien et le Hamas ont fini par parvenir à une courte trêve la semaine dernière qui a duré trois jours. Au vu de la hargne avec laquelle les belligérants cherchent à s’entre-détruire et cibler les civils, avec bien plus de réussite du côté hébreu, passer trois jours sans combats pourrait presque être qualifié de réussite. Bien entendu, les combats ont aussitôt repris avec la mort d’un Palestinien de 10 ans. Une nouvelle trêve de 72 heures a été conclue la nuit de dimanche à lundi, pour l’instant respecté. En Ukraine, la bataille de Donetsk fait toujours rage, mais c’est la réaction du président russe Vladimir Poutine aux sanctions européennes qui m’intéresse, en vérité. La Russie menace de se retrouver étouffée : déjà, des milliers de vacanciers en Turquie ou en Bulgarie se sont retrouvés bloqués à cause de la faillite de leur voyagiste. Pour répliquer à la décision prise d’un commun accord par les Vingt-Huit, le leader du parti Russie Unie a donc décidé d’imposer un embargo sur les fruits et légumes américains et européens importés dans son pays – une part non négligeable du commerce de certains pays. Tant pis pour la population russe privée d’une part de ces produits frais. Si le président du syndicat agricole français (FNSEA) Xavier Beulin appelle le président François Hollande à rassurer son homologue pour lever le blocus, d’autres pays comme la Pologne cherchent surtout à ouvrir leurs exportations aux États-Unis pour compenser la perte de ce gros client, qui vient peut-être de se tirer une balle dans le pied.

Finissons sur du sport. Avec les trois victoires qu’elles viennent d’enchaîner, on ne parle que d’elles. « Elles », ce sont les Bleues, l’équipe de France de rugby féminin, qui rayonnent lors de cette Coupe du Monde de rugby qui se déroule sur leur territoire. On n’y trouve certes moins de nations qu’à la Coupe du Monde pour hommes (douze, dont le Kazakhstan ou les îles Samoa), mais l’exploit n’en est pas moins stupéfiant : 26 – 0 contre le Pays de Galles, 55 – 3 contre l’Afrique du Sud et 17 – 3 contre l’Australie. Il en faudra bien plus pour que la version femmes d’un sport considéré comme le summum de la virilité cesse de faire l’objet du sexisme du public masculin, mais les joueuses de l’équipe de France, non-professionnelles, peuvent au moins se targuer d’être plus médiatisées qu’à l’accoutumée.

Je vous recontacterai à mon retour en orbite dans plusieurs vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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