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19/01/2015
Les Terriens Sont Toujours Charlie

Il a fallu plusieurs heures à Glärb et Boglib pour lire tous les messages envoyés par leur hiérarchie pendant la rupture du contact. Des dizaines de missives tantôt inquiètes, furieuses ou paniquées. Si les premières évoquent une possible mission de sauvetage, d’autres se font plus résignées, comme celle où s’esquisse la peur d’une capture par les Terriens. Sans parler de la toute dernière qu’ils aient reçue, aux allures d’oraison funèbre. Mais c’était avant que le duo d’observateurs parvienne à reprendre le contact avec Krantavis. Leurs supérieurs étaient trop heureux de les savoir sains et saufs pour les réprimander de n’avoir pas tenté de réparer la liaison plus tôt. Tandis que Boglib se charge, dans son coin, d’écrire une énième réponse au général Logüb, son aîné quant à lui s’assoit face à son poste et se met à écrire.

Vahrüt n°74. 12 Janvier 2014 au 18 Janvier 2014. Calendrier Terrien.

Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Charlie Hebdo. Il faut dire que l’attentat a bouleversé toute une société et dépassé les frontières. Rien d’étonnant, donc, à ce que le dernier numéro de l’hebdomadaire satirique mercredi se soit si bien vendu. « Si bien vendu » est pourtant un terme faible : habitué à 60 000 tirages par semaine, le voilà imprimé en 7 millions d’exemplaires, du jamais vu en France. Cela n’a pas empêché les Terriens de se ruer dans les kiosques, enter bousculades, invectives et panique qui tranchaient net avec l’unité de dimanche dernier. La Une du « numéro des survivants » montre le prophète Mahomet, la larme à l’œil, tenant l’une des pancartes « Je suis Charlie » que l’on a si souvent observé. Sur le fond vert s’affiche également les mots « Tout est pardonné ». Cette caricature, dans la droite lignée de ce qui faisait l’esprit du journal bien avant le massacre, a froissé bien des esprits : la Turquie, dont le Premier ministre Ahmet Davutoglu s’était pourtant joint à la Marche Républicaine, a décidé d’interdire à ses journaux de la reproduire. Plus grave encore plusieurs manifestations ont éclaté dans le monde arabe. Au Pakistan, un journaliste de l’AFP a été tué, et au Niger ce sont dix personnes qui sont mortes au cours des heurts qui ont suivi. Charlie Hebdo s’est toujours présenté comme un « journal irresponsable », mais outre l’attentat sanglant dont il a fait l’objet, ses membres ne devront pas oublier que leurs dessins risquent d’être responsables d’autres morts encore que celles de ses illustres dessinateurs.

Ce début d’année étant suffisamment agité, les services secrets européens n’ont guère envie de voir d’autres attaques meurtrières perturber le Vieux Continent. Ainsi, plusieurs pays se sont attachés à démanteler les réseaux djihadistes sur leur sol. Ce n’est pas surprenant en France, où la police a procédé à l’arrestation dans la nuit du jeudi au vendredi de douze proches d’Amedy Coulibaly, le preneur d’otages de l’Hyper Casher. Non loin de là, la Belgique a également procédé à des opérations simultanées sur plusieurs points de son territoire pour prévenir tout attentat. Au total, on a compté douze perquisitions et cinq arrestations. Deux terroristes (dont un tué) de Verviers semblaient même prêts à agir, munis de kalachnikovs et d’uniformes de police. Plus au sud également, la police grecque a procédé de même à Athènes. Cette vague d’interpellations ne s’arrête toutefois pas aux frontières de l’Europe, puisque deux Français ont également été arrêtés au Yémen. Ils étaient liés à AQPA, Al-Qaida dans la péninsule Arabique, le groupe qui a revendiqué mercredi l’attaque contre Charlie Hebdo menée par les frères Kouachi.

Parlons à présent de la Libye. Depuis la chute de Mouammar Khadafi, ce pays est rarement sur le devant de l’actualité et la situation y est peu claire, aussi je souhaiterais profiter d’un événement qui s’y est déroulé cette semaine pour en parler. Le pays est divisé entre deux gouvernements rivaux, disposant chacun de son Parlement. Voilà un an déjà que le chef d’État-major de l’Armée nationale libyenne Khalifa Haftar a annoncé une initiative prévoyant le gel du Congrès (le Parlement « officiel »), du gouvernement et de la constitution provisoire, une forme de coup d’État qui ne dit pas son nom. Et tandis que le Congrès (le nom du Parlement) restait bloqué et que la Libye sombrait dans l’anarchie, déchirée par les conflits entre milices, Khalifa Haftar s’est distingué en annonçant une série d’offensives contre les milices islamistes. Ce conflit a duré plusieurs mois, mais dimanche 18 janvier, un cessez-le-feu a été annoncé par un communiqué de l’armée, deux jours après une annonce de Fajr Libya (« L’Aube de la Libye »), coalition milicienne, allant dans ce sens. Le pays est loin d’être tiré d’affaire, et beaucoup déplorent l’intervention de la coalition occidentale qui a provoqué la chute (et la mort) de l’ancien dictateur. Pour autant, aussi chaotique qu’elle soit, la situation est moins grave qu’en Syrie, qui n’a fait l’objet d’aucune opération de ce genre.

Cette semaine n’a pas été des plus riches en actualité, et en d’autres occasions je ne vous parlerais probablement pas de ceci, mais aussi mineur soit-il, ce fait me permet de revenir sur l’un des grands événements de mes deux mois d’absence. Lundi 12, les autorités cubaines ont remis en liberté 53 prisonniers politiques dans le cadre du rapprochement de l’île avec les États-Unis. En effet, le 17 décembre, Barack Obama et Raul Castro (frère de Fidel Castro, père du Cuba moderne et aujourd’hui en piètre forme) ont annoncé la reprise des liens diplomatiques entre Washington et la Havane. Cette grande nouvelle géopolitique, à laquelle aurait fortement contribué le Vatican, avait été très mal perçue par le Parti Républicain. Sans doute pensaient-ils qu’après quelques semaines d’embargo en plus, Cuba se métamorphoserait comme par magie en démocratie à l’occidentale. Le pays est toujours critiqué pour sa gestion des droits de l’homme, mais n’a aucune leçon à apprendre d’autres alliés des États-Unis comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Qui plus est, l’île caribéenne est réputée pour ses médecins. Son ouverture libérale, amorcée depuis quelques années, pourrait bientôt se traduire pour une amélioration des conditions de vie de ses habitants.

Enfin, retournons en Europe, et plus particulièrement en Italie, où le président de la République Giorgio Napolitano vient de démissionner de ses fonctions. On ne peut pas dire que les Italiens en soient étonnés, puisque le bougre avait été élu à ce poste en 2006 et quitte à présent son siège à l’âge de 89 ans. Le président de la République en Italie n’a qu’un pouvoir très limité, se contentant de nommer le Premier ministre en fonction de la majorité parlementaire et pouvant opposer son véto sur quelques lois. C’est en réalité le président du conseil – ou Premier ministre – ici, Matteo Renzi, qui détient le pouvoir. Comme d’autres informations présentées dans ce rapport, cet événement n’a pas une grande importance, mais j’avais promis quelques informations plus légères, non ?

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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