Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type







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08/07/2013
Beaucoup de Bruit pour Rien

Le visage collé contre l’appareil, Glärb regarde la plaque tourner, et avec elle les gladorphes fumées dont il raffole tant. Plus que vingt secondes avant que le Bip de la machine ne retentisse ; il pourra alors déguster le plat lyophilisé en ayant en tête ses souvenirs d’enfance et les gladorphes fumées à la sauce kacloul que lui préparait sa mère avec amour. Mais la nostalgie, ça va quelques minutes, mais on s’y noie bien vite. Une fois le plat prêt, l’extraterrestre s’en saisit pour se poser devant le tableau de bord et rédiger son rapport – en prenant bien soin que sa délicieuse nourriture ne tâche rien (en vain).

Vahrüt n°8. 1er Juillet 2013 au 7 Juillet 2013. Calendrier Terrien.

Une fois de plus, je vais devoir revenir sur des actualités déjà mentionnées le vahrüt dernier, à commencer par ce qu’il se passe en ce moment en Egypte, car ces derniers jours ont été riches en événements. Après de gigantesques rassemblements d’opposants dans tout le pays, les membres du gouvernement qui n’étaient pas issus du parti au pouvoir « Les Frères Musulmans » ont démissionné les uns après les autres en signe de protestation. La tension était telle que l’armée a fini par imposer un ultimatum au président Mohamed Morsi qui fêtait sa première année au pouvoir le 30 juin. Face à son refus, les militaires ont fait un Coup d’État le mercredi 3 juillet avant de le remplacer par Adli Mansour, chef de la Haute Cour Constitutionnelle. En ce qui concerne le futur Premier Ministre, le nom de Mohamed El Baradei est sur toutes les lèvres sans pour autant être confirmé. Je constate non sans un certain ravissement que sur Terre, le principe de démocratie n’est pas seulement d’ordre technique, mais est aussi une question d’esprit. Qu’un homme ait été élu il y a un an dans des circonstances particulières (en l’occurrence, face à un représentant du régime déchu de Hosni Moubarak) ne veut pas dire pour autant qu’il peut faire ce qu’il veut pendant la durée de son mandat en augmentant petit à petit ses pouvoirs. Par ailleurs, les Égyptiens qui ont défilé dans les rues étaient plus nombreux que ceux qui ont voté pour lui au second tour, ce qui montre bien qu’il y a un réel mécontentement.

Restons dans le politique en nous rendant cette fois en France, où la ministre de l’Écologie Delphine Batho a pris la porte le 2 juillet pour avoir qualifié le budget prévu pour 2014 de « mauvais ». Cette socialiste, lorsqu’elle ne passait pas inaperçue aux yeux du public, était très critiquée aussi bien au sein de son parti que par le parti Europe-Ecologie-Les-Verts ; mais ce licenciement pose toutefois problème, car il fait apparaître des contradictions. La première est celle d’une politique « deux poids deux mesures » : lorsqu’un ministre comme Arnaud Montebourg (redressement productif) ou Vincent Peillon (éducation) critique la ligne gouvernementale, on se contente de froncer les sourcils ; mais lorsque le ministre de l’Écologie se plaint d’une coupe de budget significative qui lui compliquera sensiblement la tâche, la punition est déjà plus sévère. Bien sûr, laisser une ministre d’importance mineure désavouer son gouvernement peut-être dangereux, mais n’y a-t-il pas une solution intermédiaire ? Surtout que cette décision a ainsi attiré l’attention sur cette coupe budgétaire qui est loin de faire honneur aux promesses écologiques de François Hollande, ce qui constitue la deuxième contradiction.

Pendant ce temps, le principal parti d’opposition est lui aussi en difficulté, mais pour des raisons financières, cette fois-ci. En effet, alors que les comptes de l’Union pour un Mouvement Populaire sont dans le rouge, la décision de la Cour Constitutionnelle a aggravé sa situation financière en jugeant que le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy pour les présidentielles de 2012 avait dépassé de 466 000 euros (2,1%) le plafond autorisé pour la campagne électorale. De ce fait l’ancien candidat, qui a démissionné de son siège (en tant qu’ancien président) du Conseil Constitutionnel, va devoir rembourser une somme colossale : dix millions d’euros. Le parti libéral a volé à sa rescousse et a promis de rassembler cet argent en appelant tous les Français, qu’ils soient militants ou simples sympathisants, à envoyer des dons. Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la capacité d’un parti en si grande difficulté financière à gérer un État, qui est pourtant plus complexe. Mais peut-être est-ce simplement parce que je suis étranger au mode de pensée Terrien, après tout.

En revanche, il y a une chose que je continue à trouver incroyablement stupide quel que soit l’angle sous lequel j’examine la situation, et il s’agit de la suite des intrigues liées aux révélations d’Edward Snowden. L’affaire concerne cette fois-ci Evo Morales, président de la Bolivie, qui est resté coincé plusieurs heures à Vienne, en Autriche, après que les pays d’Europe de l’Ouest aient interdit à son avion de survoler leur territoire. Comme vous le savez, les principaux pays Européens (à l’exception de la Grande-Bretagne) ont découvert qu’ils étaient espionnés en permanence par leurs « alliés » Américains à travers le programme Prism. Chacun est allé de son commentaire outragé en faisant les gros yeux au géant outre-atlantique tout en réclamant des explications… pour finalement se coucher devant les États-Unis qui craignaient que l’avion de Morales ne parte de Moscou (où celui-ci assistait à une conférence des exportateurs de pétrole) avec Snowden à son bord. En effet, ce dernier a envoyé une demande d’asile à la Bolivie qui n’a pas encore exprimé de refus et examine la question. Que les gouvernements européens, malgré leur colère, n’aient pas envie de se mettre à dos la première puissance mondiale, c’est une chose ; mais qu’ils perdent toute crédibilité en courbant l’échine après avoir aboyé toute la semaine – tout en ne remettant pas en cause le traité transatlantique – il y a une différence que les électeurs ne risquent pas d’oublier.

Enfin, j’ai l’embarras du choix en matière de faits divers pour terminer cet article. Parlerai-je du train qui a déraillé au Québec avant d’exploser au centre de Lac-Mégantic ? Ou bien de l’avion qui a raté son atterrissage à San Francisco, aboutissant à la mort de deux personnes ? Je pourrais également évoquer ce massacre sordide au Brésil, où un arbitre d’un match de football amical a poignardé un joueur qui l’avait frappé avant d’être décapité par une foule furieuse, sa tête promenée au bout d’une pique. Je préfère m’en tenir à quelque chose d’un peu plus léger et de plus anecdotique : le piratage de la compagnie de jeux-vidéo Ubisoft, qui a révélé cette semaine que les informations (y compris les mots de passe) de ses clients inscrits avaient été découverts. Je n’aurais pas évoqué cette information si elle n’avait pas été accompagnée d’une certaine ironie du sort : leur prochain jeu, Watchdogs, permettra au joueur de contrôler un hackeur pouvant pirater les équipements informatiques de la ville de Chicago pour accomplir ses missions. Pourrait-il s'agit d'une technique originale de marketing pour promouvoir le thème de leur création ?

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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