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27/01/2015
Reprise de Rythme

La vie à bord de l’Indiscret a repris son rythme habituel, à ceci près que les deux observateurs se tiennent prêts, n’importe quand, à ce que le contact soit rompu une fois de plus. Ces vacances forcées de deux mois ont eu le mérite de rapprocher les Mwandishis, dont les relations sont aujourd’hui bien plus cordiales qu’elles ne l’étaient aux premiers jours de leur cohabitation. Boglib a déjà visionné bien des films terriens, fidèle à sa nouvelle passion, tandis que Glärb en a profité pour ressortir cette « console » terrienne qu’il a emportée peu après son arrivée. Et comme d’habitude, c’est également Glärb qui se charge d’écrire les rapports.

Vahrüt n°75. 19 Janvier 2014 au 25 Janvier 2014. Calendrier Terrien.

Ce dimanche, toute l’Europe a eu les yeux rivés sur la Grèce en train de voter. En effet, voilà des semaines qu’on y craignait – ou espérait – la victoire du parti d’extrême gauche Syriza, dirigé par Alexis Tsipras. Celui-ci s’était déjà fait remarquer aux élections européennes de mai 2014 puisque son parti était arrivé en tête. Dans le contexte d’une crise économique qui s’éternise, l’arrivée au pouvoir d’un parti anti-austérité faisait frissonner les élites bruxelloises. Le résultat risque de leur donner des sueurs froides : le parti a récolté 36,3% des voix et gagne ainsi 149 sièges au Parlement, soit deux de moins que la majorité absolue. Le parti Nouvelle Démocratie (conservateurs) en a obtenu 76, et le parti néonazi Aube Dorée en a eu 17, soit plus que les 13 du Parti Socialiste. Rien qui laisse pour autant présager le retour du stalinisme au Vieux Continent, le programme de Syriza est déjà connu : mettre fin à l’austérité, renégocier la dette et relancer la croissance. De nombreuses mesures ont déjà été annoncées, comme la hausse du salaire minimum, un treizième mois pour les retraites de moins de 700 euros et d’autres points devant relever le niveau de vie des plus vulnérables. Il s’agit surtout d’un symbole : si la recette grecque fonctionne et que le Podemos espagnol, lui aussi en hausse dans les sondages, arrive au pouvoir, le reste de l’Europe pourrait bien s’en inspirer.

Toujours en Europe, retrouvons une guerre que je n’ai pas évoqué depuis bien longtemps. Car ce n’est pas parce qu’elle est passée au second plan qu’elle ne fait plus rage : en Ukraine, les combats se sont intensifiés au cours de cette semaine, la plus violente de ces derniers mois. À Donetsk, capitale du Donbass et épicentre du conflit, l’armée ukrainienne s’est même repliée le 21 janvier de l’aéroport qu’elle défendait depuis septembre. À Marioupol, autre point chaud un peu plus à l’Est, les séparatistes ont bombardé les positions militaires et auraient causé plus de trente victimes civiles. Le président ukrainien Petro Porochenko a une fois de plus accusé la Russie de Vladimir Poutine de mener un véritable assaut dans l’Est du pays. Déclenché en avril 2014, le conflit a provoqué la mort d’environ 6 000 personnes, dont 4 000 civils dans un bilan vieux de quatre mois.

Toujours en Europe, et plus particulièrement en Allemagne, on a beaucoup parlé ces derniers mois du mouvement Pegida, qui signifie « Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident ». Ce phénomène politique, qui rassemble aussi bien l’extrême-droite que les citoyens plus modérés, mais échaudés par la présence arabe en Allemagne, a organisé de nombreuses manifestations dans plusieurs villes. Il y a quelques semaines, certaines d’entre elles avaient d’ailleurs fait parler d’elles en coupant l’éclairage lors de leurs manifestations nocturnes, rendant illisibles les pancartes racistes. Mais c’est par son chef déjà controversé, Lutz Bachman, que le mouvement a été placé sous les projecteurs. Il était déjà paradoxal qu’un défenseur acharné de la « tolérance zéro » pour les récidivistes arabes ait lui-même été condamné à trois ans et demi de prison pour seize cambriolages, se soit enfui en Afrique du Sud, ait été extradé, emprisonné puis à nouveau condamné pour trafic de drogue. Mais Bachman a surtout fait la Une des journaux allemands après que le Bild ait trouvé une charmante photo de lui déguisé en Adolf Hitler (coiffure et moustache). Humour douteux ou non, la coïncidence passe mal pour le chef d’un mouvement d’extrême-droite à la réputation sulfureuse. Il a démissionné de son poste de président le jour-même, mercredi 21.

Rendons-nous à présent en Afrique, où pourrait se profiler un scénario déjà aperçu il y a quelques mois. En effet, le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, était bien embêté de constater que la Constitution l’interdisait d’effectuer un mandat présidentiel. Mais la Constitution, dans bien des nations africaines, est aussi altérable qu’une ardoise. C’est donc tout naturellement que le chef d’État, parvenu au pouvoir en 2001 à la mort de son père, Laurent-Désiré Kabila (parvenu au pouvoir en 1997 après un putsch) a entrepris de modifier ladite Constitution. Ce n’est pourtant pas ça qui a poussé les habitants de la RDC dans les rues pour manifester leur colère. En effet, une disposition de la loi propose de repousser les prochaines élections (prévues fin 2016) tant que le recensement n’aura pas été fait, une manœuvre pour le maintenir au pouvoir. Le scénario est somme toute très semblable au Burkina Faso, où Blaise Compaoré a été chassé du pouvoir de cette manière, et est aujourd’hui remplacé par Michel Kafando jusqu’aux prochaines élections. Mais si peu de sang a coulé dans le cas évoqué, celui de la RDC est déjà différent puisque 42 personnes ont perdu la vie dans des affrontements avec la police, qui tire à balles réelles. Pour autant, le pouvoir a finalement fait machine arrière samedi en retirant la disposition controversée. S’il a fallu 42 morts pour que cela arrive, je n'ose pas imaginer ce qu'il faudrait pour que le scénario burkinabé se produise là aussi.

Enfin, je terminerai sur une étude fraîchement publiée et qui fait déjà beaucoup parler d’elle. Selon ce travail publié par l’ONG Oxfam, 1% de la population mondiale détiendra bientôt la moitié des richesses de la planète, une conclusion abondamment reprise par les médias qui y voient un signe alarmant de l’accroissement des inégalités. Mais l’étude conçue à partir de données fournies par le Crédit Suisse reste tout de même controversée : selon ses critères, un étudiant qui s’est endetté pour accéder à la prestigieuse université d’Harvard serait plus pauvre qu’un réfugié syrien sans aucune possession : en effet, mieux vaut n’avoir rien du tout que d’être endetté. Selon ces mêmes calculs, la personne la plus pauvre au monde est ainsi… Jérôme Kerviel, l’ancien trader de la Société Générale qui jusqu’en mars 2014 devait rembourser 5 milliards d’euros. Moralité de l’histoire : les Terriens aiment bien faire des études, ça fait joli et ça permet de dire à peu près n’importe quoi.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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