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27/04/2015
Les Morts du Passé et Ceux du Présent

On dirait que Boglib s’est habitué à prendre la place de son collègue. Sitôt levé, le cadet des deux observateurs s’assied sur le siège de Glärb pour remplir la mission qui était confiée à ce dernier. À tel point que le fauteuil commence à prendre la forme des fesses du second extraterrestre. Glärb, quant à lui, commence à se sentir inutile et mal à l’aise. Combien de temps cet inversement des rôles durera-t-il ? Il tente d’en toucher deux mots à Boglib, mais c’est à peine si ce dernier écoute, plongé comme il est dans la rédaction de son rapport.

Vahrüt n°88. 20 Avril 2015 au 26 Avril 2015. Calendrier Terrien.

Nous voilà de retour aux catastrophes naturelles, et celle-ci a été particulièrement dévastatrice. Le Népal a été victime samedi 25 d’un séisme de magnitude 7.8. Dans ce pays de 30 millions d’habitants, le bilan ne cesse de s’alourdir et s’établissait lundi matin à 3 600 morts. En plus de ces victimes, de très nombreux monuments historiques, qui n’étaient pas protégés contre les secousses, se sont effondrés. Le séisme a frappé à 70 km de la capitale du pays, Katmandou, et a été ressenti jusqu’à New Dehli, en Inde. Il a également eu des répercussions sur le Mont Everest, où 18 alpinistes ont été tués par des avalanches, la pire hécatombe sur le « sommet du monde ». Les ruines se sont encore accumulées dimanche matin avec une réplique de magnitude 6,7, qui a également causé de nouvelles avalanches. Une cinquantaine d’experts étaient venus la semaine précédente car ils savaient qu’un tel séisme s’annonçait, mais la catastrophe est arrivée si vite qu’ils n’ont pas eu le temps de préparer le pays.

Et en parlant de prévenir les dégâts, le Premier ministre français Manuel Valls a affirmé que les services anti-terroristes avaient déjoué cinq attentats depuis janvier. Le dernier en date n’a été repéré que suite à la mort d’une femme qui se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Aurélie Châtelain, professeur de fitness, se trouvait dans sa voiture lorsque Sid Ahmed Ghlam, persuadé d’être surveillé, la prend pour une agente du renseignement. En l’assassinant, il s’est tiré une balle dans la jambe et, blessé, a fait l’erreur monumentale d’appeler le SAMU. Le service hospitalier, comme chaque fois qu’il est sollicité pour une blessure par balle, a prévenu la police. Les agents ont alors trouvé dans la voiture, puis dans l’appartement des armes lourdes. Le sang du jeune homme a été comparé à celui retrouvé dans la voiture d’Aurélie Châtelain, et la police a découvert que le meurtre était lié. Sans la blessure, Ahmed Ghlam, qui était fiché par les services de renseignement (il serait parti en Syrie fin 2014) mais pas suffisamment surveillé, aurait mis à bien son projet d’attentat contre l’église de Villejuif.

Cette semaine a également l’occasion de fêter un triste anniversaire : le centenaire du génocide arménien. Si les pays occidentaux ont les après les autres reconnu – quoique tardivement – cet événement comme un génocide (la France l’a fait en 2001), la Turquie, elle, ne l’assume toujours pas. Le président Recep Tayyip Erdogan a même avancé d’une journée la commémoration de la bataille des Dardanelles pour ne pas avoir à évoquer le génocide. Bien avant 1915, la communauté arménienne avait été ciblée par des massacres. Mais il y a un siècle, parce que les Améniens avaient soutenu l’armée russe entrée sur le territoire au cours de la Première guerre mondiale, le gouvernement turc s’est vengé : les armes des soldats arméniens ont été confisquées et les hommes ont été exécutés ou noyés. Quant aux femmes et aux enfants, ils ont subi une marche forcée à travers les étendues désertiques de Syrie jusqu’à arriver dans des camps où la mortalité était toute aussi élevée. Au total, on compte 1,2 millions de morts. L’an dernier, Erdogan avait ravivé une lueur d’espoir en présentant ses condoléances aux victimes, laissant présager un fur mea culpa de l’État turc. Mais un an plus tard, nous en sommes loin et la version officielle évoque toujours de simples déplacements de population.

Mais revenons en France, où le président François Hollande a déclenché de vives réactions à sa gauche lorsque invité le 19 avril au Supplément de Canal+, il a déclaré : « Marine Le Pen parle comme un tract du PCF des années 70 ». Le Parti Communiste depuis, exige par la voix de son président Pierre Laurent des excuses publiques. Lorsqu’il était à la tête de l’UMP, Jean-François Copé avait dressé le même parallèle : « Lisez le programme économique de Mme Le Pen. Mot pour mot, c’est le programme de M. Mélenchon. » Car c’est bien du programme économique dont parlait le président : on peut difficilement dire que le discours anti-immigrés est partagé entre les deux extrêmes. Et pourtant, malgré leur similitude, les politiques économiques de ces deux partis sont bien distinctes. Mais le plus curieux, c’est que dans les années 70, le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français étaient alliés et avaient donc adopté un projet politique commun. Autrement dit, la comparaison de M. Hollande n’est pas non plus à l’avantage de son propre parti.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.




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