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03/11/2014
Manifestations Très Variées – Le Retour

Ce nouveau vahrüt qui s’achève aurait pu rester silencieux, comme l’ont été bien des jours passées à bord de l’Indiscret. Mais c’était sans compter sur les deux mots qu’a soupirés Boglib il y a quelques jours, partiellement pour expliquer ses écarts de semaine précédente. En effet, si son collègue s’ennuie, cela explique bien des choses. C’est alors que le plus ancien des deux observateurs a entrepris de montrer à son cadet ce que le vaste réseau humain peut receler de biens culturels. Lui-même n’y a pas accordé beaucoup de temps, mais si cela peut occuper son congénère et l’empêcher de traîner sur des sites peu nets, ça ne peut que l'avantager. Tant que Glärb est en paix pour écrire son rapport, tout va bien.

Vahrüt n°71. 27 Octobre 2014 au 2 Novembre 2014. Calendrier Terrien.

Commençons par le plus évident : en France, on ne parle que de cela. C’est dans la nuit de samedi à dimanche, le vahrüt dernier, que Rémi Fraisse a perdu la vie, mais j’ai bien fait d’attendre de plus amples informations pour l’évoquer. Le barrage de Sivens est censé être construit sur le Tescou, un affluent du Tarn dans la Garonne. Comme bien d’autres projets en France (comme Notre-Dame-des-Landes), il suscite une vive opposition, notamment des écologistes et de l’extrême-gauche, qui s’est matérialisée par des affrontements avec les gendarmes. C’est au cours de l’une de ces escarmouches, dans la nuit de samedi à dimanche, que le jeune homme est mort. Son dos était brûlé, et seule la partie inférieure de son sac à dos a été retrouvée. Le tout avec des traces de TNT, l’explosif utilisé dans les explosifs de la gendarmerie. La piste retenue est donc celle de la grenade offensive, dont le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est empressé de suspendre l’utilisation. La mort du militant, récupérée par tous les camps, a également provoqué samedi 1er des manifestations « contre les violences policières » à Nantes et à Toulouse, qui ont fini en violents heurts. Au total, cinq personnes ont été blessées, et la police a procédé à 34 interpellations. Le préfet de Loire-Atlantique a défendu la police en arguant que les manifestants avaient « lancé des bouteilles remplies d'acide sur les forces de sécurité ». Le Premier ministre Manuel Valls a décrit ces échauffourées comme « des insultes à la mémoire de Rémi Fraisse ».

On manifestait également à Ouagadougou, mais pas pour les mêmes raisons. En effet, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, au pouvoir depuis son sanglant coup d’État de 1987 (27 ans), s’apprêtait à modifier la Constitution pour s’autoriser à briguer un cinquième mandat. C’était sans compter sur le refus des burkinabés, qui ont marché plusieurs jours au son de « Blaise, dégage ! ». Le président de 63 ans a bien tenté de calmer la contestation, mais il n’a finalement pas été long à céder : vendredi 31, il démissionnait au profit d’Honoré Traoré, le chef d’état-major chargé d’assurer la transition vers de nouvelles élections prévues sous 90 jours. Mais instabilité oblige, c’est finalement le second de la garde présidentielle, Isaac Zida, qui s’est emparé du pouvoir avec le soutien de l’armée. Le nouveau maître du pays est resté flou sur la tenue des prochaines élections, mais a assuré aux manifestants que leurs espoirs ne seraient pas déçus. Ces derniers ne sont pas très rassurés, mais les manifestations n’ont pas repris pour autant. Ils ont au moins quelque chose pour se consoler : on a déjà vu des destitutions et coups d’États se dérouler de façon bien moins pacifique.

Déplaçons-nous un peu vers l’Est, à présent, et plus particulièrement en Israël. Voilà des décennies que le lieu saint de Jérusalem-Est est au centre des tensions entre Israéliens et Palestiniens. Les uns l’appellent « Mont du Temple », les autres « Esplanade des Mosquées », il s’agit d’un lieu important pour les trois religions majeures. Pour le moment, il appartient aux musulmans mais les visiteurs juifs y sont autorisés, à condition de ne pas prier à voix haute. Dans un contexte toujours tendu après l’opération Barrière Protectrice de cet été, un homme à moto a tenté d’assassiner la figure d’extrême-droite Yehuda Glick, mercredi 29, à sa sortie du Centre de l’héritage Menahem-Begin. La police a identifié l’auteur présumé de cet acte comme Mutaz Hijazi avant de donner l’assaut sur sa maison et de l'abattre. En réponse à l'attaque, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a d'abord interdit l’accès à l’Esplanade des Mosquées pour tous. Le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, a aussitôt qualifié cette décision de « déclaration de guerre ». Jeudi, toutefois, l’accès au lieu saint a de nouveau été autorisé, mais de façon très limitée (interdiction aux moins de cinquante ans). La moindre étincelle, le moindre faux pas du parti Likoud au pouvoir, la moindre attaque du Hamas, pourrait enflammer Gaza et la Cisjordanie.

Mais revenons plutôt en Europe, dans un pays dont je parle peu : la Hongrie. Les manifestations s'y succédaient depuis des semaines. En cause, le projet du Premier ministre de la droite dure Viktor Orbán de créer la première « taxe Internet » : 150 florints (soit 0,50 centimes d’euros) par gigaoctet transféré. EUobserver.com écrivait que « le streaming d’un film pourrait coûter 15 euros, celui d’une série entière environ 254 euros ». Voilà qui fait cher la culture. Mais que Boglib, à qui je viens d’apprendre comment faire fonctionner ces étranges « torrents » Terriens, se rassure. Après d’immenses manifestations, le chef du gouvernement est revenu sur ses pas et a abandonné son projet de loi.

Cette semaine, comme l’année dernière et de nombreuses autres avant cela, on a de nouveau fêté Halloween sur Terre. Vous ne vous souvenez peut-être pas du très court paragraphe que j’avais écrit à ce sujet. J’avais à cette époque très mal cerné cette partie du folklore terrien, mais soyez assurés que j’en ai à présent saisi toutes les subtilités. Ainsi, pendant que les plus jeunes partent déguisés dans les rues à la tombée de la nuit pour sonner aux portes en quête de sucreries, les grands quant à eux se recouvrent de maquillage, de faux sang et se costument pour aller faire la fête. Les plus casaniers se contentent de regarder un film d’horreur, et les vieux préfèrent râler sur ces « ces modes américaines imposées » (et tant pis si la fête est d’origine celtique). Oh, et puis il y a ceux qui prennent un malin plaisir à se déguiser en une créature terrifiante de la mythologie terrienne : le clown. Brrr…

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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