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06/10/2014
Des Manifestations Très Variées

Lorsque Glärb s’est subitement remis à parler, Boglib a sursauté tellement haut que son collègue a cru qu’il allait heurter le plafond. Ce n’est pas pourtant de gaieté de coeur qu’il lui a adressé la parole : il comptait même poursuivre son voeu de silence jusqu’à ce qu’il lise le message de sa hiérarchie. « Les microphones semblent dysfonctionner. » Pour ne pas avoir à expliquer à ses supérieurs qu’ils ne conversent plus pour ne plus avoir à se disputer, Glärb a ainsi fait semblant de réparer son matériel avant de solliciter ses cordes vocales pour la première fois depuis plusieurs vahrüt. Il en avait même oublié le son de la voix de Boglib. Tous deux se sont mis d’accord pour ne plus évoquer de sujets trop polémiques, surtout lorsque l’aîné des observateurs écrit son rapport.

Vahrüt n°67. 29 Septembre 2014 au 5 Octobre 2014. Calendrier Terrien.

Vous ne vous souvenez peut-être pas, mais en juin 2013, après les contestations en Turquie et au Brésil, j’avais parié que les suivantes prendraient place en Chine. Manque de chance, c’est l’Égypte qui a été la suivante, avec des conséquences que j’ai déjà abordé. À un an et demi près, j’aurais pourtant eu raison, puisque Hong Kong vit actuellement ce qui a été baptisé « Révolte des Parapluies ». À l’origine une colonie britannique, cette ville de la côte Est a été rétrocédée à l’Empire du Milieu en 1997 et jouit depuis d’un statut spécial. Plus occidentalisée que le reste du pays, elle avait reçu des autorités la promesse d’un système électoral fondé sur le suffrage universel (jusqu’à présent, les cinq millions d’habitants n’étaient pas tous électeurs). Mais l’élection prévue pour 2017 ne sera pas si libre que prévue : Pékin exige que les candidats (deux ou trois seulement) soient au préalable acceptés par un comité de nomination. Autrement dit, le processus n’encourage guère la pluralité. Voilà bientôt deux semaines que les étudiants sont dans les rues pour protester contre ce système qui leur est imposé et pour réclamer la démission de Leung Chun-ying, le chef de l’exécutif Hongkongais. Étonnamment courtois et peu violents, les manifestants de la coalition Occupy Central font jusqu’ici face à une police encore frileuse dans sa répression : la Chine de 2014 n’a aucun intérêt à reproduire le massacre de Tiananmen. Cela n’a pas empêché le président Xi Jinping de procéder à des arrestations d’artistes qui soutiennent le mouvement, et plus généralement de manifestants. Les États-Unis, en tant que rivaux des Chinois, surveillent de très près l’évolution de ces évènements, dans lesquels il n’est d’ailleurs pas impossible qu’ils soient impliqués.

Il y a un autre pays, en ce moment, qui parle beaucoup de vote. En effet, 143 millions d’électeurs brésiliens sont appelés à voter, dimanche 5, pour cinq élections en même temps : grâce au vote électronique, ils choisissent en moins d’une minute leur président, leur gouverneur, leurs députés fédéraux, leurs députés régionaux et le tiers de leurs sénateurs. Il ne s’agit que du premier tour des présidentielles, mais le suspense est tout de même au rendez-vous : les trois candidats qui s’opposent sont Dilma Roussef, l’héritière du socialiste Ignacio da Lula et grande favorite, l’écologiste et évangéliste Marina Silva, et l’ « outsider » Aecio Neves. Mme. Roussef est passée de 77% d’opinions favorables début 2013 à 30% dans les sondages qui précédaient la Coupe du Monde de football, mais elle reste favorite dans les intentions de vote. Mme. Silva, ex-ministre de l’environnement a remplacé Eduardo Campos, mort le 13 aout dans un accident d’avion et elle pourrait bien être la première présidente noire de la septième économie du monde. M. Neves, social-démocrate, a peu ou prou le même programme que ses rivales mais s’est laissé distancer par l’évangéliste avant de reprendre la main. La présidente est finalement arrivée largement en tête (41,5%) et aura un homme pour rival, M. Never ayant obtenu 33% des voix. L’évangéliste, elle, ne récolte que 21% et se voit ainsi éliminée. La suite au prochain rapport.

Mais rendons-nous comme à notre habitude dans l’Hexagone. La grève de quatorze jours d’Air France s’est à peine achevée (et sans accord définitif) que ce sont à présent les professions libérales (huissiers, notaires, médecins, mais surtout pharmaciens) qui les remplacent. En cause ? Un projet de réforme qui autoriserait les grandes surfaces à vendre des médicaments en ouvrant le capital des SEL (Sociétés d’exercice libéral) aux non-professionnels. On peut aisément voir en quoi de tels projets suscitent leur colère. Certes, les médicaments aux effets plus hasardeux feront toujours l’effet de prescriptions formulées par les médecins, mais les pharmaciens voient s’échapper une partie de leur manne financière. Mardi, presque 9 pharmacies sur 10 étaient fermées. La dernière fois que la profession était dans les rues pour une grève aussi suivie, c’était en 1986.

Mais ce ne sont pas les seuls à manifester. Terrifiés à l’idée que le monde les ait oubliés, les membres de la Manif pour Tous ont entrepris de réinvestir les rues de France ce dimanche pour rappeler leurs revendications avec quelques approximations. Entre autres choses, les protestataires de bleu et de rose vêtus réclament l’abrogation (non-rétroactive) de la « loi Taubira », qui a autorisé le mariage homosexuel et contre laquelle ils ont bataillé en 2013. Ils exigent en outre « l’interdiction universelle » de la Gestation Pour Autrui (qui n’a jamais été légalisée en France et ne fait l’objet d’aucun projet), même chose pour la Procréation Médicalement Assistée qui n’est pas dans les priorités du gouvernement. Évidemment, la fameuse et fumeuse « théorie du genre » était également de la partie. Ils étaient entre 70 000 et 500 000 à Paris à défiler sous ces slogans, menés par Ludovine de la Rochère, sur un petit air de « Ne nous oubliez pas trop vite ».

Finissons sur un peu de science. Le fait le plus marquant de cette semaine terrienne est probablement l’accouchement d’une Suédoise de 36 ans. Celle-ci est pourtant née sans utérus, mais suite à une greffe de la part d’une amie de sa famille âgée de 61 ans, elle a été capable après une fécondation in vitro de donner naissance à un garçon en bonne santé, quoique très petit. Une prouesse qui n’a jamais pu être réalisée chez les Mwandishi, je me permets de le rappeler. Certes, notre système reproductif est un peu plus complexe que celui des Terriennes, mais avouez que cela force le respect. Toujours en science, mais pas dans la même thématique, je ne peux pas m’empêcher d’évoquer Pluton. Ce petit caillou, le plus éloigné de leur système solaire, était considéré comme une planète à part entière jusqu’en 2006, après quoi son statut de « planète naine » l’a relégué au rang des oubliés de l’espace. Et pourtant, voilà qu’au terme d’un débat au Centre d’astrophysique de Harvard, il a été décidé après un vote de réintégrer Pluton au club des planètes : après tout, elle gravite autour du Soleil, est relativement sphérique et domine la gravité de sa zone. On serait mal placés pour leur reprocher cette incapacité à se décider, puisque selon nos critères très arbitraires du siècle dernier, la Terre n’aurait même pas été considérée comme une planète !

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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