Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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29/09/2014
Les Deux Facettes du Jihad

Une semaine entière sans prononcer le moindre mot, ce n’est finalement pas si bonne idée. Soucieux de couper court à toute dispute, Glärb et Boglib refusent de se parler et ne discutent plus que par gestes et hochements de tête. C’était sans compter sur les approximations du langage corporel et les quiproquos qui en ont découlé : à présent les deux Mwandishi, incapables de se comprendre l’un l’autre, s’assassinent du regard et se lancent des gestes obscènes. Les mêmes disputes qu’auparavant, avec le son en moins. Rien pourtant qui puisse empêcher l’aîné des deux observateurs de se mettre au travail.

Vahrüt n°66. 22 Septembre 2014 au 28 Septembre 2014. Calendrier Terrien.

La guerre contre l’État Islamique (ou Daesh) est déjà bien engagée, et la France y tient un rôle important en tant que principal allié européen des États-Unis. Il fallait fatalement s’attendre à ce que des ressortissants français soient pris pour cibles par les groupes djihadistes. C’est dans ce contexte qu’Hervé Gourdel, guide de haute-montagne qui sillonnait les montagnes de Kabylie, dans le sud de l’Algérie, a été enlevé par un groupe allié de Daesh : le Jund al-Khilafa, ou les Soldats du Califat. Ces derniers ont donné un ultimatum de vingt-quatre heures au gouvernement français : renoncer à prendre part à la coalition ou bien déplorer la mort d’un otage. Sans surprise, François Hollande n’a pas cédé et les terroristes algériens ont mis en ligne mercredi la vidéo de la décapitation, renforçant davantage la volonté du gouvernement de mettre le groupe terroriste hors d’état de nuire. Pour éviter d’être comme toujours stigmatisés et pointés du doigt, les musulmans de France se sont indignés d’une même voix à travers des marches silencieuses, une tribune titrée « Nous sommes tous de sales Français » ou le hashtag #NotInMyName venu de Grande-Bretagne. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a appelé « les musulmans et leurs amis » à se rassembler vendredi devant le lieu de culte où il officie. Ce n’est pas la première fois que la communauté musulmane est forcée de se justifier pour les actes barbares de personnes avec qui elle n’a rien de commun sinon le même dieu. C’est quelque chose de très Terrien.

Mais nous n’avons pas fini de parler de djihadistes. Cette semaine a été une nouvelle occasion pour constater, au choix, l’incompétence du ministère de l’Intérieur français, la soif de scoops des médias ou la duplicité des autorités turques. Au centre de l’affaire, trois djihadistes : Imad Djebali, Abdelouahed El Baghdadi et Gaël Maurize, proches du tristement célèbre Mohamed Merah (le premier est son ami d’enfance, le second son beau-frère). Ils se sont rendus en Syrie pour rejoindre, comme bien d’autres, l’État islamique, mais la violence du groupe a fini par les faire fuir : selon un de leurs avocats : « Ils se sont aperçus là-bas que ce n'était pas ce qu'ils pensaient et ont dû prendre la fuite pour rentrer ». De retour en Turquie, ils se sont rendus à la police qui a entrepris après trois semaines de les renvoyer en France. Le ministère de l’Intérieur a été mis au courant et les attendait donc mardi à l’aéroport d’Orly, à Paris. La chaîne i-Télé a aussitôt assuré que le trio avait été arrêté, immédiatement reprise par le reste de la presse. Sauf que c’est faux : la Turquie a omis de les informer qu’ils les avaient finalement mis sur un autre avion, à destination de Marseille. Les trois djihadistes ont donc eu la surprise de ne pas se voir arrêtés à leur arrivée et ont passé la sécurité. Ils se sont rendus le lendemain à la police, et ont été mis en examen samedi pour « association de malfaiteurs en vue de préparer un attentat terroriste », ce qu’ils réfutent. De quoi donner beaucoup d’eau au moulin des opposants à la politique sécuritaire socialiste, souvent jugée laxiste.

Sautons à plusieurs milliers de kilomètres de là, au Japon, où le volcan Ontake est entré en éruption samedi. Situé à 200 km de Tokyo, ce mont est apprécié par les randonneurs, avec son sommet à 3 000 mètres. Certains grimpeurs se sont retrouvés pris au piège lorsque de la cendre a été projetée à jusqu’à 10 000 mètres d’altitude. Environ 550 pompiers, policiers et militaires ont été mobilisés, et les corps de 30 personnes ont été trouvés dimanche mais les secours ont été contraints de redescendre à cause du gaz et de la poussière. La dernière grande éruption de l’Ontake datait de 1979.

Retour en Europe, à présent. Non, je ne parlerai pas des élections sénatoriales françaises du dimanche 28 que la droite a gagné sans surprise avec une majorité de quinze sièges (malgré l'arrivée des frontistes Stéphane Ravier et David Rachline, respectivement maires du VIIe secteur de Marseille et de Fréjus). Ce qui retient mon attention se trouve au-delà des Pyrénées. Voilà des mois que l’opposition au gouvernement conservateur de l’espagnol Mariano Rajoy fait tout pour entraver son nouveau projet de loi censé restreindre l’accès à l’avortement : approuvé en décembre 2013 par le conseil des ministres et porté par le ministre de la justice ultraconservateur Alberto Ruiz-Gallardon, il ne prévoait plus l’avortement que dans les cas de viols ou de difficultés psychologiques. Mais le projet de loi tant décrié a fini par être abandonné, par volonté de ne pas plus diviser le pays. On peut y voir un lien avec les velléités indépendantistes de la Catalogne ou les élections législatives prévues en 2015, que le Premier ministre sortant n’a certainement pas envie d’aborder en bas des sondages.

Et puisqu’on parle des droits des femmes, le discours d’Emma Watson aux Nations Unies a beaucoup fait parler de lui. Nommée ambassadrice de l’ONU Femmes, l’actrice britannique, célèbre pour son rôle d’Hermione Granger dans les adaptations d’Harry Potter, a lancé la campagne #HeforShe. Elle a déploré la mauvaise réputation du féminisme et loué les « féministes qui s’ignorent », les hommes qui lui ont permis de s’élever là où d’autres femmes subissent un plafond de verre à cause de discriminations persistantes. Son discours a été salué par de nombreux médias, mais la pilule a plus de mal à passer auprès de certains milieux très masculins, dont le forum 4chan n’est qu’un exemple. Après les insultes entendues au sein de cette communauté à la mauvaise réputation, le site « Emma tu es la prochaine » a été lancé avec un compte à rebours au terme duquel des photos volées étaient censées être mises en ligne. En réalité, cette fausse annonce venait d’une société spécialisée dans le buzz qui a souhaité s’attirer les projecteurs pour assurer sa promotion. Dans le même temps, elle avait ainsi lancé une autre campagne « stop4chan » pour fermer le site polémique. Un pompier pyromane promotionnel, en somme, qui a réussi son coup de pub mais va certainement devoir s’expliquer devant un tribunal.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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