Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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30/06/2013
Un Air de Déjà-vu

La physionomie Mwandishi est quelque chose d’extraordinaire. Des millénaires d’évolution, du stade d’animaux sans conscience à celui de civilisation spatiale florissante, ont donné à leur corps des caractéristiques des plus étranges. Ainsi, leurs ongles repoussent quasiment instantanément dès qu’ils sont coupés ou limés, ce qui fut pour le moins pratique lorsqu’il fallait creuser un trou pour échapper aux prédateurs, jadis. De ce fait, aujourd’hui, lorsqu’un Mwandishi se met à se limer les ongles, c’est qu’il s’ennuie à mourir et que tout vain prétexte est bon pour s’occuper. Voilà exactement ce qu’est en train de faire Glärb en ce moment même, allongé dans le confortable canapé de son vaisseau. Ou ce qu’il faisait, du moins, jusqu’à ce qu’il sursaute en se précipitant vers le tableau de bord. Il était tellement occupé à s’occuper qu’il en a oublié ce maudit rapport !

Vahrüt n°7. 24 Juin 2013 au 30 Juin 2013. Calendrier Terrien.

Lorsque j’ai fait des recherches sur la zoologie Terrienne, à mon arrivée, j’ai découvert de nombreuses créatures de tous genres. L’une d’elle est le vautour : cet oiseau nécrophage plane au-dessus des créatures agonisantes en attendant leur mort pour pouvoir se repaître. Cette parenthèse animalière a son utilité, car elle est comparable à l’attitude des médias du monde entier qui guettent le trépas de Nelson Mandela, ancien président Sud-Africain et héros de la lutte contre l’apartheid (les Terriens, fût un temps, établissaient des rapports de hiérarchie basés sur la couleur de peau, et non sur la couleur du sang). Chacun veut être le premier à rapporter la nouvelle de son décès, qui devrait être imminent compte tenu de son infection pulmonaire. Et pour ne pas se laisser distancer par les autres journaux ou chaînes de télévision, ils guettent, et tournent autour de leur célèbre proie en prenant des nouvelles sans arrêt, interrogeant tout le monde, prêts à tirer de ce futur cadavre un petit pactole pour lequel ils se battront becs et ongles.

Tout occupés qu’ils sont à empêcher un vieil homme de mourir en paix, ils ne font par ailleurs que peu mention du drame survenu ce mercredi 26 à Lukeqin, en Chine. Ce village de la région du Xinjiang a été le théâtre d’un massacre au couteau dans un commissariat qui a fait 35 victimes, ainsi que 25 blessés (un autre rapport évoque quant à lui 46 décès). Les agresseurs faisaient partie de l’ethnie des Ouïghours, un peuple turcophone et musulman originaire de cette région voisine du Pakistan. Cet événement s’inscrit dans une série d’affrontements entre autochtones Ouïghours et colons Chinois, bien que les policiers visés fassent partie de la première catégorie. Mais rappeler toutes les heures qu’un vieil homme se trouve toujours sur son lit de mort est sans doute bien plus important.

En outre, je commence à être lassé d’en parler, mais je vais devoir une fois de plus évoquer la surveillance exercée par les États-Unis, car une nouvelle révélation est tombée aujourd’hui même. L’information, une fois encore, provient d’Edward Snowden, l’ancien employé de la NSA aujourd’hui bloqué à l’aéroport de Moscou à la recherche d’un asile politique, mais elle a été cette fois-ci divulguée par le journal allemand Der Spiegel. Les rumeurs allaient bon train, mais l’existence de preuves leur donne une existence concrète : la National Security Agency, par le biais de son désormais célèbre programme Prism, surveille bel et bien les citoyens Européens depuis cinq ans, et en particulier les Allemands, mais aussi les Français, deux pays officiellement considérés comme alliés, pourtant perçus comme de potentielles menaces, « cibles à attaquer » à l'instar d’autres pays européens. La Grande-Bretagne, quant à elle, semble échapper à ce contrôle. De plus, des bureaux de l’Union Européenne à Bruxelles, ainsi que des représentants à Washington et au sein de l’ONU ont fait l’objet d’une surveillance par le biais de micros et d’infiltration dans leur réseau. Tandis que les principaux concernés demandent des comptes, les Américains sont évasifs et leur président, en visite dans plusieurs pays d’Afrique, néglige la question.

Décidément, c’est une bonne chose que les jeux d’argent soient illégaux chez nous, car je serais un bien piètre parieur. Après avoir pensé que la prochaine vague de contestation, après la Suède, la Turquie et le Brésil, prendrait place en Asie, il se trouve finalement que c’est l’Égypte, ce dimanche, qui a vu se développer un nouveau mouvement contestataire. Ce dernier est cette fois-ci dirigé contre le président Mohamed Morsi, élu il y a tout juste un an ; à la différence du printemps arabe de 2011 qui avait poussé Hosni Moubarak à quitter le pays. Ces manifestations, qui ont rassemblé pas moins de 14 millions de personnes (selon l'armée) dans les différentes villes, ont pour but de pousser le président contesté, issu du parti des Frères Musulmans, à la démission. Un mouvement d’une telle ampleur ne s’est cependant pas fait sans victimes : on dénombre déjà 16 morts et des centaines de blessés ; et des locaux du parti au pouvoir ont été incendiés ou vandalisés dans plusieurs provinces du pays. Á qui le tour ?

Enfin je finirai en parlant de la France, dont j'ai peu parlé dans ce rapport. J’ai certainement dû déjà évoquer ce parti d’extrême-droite, le Front National, mené par Marine Le Pen, qui enchaîne les succès grâce à une habile rhétorique anti-européenne, protectionniste et hostile à l’immigration. Ce parti que beaucoup qualifient de populiste est très prompt à critiquer la mondialisation et ceux qui en tirent profit. Seulement, il semblerait qu’eux-mêmes aient succombé à cette tentation bon marché en faisant fabriquer leurs tee-shirts officiels au Bangladesh, un pays où la mondialisation a d’ailleurs fait de nombreuses victimes en mai. Cela montre bien qu’en matière de politique, où que l’on soit dans la galaxie, entre les discours et les actes, le fossé est gigantesque.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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