Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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22/09/2014
The Yes Needs the No to Win Against the No

Il n’a fallu qu’une petite semaine et demie pour que la relation qui lie Glärb et Boglib évolue jusqu’à atteindre un nouveau palier : le silence complet. Fatigués de passer leurs journées à se disputer entre deux observations des mœurs humaines, les deux extraterrestres ont conclu un accord tacite consistant à ne plus s’adresser la parole. Il n’a suffi que d’une poignée de jours pour qu’ils s’aperçoivent que la cohabitation forcée se passe bien mieux lorsqu’on ne s’échange que des regards, des gestes et quelques soupirs de temps à autres. Au moins, cette fois-ci, Glärb pourra écrire son rapport sans s’arrêter toutes les minutes pour répondre à son colocataire.

Vahrüt n°65. 15 Septembre 2014 au 21 Septembre 2014. Calendrier Terrien.

Cette semaine s’est tenu un évènement d’une importance capital pour les Terriens : les électeurs écossais ont été priés de se rendre aux urnes le 18 septembre pour répondre à la question « Pensez-vous que l’Écosse devrait être un pays indépendant ? ». La création d’un pays est quelque chose d’historique en soi, mais plus encore quand il s’agit d’une région de la Grande-Bretagne, qui se retrouverait privée de 8% de sa population et de son PIB, avec le pétrole qui git dans les eaux septentrionales. Ajoutons à cela qu’un pays, certes riche, qui se serait divisé de la sorte perdrait énormément de crédibilité sur le plan international. Les raisons de cette volonté d’indépendance sont notables : par exemple les différences culturelles ou politiques. Les Écossais votent en grande majorité pour des partis travaillistes et en ont marre que leur argent n’aille qu’aux élites de Westminster sans leur bénéficier. Mais l’Écosse, rattachée au Royaume-Uni depuis environ trois siècles, a choisi le « Non » à 55,3% contre 44,7% de « Oui ». En dépit de la campagne du chef de lice travailliste Alex Salmond, les Écossais qui vivaient ailleurs qu’à Glasgow ou Edinbourg étaient moins enthousiastes que prévu. Le pays reste divisé, car la question n’est réglée que pour une génération. Le « Oui » a en tout cas été beaucoup plus massif qu’on ne l’aurait pensé en début d’année. En cas de victoire, il n’aurait pas seulement plongé le Royaume-Uni dans une crise politique, mais également le reste de l’Europe, car on n’oublie pas le fervent indépendantisme catalan, en Espagne.

Cap vers la France, à présent, où ce qu’on attendait depuis deux ans vient d’avoir lieu : l’ancien président Nicolas Sarkozy revient officiellement en politique. L’ex-leader de l’UMP a bien tenté de noyer plusieurs fois le poisson, mais plus il faisait croire à son retrait définitif, plus il était remis sur le devant de la scène par le biais des nombreuses affaires dans lesquelles il apparaît, les plus récentes étant celle de Bygmalion, dans laquelle il se pose en victime, et celle du supposé trafic d’influence en faveur de Gilbert Azibert, qui n’est bien entendu qu’un odieux complot orchestré contre lui par les juges rouges. Lui qui voulait se poser en sauveur de la nation, il ne deviendrait finalement que sauveur de l’UMP, dont il voudrait changer le nom. Mais encore faudrait-il qu’il remporte les élections qui doivent décider de la présidence du parti : nombre de ses anciens alliés, au premier rang desquels François Fillon, ont définitivement tourné la page et se posent à présent en rivaux. Mi-loup, mi-agneau à la télévision, M. Sarkozy garde surtout comme principal adversaire son propre bilan à la tête de la nation, et s’il joue de sa retraite de deux ans pour assurer qu’il a muri, ce sera aux électeurs de lui faire savoir s’il est crédible ou non.

Toujours en France, la semaine qui vient de s’écouler, tout comme celle qui s’amorce, est placée sous le signe du conflit syndical, et pas un des moindres : les touristes ont de quoi pester puisque Air France a suspendu plus de la moitié de ses vols. La cause tient en deux mots : « Transavia Europe », un projet de filiale à bas-coût qui doit opérer à partir de plusieurs bases, comme en Allemagne ou a Portugal. Le SNPL, principal syndicat de pilotes, ne demande rien de moins que le retrait du projet qui menace de nombreux emplois, avec un « dumping social » et des « délocalisations ». Le taux de grévistes est de 65%, et en dépit de « l’ultime proposition » du président-directeur général d’Air France, Alexandre de Juniac, la grève est censée durer une semaine de plus, alors qu’elle a déjà coûté plus de 100 millions d’euros. Avec huit jours au compteur, il s’agit du conflit le plus long de la compagnie aérienne depuis 1998 (10 jours), mais toujours moins que les 26 jours de celui de 1971.

Heureusement, la grève ne s’est pas étendue aux avions militaires, puisque l’armée française a été sollicitée cette semaine. Des Rafales français ont été mis à contribution dans les opérations qui ciblent les positions de l’État Islamique en Irak. Pas en Syrie, en revanche, où les frappes risqueraient d’arranger un peu trop Bachar El-Assad. Les fameux peshmergas, guerriers kurdes, ont été armés par la coalition montée par les États-Unis, mais cela n’a pas empêché une centaine de milliers de kurdes de fuir leur territoire à l’arrivée du groupe djihadiste. D’ailleurs, celui-ci a crée la surprise en libérant 49 otages turcs qu’ils détenaient : parmi eux, le consul général et son épouse, des diplomates ou même des membres des forces spéciales. Ils ne l’ont fait que contre l’assurance que Recep Tayyip Erdogan ne prendrait pas part à la coalition. La pente islamique sur laquelle s’engage la Turquie depuis que l’AKP est au pouvoir n’y est sans doute pas étranger, et on imagine mal l’Etat Islamique faire preuve d’une telle merci si la France ou le Royaume-Uni s’étaient retirés de la course de la même façon.

Autre continent, autre problème, d’une nature très différente : le virus Ebola poursuit sa progression en Afrique de l’Ouest, et notamment au Libéria où la menace d’un bilan catastrophique devient de plus en plus tangible. L’OMS a déjà fait part de ses critiques envers les pays occidentaux qui ont eu la main un peu légère sur l’aide à apporter aux organismes de la santé. Peut-être la France se joindra à ces efforts mondiaux à présent qu’une de ses ressortissante a été infectée : cette volontaire de Médecins Sans Frontières, dont l’identité n’a pas été révélée, a été placée en isolement mardi 16 dès que les premiers symptômes ont été signalés. Elle a été rapatriée en France, où des protocoles extrêmement stricts empêcheront bien entendu la maladie de s’y répandre. À ce jour, on compte plus de 2300 mots pour cette résurgence du virus Ebola, avec un taux de mortalité supérieur à 50%.




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