Actuglarb - Revues de Presse du Troisième Type






Mai 2015

11/05/2015
Un Retour à l Actualité Calme ?

Cette fois encore, Glärb n’a pas eu le moindre mal à convaincre son acolyte de lui laisser sa place à l’ordinateur. Lui qui craignait que Boglib ait tenté, ces dernières semaines, de lui dérober son poste d’observateur-en-chef, le voilà plus confus que jamais. Aujourd'hui, toutefois, son cadet a bien daigné lui fournir un fragment d’explication : il avait envie de s’essayer à l’écriture d’un rapport, mais l’exercice s’est révélé décevant. Rassuré, le Mwandishi s’assoit à sa place attitrée pour commencer à écrire.

Vahrüt n°90. 4 Mai 2015 au x 10 Mai 2015. Calendrier Terrien.

Encore une semaine d’apparence calme. Bien sûr, « calme » ne signifie pas qu’elle a été reposante pour tout le monde. En Macédoine, par exemple, vingt-deux personnes ont perdu la vie ce week-end suite à des affrontements entre la police et un groupe armé. Huit victimes étaient des policiers. Les assaillants, d’origine albanaise, ont été décrits par le gouvernement macédonien comme des « terroristes » venus attaquer « les institutions de l’État ». Dimanche, les forces de l’ordre ont encerclé Kumanovo, une ville proche de la frontière kosovare, peuplée à majorité d’albanais musulmans et soupçonnée d’être la base du groupe. Ce n’est que dans l’après-midi que la police a annoncé le succès de l’opération. La Serbie voisine, dans le doute, a fermé ses frontières. Tous craignent une répétition du conflit de 2001 au cours duquel des rebelles albanais avaient affronté cet État de l’ex-république yougoslave.

L’actualité phare de la semaine reste tout de même l’écrasante victoire de David Cameron en Grande-Bretagne. Le Premier ministre conservateur renouvelle son mandat après avoir été porté à la victoire par 36% des voix (soit 326 sièges). Le Parti Travailliste a obtenu 30,5% et, loin derrière, l’UKIP est parvenu à récolter 12,6% des suffrages. Chose que l’on ne verrait jamais en France : sitôt leur défaite connue, les perdants ont dû démissionner. Ainsi, le chef du parti travailliste Ed Miliband, celui des libéraux-démocrates Nick Clegg ou encore le sulfureux leader de l’UKIP Nigel Farage ont quitté leurs fonctions. Ce plébiscite a de quoi inquiéter l’Union Européenne : David Cameron, au pouvoir depuis 2010, avait assuré qu’en cas de réélection, il soumettrait l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE à l’opinion publique. Le référendum sur ce départ pourrait avoir lieu fin 2017. Voilà l’occasion pour le chef des « Tories » de vérifier si les Britanniques l’ont élu par conviction politique ou parce que les autres candidats n’avaient rien à proposer.

Aucun rapport ne serait complet sans un petit détour par l’Hexagone. Cette fois-ci, c’est le maire de Béziers et allié au Front National Robert Ménard, qui nous intéresse. Sur le plateau de l’émission Mots croisés, sur France 2, l’élu affirmait volontiers lundi que 64,6% des élèves en maternelle et primaire dans sa commune étaient musulmans et qu’il effectuait des listes d’élèves en fonction de leur religion, et ce en se basant uniquement sur leur nom : « Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants […] Les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier une évidence ». Sauf qu’en constatant que sa déclaration avait fait un tollé (et en apprenant sans doute que la pratique était interdite en France), le fondateur de Reporters Sans Frontières est revenu sur ses paroles et affirme maintenant becs et ongles qu’il ne fiche absolument personne et que quiconque l’accuserait de ficher des gens serait un fieffé menteur (enfin, il ne l’a pas dit comme ça mais je suis certain que c’est ainsi qu’il le formule dans sa tête).

Enfin, finissons sur un peu de paranoïa de l’autre côté de l’océan Atlantique. Dire que le président Barack Obama n’est guère apprécié de ses rivaux Républicains est un euphémisme, et suggérer qu’il est haï par une partie des électeurs Républicains est tout aussi sûr. On sait également que ces derniers ont une peur bleue du gouvernement fédéral, qu’ils craignent à tout moment de devoir affronter. Eh bien il n’a suffi que de l’annonce d’un exercice militaire pour enflammer les esprits : le Texas, fief conservateur, est dépeint comme une « zone hostile » sur une carte diffusée par le Pentagone. Les plus remontés – y compris des éminents politiciens de cet État ou l’acteur texan (considéré comme le plus puissant des Terriens) Chuck Norris – accusent le gouvernement de venir envahir la zone sous couverture d’un « simple » exercice militaire. Les citoyens s’apprêtent donc à surveiller comme il se doit le déroulement des opérations, et on imagine que les magasins d’armes à feu chers aux Américains sont en ce moment pris d’assaut. Nul doute que certains s’attendent à une guerre civile imminente. Remarque, ça ne serait pas plus mal, de notre point de vue. Il faut bien que j’aie des choses extraordinaire à raconter dans mes rapports, moi.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.


18/05/2015
Mieux Vaut en Rire

La routine a repris ses droits. Boglib, de retour à ses habitudes, poursuit son visionnage intensif d’obscurs dessins animés Terriens (« japonais », a-t-il précisé, sans que Glärb connaisse la moindre différence entre les dessins des différentes nations). L’aîné des deux observateurs, lui, vient de commencer la lourde tâche de traduire des classiques de la littérature terrienne dans la langue des Mwandishi. Il progresse plutôt bien, du moins lorsqu’il n’est pas interrompu par le devoir et la nécessité d’écrire un nouveau rapport.

Vahrüt n°91. 11 Mai 2015 au 17 Mai 2015. Calendrier Terrien.

Commençons par un échec, celui du coup d’État tenté au Burundi par le général Godefroid Niyombare. Cela faisait des semaines que la grogne montait, dans les rues de la capitale Bujumbura (avec, pour bilan, vingt-deux morts) : en cause, le souhait du président Pierre Nkurunziza (en poste depuis 9 ans) de briguer un troisième mandat. Mais voilà que lors d’un voyage du chef d’État à Dar es Salam, en Tanzanie, le général prend le contrôle du siège de la principale chaîne de télévision. Des combats ont alors éclaté entre la faction rebelle et celle restée loyale à Nkuzunziza. Et tandis que l’on pouvait s’attendre au même dénouement qu’au Burkina Faso (où Blaise Compaoré a été destitué avant d’avoir pu se faire élire à son troisième mandat, remplacé par un militaire puis par un civil), la tentative de putsch a finalement échoué, les rebelles se sont rendus et le général putschiste est introuvable. On ignore ce qu’il serait advenu du pays entre les mains du général Niyombare, mais il paraît à peu près certain que cette petite mésaventure va pousser le chef d’État à serrer la vis contre la contestation.

L’un des principaux succès dont se targue le président américain Barack Obama, à l’étranger, c’est bien l’élimination de l’homme le plus recherché de la planète. Le cerveau des attentats du 11 septembre, celui que l’administration Bush n’avait pas pu éliminer, il l'a fait. Seulement, le journaliste américain Seymour Hersch avance une autre explication dans la London Review of Books, moins glorieuse que la version officielle, pour expliquer la mort d’Oussama Ben Laden. Selon lui, le gouvernement américain aurait fait du chantage auprès du Pakistan pour que le pays leur livre Ben Laden, qu'ils avaient fait prisonnier. Le chantage aurait ainsi consisté en « Dites-nous tout ou bien on vous coupe les aides humanitaires ». Charmante méthode, qui se serait terminée par un faux raid sur la maison de l’ancien chef d’Al-Qaïda. Seymour Hersch est un habitué des enquêtes polémiques : il avait dévoilé les tortures de la prison d’Abu Ghraib et obtenu le prix Pulitzer en révélant le massacre de Mỹ Lai pendant la guerre du Vietnam. Mais des voix s’élèvent déjà contre sa théorie, et le journal Le Monde a notamment listé les points d’ombre de cette thèse du complot.

J’ai d’abord cru que c’était une sorte de blague, mais peut-être que non. Kim Jong-Un, le dictateur à la tête de la Corée du Nord, aurait exécuté son ministre de la Défense Hyon Yong-Chol en l’attachant à un missile sol-air. Cette mort serait comique si elle apparaissait dans un film caricatural et déjanté – elle aurait eu sa place dans The Interview – mais elle est plutôt glaçante si on s’imagine qu’elle s’est réellement passée. Et pire encore : si l’on en croit la version officielle (qui n’est pas la plus fiable), le général a été mis à mort pour son manque de respect, après s’être assoupi en pleine cérémonie militaire et osé répondre au « Juche » suprême du régime. On en rirait presque, si ce n’était pas à pleurer. Notons toutefois que l’information est à prendre avec des pincettes, puisqu’elle vient d’une agence de presse sud-coréenne (pas les meilleurs amis de leurs voisins du nord) qui elle-même la tient d'agents secrets sud-coréens.

En revanche, si c’est le rire que vous cherchez, jetez donc un coup d’œil à la formidable semaine de communication du chef de l’UMP et ancien président Nicolas Sarkozy. Celui-ci avait déjà fait rire beaucoup de monde lundi en déclarant « Je relisais ce magnifique livre de Victor Hugo, 1793 » en oubliant que le nom du roman était Quatre-vingt-treize tout court (à noter toutefois que les initiales NS n’apparaissent pas à la fin du tweet, laissant penser qu’il n’est pas l’auteur direct du tweet). J’ignore qui le lui a soufflé, mais il a alors eu l’idée de proposer un « live » en direct avec ses fans sur Twitter, demandant à ce que tous lui envoient leur question pour qu’il y réponde. Voilà le genre d’initiative dont les internautes humains sont friands, et il s’est retrouvé assailli de questions comme « Vu que Kadhafi est mort, Bygmalion en liquidation et Bettencourt sous curatelle, qui financera votre campagne en 2017 ? » ou « Selon vous qui est le mieux maquillé? Nadine Morano ou vos comptes de campagne? », à tel point que les militants de l’UMP ont été appelés en renfort pour lui poser de vraies questions. On déniche, au milieu de toutes ces réponses, une pique paternelle à son fils Louis désireux d’obtenir une nouvelle télévision ou encore un commentaire de tennis à Marion Bartoli. À noter que la question du maire de Venelles Robert Chardon sur l’interdiction du culte musulman est restée sans réponse.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.


25/05/2015
Rien de Bien Neuf, en Fin de Compte

La lourde tâche de Glärb est loin d’être terminée. Combien de livres terriens lui reste-t-il à traduire dans sa langue maternelle ? Aidé du dictionnaire qu’il a lui-même amélioré grâce à sa connaissance des principales langues de ce monde, il s’occupe d’abord des chefs d’œuvre les moins volumineux. Les romans et pièces françaises sont largement surreprésentés dans la sélection qu’il envoie sur sa planète Krantavis, principalement parce qu’il s’agit de la langue qu’il a fini par maîtriser le mieux. Il sera plus difficile, pour l’heure, de traduire des romans polonais pour les siens, mais il compte bien en faire le plus possible. Le pionnier dans l’âme a même réussi à convaincre Boglib d’en faire de même avec les films qu’il regarde, le poussant à créer des sous-titres en Mwandishi. Et les rapports, dans tout cela ? Il s’en est fallu de peu pour que Glärb n’oublie de se mettre à écrire celui de ce vahrüt.

Vahrüt n°92. 18 Mai 2015 au 24 Mai 2015. Calendrier Terrien.

Voilà bien longtemps, je crois, que je n’avais pas parlé de Daech. Il faut dire que l’État Islamique constitue une bonne partie de l’actualité au Moyen-Orient. Cette fois-ci, c’est en s’emparant des ruines de Palmyre que le groupe terroriste a fait parler de lui. L’armée syrienne tenait l’endroit depuis des semaines mais a finalement cédé le mercredi 20. Cette prise n’est pas seulement stratégique, elle est aussi symbolique, d’abord parce que pour la première fois, le groupe reprend une ville à l’armée de Bachar el-Assad, mais aussi parce qu’elle s’inscrit également dans la campagne de communication du groupe. La cité de Palmyre était très réputée dans l’Antiquité et ses ruines font partie du patrimoine culturel de l'humanité : lorsqu’on sait ce que Daech fait des biens culturels sur lesquels il met la main, on peut légitimement craindre pour ces vestiges millénaires.

Cela faisait plus longtemps encore que je n’avais pas parlé de mariages gays. Cette fois-ci, c’est au tour de l’Irlande d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels. Pour la première fois, et contrairement aux 18 précédents pays, cette évolution a été votée par référendum populaire : le « Oui » l’a emporté à 62% des voix, soutenu par tous les partis politiques. Ses opposants ont admis leur défaite en beaux perdants, loin de la « résistance » à laquelle appelaient certains militants français en 2013. La différence, toutefois, était qu’en France le Mariage Pour Tous avait été votée au Parlement sans concertation du peuple, et que l’opposition s’était surtout crispée autour de l’adoption par les couples du même sexe (une disposition absente du texte de loi irlandais). Mais le vote est-il la meilleure solution ? Un article polémique du Guardian britannique pose la question qui fâche : certes, les pays occidentaux sont prêts à passer le pas, mais dans certains autres, il semble difficile d’appeler la majorité opprimante à voter pour défendre la minorité opprimée. Quel que soit la façon dont elle se fait, il semble que l’adoption du mariage homosexuel est définitivement en vogue dans les pays développés.

Partons aux États-Unis, à présent. Il y a quelques mois de cela, les Républicains étaient en émoi : on apprenait alors que la Secrétaire d’État et candidate sérieuse à la Maison Blanche Hillary Clinton avait utilisé sa propre adresse email. Les uns hurlaient sur les éventuelles failles de sécurité, les autres sur cette tentation du secret. D’autant plus que l’ancienne Première dame traîne derrière elle un dossier que ses ennemis se plaisent à attaquer : les attentats de Benghazi du 11 septembre 2012, pour lesquels elle est accusée de négligence. Et justement lorsque ses mails (850 pages pour 296 messages) ont finalement été révélés publics ce vendredi (et sont consultables librement ici), c’est sur cette affaire que tout le monde s’est penché. Tout commence par un message du conseiller à la sécurité nationale qui demande à lui parler de toute urgence. Plus tard, elle en reçoit un autre révélant la mort de l’ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens, de la part de sa directrice de cabinet. « Doit-on l’annoncer ce soir ou attendre demain ? » demande-t-elle. La femme politique avait commis l’erreur de sous-estimer la situation, mettant d’abord en cause des manifestations qui avaient dérapé avant de reconnaître qu’il s’agissait d’un attentat à la bombe. Les mails révélés ne dévoilent rien de particulièrement croustillant, mais l’affaire Benghazi suivra probablement la candidate démocrate jusqu’aux présidentielles.

Enfin, retournons en France, je n’allais tout de même pas m’abstenir d’évoquer le Festival de Cannes, cette tradition du mois de mai qui intéresse chaque année un peu moins de monde. Et si les Français jugent volontiers que le festival de cinéma a perdu de sa grandeur, l’Hexagone y a pourtant été à l’honneur dans cette 68e édition présidée par les frères Coen. Ainsi, la palme d’or a été décernée à Jacques Audiard (fils du dialoguiste Michel Audiard) pour Dheepan, thriller politique sur l’exil de Tamouls en banlieue parisienne. L’actrice Emmanuelle Bercot a reçu, ex aequo avec l’Américaine Rooney Mara, le prix de l’interprétation féminine pour Mon Roi ; et l’interprétation masculine a quant à elle été décernée à Vincent Lindon pour La Loi du Marché. Je m’arrêterai là pour ne pas vous noyer sous cette vague de noms. De toute façon, les autres ne sont pas français, donc on s’en fiche, cocorico.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.


01/06/2015
Deux Ans, Déjà !

À présent que Glärb s’est pris au jeu de la traduction de romans terriens, il lui semble de plus en plus difficile de s’arrêter, même lorsqu’il s’agit d’écrire un rapport et de faire son travail. Cette fois-ci encore, il hésite à demander à son camarade Boglib de s’en charger à sa place, mais il se retient. Mieux vaut tout de même s’en charger lui-même. C’est donc à grands regrets qu’il se sépare de ce livre d’un certain « Terry Pratchett » sur lequel il œuvrait, afin de se livrer à son exercice hebdomadaire de plus en plus pesant.

Vahrüt n°93. 25 Mai 2015 au 31 Mai 2015. Calendrier Terrien.

On dit parfois, sur notre planète, que la corruption est le sport des puissants. Eh bien sur Terre aussi, l’adage semble vrai. Sauf qu’ils mélangent un petit peu les deux. Regardez la FIFA, par exemple. Non, pas le jeu vidéo. La Fédération Internationale de Fédération Internationale de Football Association régit ce sport si populaire, mais où de grandes sommes d’argent sont en jeu. On n’a aucune peine à imaginer comment l’organisation de la Coupe du Monde 2022 a été confiée au Qatar, et ce malgré la nécessité de jouer en hiver et la mort de milliers d’ouvriers. Tout juste pouvait-on soupçonner un brin et corruption… et il se trouve, surprise ! que cette semaine, sept dignitaires de la FIFA ont été arrêtés pour corruption. Même l’organisation de la Coupe du Monde 1998 par la France se trouverait entachée par l’ombre de malversations. Ni une, ni deux, son président Sepp Blatter a été éjecté… avant d’être réélu pour un cinquième mandat quelques jours plus tard par un vote impliquant tous les pays. Il faut dire que parmi toutes les nations disposant d’une voix à ce vote, certaines avaient désespérément besoin d’argent.

Un peu plus sérieux, cette fois-ci. Une fusillade a eu lieu à Tunis, dans le quartier où, il y a quelques mois de cela, l’attentat du Musée du Bardo faisait 24 morts. Cette fois-ci, pourtant, il n’y aurait pas le moindre lien avec une cellule djihadiste : lundi matin, dans une caserne militaire, un soldat a soudain attaqué au couteau un de ses collègues, lui a subtilisé son arme à feu et a tiré sur d’autres pairs au moment où ils saluaient le drapeau. Il a été abattu peu après. On compte, outre le tueur, huit victimes – dont une décédée samedi – et 9 blessés. Le responsable, dit-on, aurait eu des « problèmes « familiaux et psychologiques ».

Certaines vieilles plaies ne sont toujours pas refermées. Il y a 14 ans, l’Affaire Outreau faisait la Une des médias. Thierry Delay et Myriam Badaoui, tortionnaires et violeurs de leurs quatre fils faisaient face au juge d’instruction un peu trop zélé Fabrice Burgaud. Les enfants avaient déjà livré plusieurs autres noms, et le juge d’instruction s’attendait à ce que les parents confirment la complicité de ces personnes. Sauf qu’elles étaient, semble-t-il, innocentes, et le juge Burgaud n’acceptait pas qu’on lui dise une vérité ne concordant pas avec la version des enfants traumatisés et fatigués. Alors ils ont fini par confirmer, et la vie de plusieurs innocents a été brisée. Badaoui a été condamnée à 15 ans de prison en 2004 mais est sortie plus tôt, en 2011 Quand à Delay, il a aussi été condamné à 15 ans mais s’y trouve toujours. Cette semaine, on les a entendus pour la première fois depuis longtemps. Daniel Legrand, l’un des accusés à tort, était jugé pour la troisième fois (après avoir été deux fois acquitté). Mineur au moment des faits, il était face à deux des fils, Jonathan et Chérif, qui tour à tour l’avaient disculpé puis reconnu coupable. Appelés lors du procès, Badaoui et son mari témoignant depuis la prison ont avoué ne pas connaître Daniel Legrand, contrairement à ce qu’ils affirmaient des années plus tôt.

Enfin, ça y est, ils ne s’appellent plus l’UMP mais Les Républicains. Le parti de droite a fait sa mue sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Ils avaient tout de même eu une petite frayeur, mardi, lorsque le recours en référé d’opposants au nom a été étudié par le parquet de Paris. Finalement, les juges ont décidé qu’il n’était pas illégal de se faire appeler « Les Républicains ». Les militants ont alors pu voter vendredi et ils étaient 83,28% à opter pour ce nouveau nom. Un congrès a été organisé samedi, avec quelques maladresses : Alain Juppé et François Fillon, dès leur entrée dans la salle moitié moins remplie que prévue, ont été hués par les militants. Un bel exemple de rassemblement. Notons également la sobriété de l’événement, auquel les militants étaient priés de venir avec leur propre sandwich (mais auquel l’ex-président s’est tout de même rendu en jet privé). Je soupçonne toutefois que le principal objectif du changement de nom n’aient pas été de redorer le blason du parti, mais de faire vendre les stylos, tasses et T-shirt à l’effigie des Républicains.

Je vous recontacterai au prochain vahrüt. Amitiés. Observateur Glärb.