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09/03/2015
Obscurantisme Toujours

Lorsque Boglib a proposé à Glärb de regarder un nouveau film en sa compagnie, l’aîné des deux observateurs s’est surpris à longuement hésiter : toutes les œuvres de du septième art Terrien sont-elles toutes aussi tristes que le dessin animé qu’il a regardé au dernier vahrüt. Malgré tout, et parce que cette invitation lui réchauffait le cœur, le Mwandishi a fini par accepter et son cadet a lancé un étrange film qui parlait de chevaliers, d'hirondelles, de catapultes lançant des vaches, de lapins tueurs et d’une espèce de calice qu’on recherche sans trop savoir pourquoi. Oubliées, les larmes qui l’ont agité à son dernier rapport. C’est dans une bien meilleure humeur que Glärb se met au travail, cette fois-ci.

Vahrüt n°81. 2 Mars 2015 au 8 Mars 2015. Calendrier Terrien.

Une nouvelle semaine, un nouvel attentat. C’est à croire que nous allons finir par nous y habituer. Si celui-ci, qui n’a pas eu lieu sur le sol européen, a intéressé l’Hexagone (les fréquents attentats au Moyen-Orient, même dans ces rapports, restent peu abordés) c’est parce qu’il est intimement lié à la France. En effet, c’est dans le bar La Terrasse de Bamako, au Mali, que cinq personnes ont été assassinées dans la nuit du 6 au 7 mars. Parmi les victimes se trouvent trois Maliens (dont un policier ayant tenté de s’interposer), un Belge et un Français. Une telle attaque était malheureusement prévisible : si ce bar apprécié par les expatriés a été pris pour cible, c’est bien à cause de l’Opération Serval, l’intervention de la France au Mali. L’attentat a d’ailleurs été revendiqué par le groupe terroriste Al-Murabitoune, que dirige Mokhtar Belmokhtar, un chef jihadiste algérien connu pour avoir été le cerveau de la prise d’otage d’In Amenas, en Algérie en janvier 2013.

Toujours chez les islamistes et toujours en Afrique, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau a surpris le monde entier en prêtant allégeance dans une vidéo à l’État Islamique. Pourtant, ces deux groupes terroristes ne semblaient pas si similaires : au Nigéria, Boko Haram apparaît davantage comme une secte où cohabitent islam radical et sorcellerie vaudou, et dont le chef illuminé est un fervent consommateur de drogues dures. En tout cas, les deux groupes sont aussi violents l’un que l’autre, et comme le disent les humains peu inspirés, « qui se ressemble s’assemble ». Mis à mal par les armées africaines, le groupe nigérian est peut-être en train de tirer l’une de ses dernières cartes en espérant un soutien allié. En Irak, sur le territoire qu’il contrôle, l’État Islamique a quant à lui entrepris de détruire toute trace de culture datant d’avant l’islam. Ainsi, après avoir saccagé dans une vidéo les antiquités assyriennes d’un musée de Mossoul, Daech a entrepris d’anéantir les ruines antiques de Nimroud, puis celles de Hatra, toujours en Iraq. Ces actes rappellent l’incendie des bibliothèques de Tombouctou au Mali en 2013 ou la destruction des bouddhas de Bâmiyân par les talibans afghans en 2001. Des obscurantistes obsédés par le passé qui cherchent à détruire un passé encore plus lointain… on n’est plus à un paradoxe près.

Mais attardons-nous rapidement sur la France, à présent, où l’actualité a été marquée par une mise en examen médiatique. En effet, après trente heures de garde à vue, l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant semble rattrapé par la justice. Il faut dire qu'il traîne derrière lui de multiples affaires : l’affaire Tapie-Lagarde, de mystérieuses primes en liquide, le financement suspect de la campagne de l’UMP de 2007, les emplois fictifs, le contrat Ecomouv’, la vente de tableaux et une autre toile offerte par le président ivoirien qu’il garde pour lui. En l’occurrence, il a été mis en examen pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » pour un virement suspect de 500 000 euros exécuté depuis l’étranger. L’intéressé assure qu’il s’agit du résultat de la vente de deux tableaux, mais la justice soupçonne un lien avec le financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy.

Enfin, finissons sur la principale actualité du dimanche 8 mars : la Journée internationale de la femme. Avant que vous le demandiez, il n’y a pas de Journée internationale de l’homme, car ce jour est censé servir à exposer les problèmes auxquels sont toujours soumises les Terriennes : salaires inégaux ou plafonds de verre dans les pays dits développés, et je ne parlerai pas de ce qu’elles endurent dans les contrées moins riches. Dans les faits, cela dit, il s’agit surtout pour toutes les entreprises de lancer une campagne promotionnelle en rose pour cibler les filles avec des produits de filles ; ou pour les médias d’organiser des émissions 100% filles, où ça parle de trucs de filles. Pour voir émerger de vraies initiatives, il n’y avait nul besoin d’attendre le week-end : à Kaboul, en Afghanistan, de nombreux hommes membres de l’association pacifiques ont manifesté jeudi en burqa pour protester contre les conditions de la femme dans leur pays. Une marche dans laquelle ils ont risqué leur vie. À quelques milliers de kilomètres de là, l’un des Indiens coupables dans la retentissante affaire du viol de New Delhi en décembre 2012 s'exprimait depuis sa prison dans une interview. Il y expliquait, sans le moindre remords pour son crime, qu'une femme se promenant (même avec son petit ami) après 22 heures et qui ne se laisse pas faire mérite manifestement d'être violée et assassinée. Il va falloir beaucoup de 8 mars pour voir un jour les humains et les humaines sur un pied d’égalité.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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